Qu’est qu’un routard ?
Quel est en effet ce curieux animal que l’on retrouve sur tous les continents, sac sur le dos et guide Lonely Planet à la main ?
Avide d’en savoir plus sur ces étranges phénomènes de transhumance, l’auteur nous emmène ici des auberges de jeunesse parisiennes à l’Afrique, en passant par le quartier de Kao Sahn Road à Bangkok, réputée comme étant la Mecque du Routard par excellence.
Mêlant essai et journal de voyage, l’ouvrage n’a aucunement vocation à aborder de façon exhaustive le thème du voyage.
Mais le fait est qu’il peut être salutaire de se demander ce que l’on recherche effectivement en voyage. Notamment quand on connaît l’empressement de chacun à « partir en voyage ». De plus, qui ne s’est jamais vanté d’être « sorti des sentiers battus » et d’avoir évité les « lieux touristiques » et autres « pièges à touristes » ?
Seulement voila, un minimum de lucidité fera avouer à beaucoup que concilier désir d’exotisme et habitudes de vie est souvent délicat. Le sac à dos n’a jamais transformé personne en aventurier…
Et le monde du voyage n’est pas hermétiquement séparé entre d’un côté les Bidochons en car et tour surorganisé (de ceux qui comptent les jours restant avant la prochaine blanquette de veau, « parce celle qu’on a bouffé à Jakarta était vraiment dégueulasse ») et de l’autre les Bob Morane de l’escapade, de ceux à qui on ne la fait pas et qui parviennent grâce à leurs talents nombreux à se fondre tel le caméléon dans la population locale (« Tu vois, faut pas plus de 5 jours pour se débrouiller en vietnamien»).
Bref, dans tout voyage se mêle le plus souvent l’imprévu (voire le totalement imprévisible) et les petits compromis avec les bonnes intentions du départ.
Lors de mon dernier voyage, je me suis d’ailleurs demander si les nouvelles technologies ne dénaturent pas encore davantage l’expérience du voyage, tant celles-ci tendent à maintenir les liens avec notre quotidien.
Entre l’appareil photo numérique autorisant le mitraillage des paysages visités, le portable tri-bande pour vérifier que la voisine prend bien soin de ses géraniums, les cybercafés omniprésents permettant de consulter le Télégramme de Brest du fin fond du Bush australien, le iPod 20 Go contenant entre autre l’intégrale de Daniel Guichard (à écouter uniquement en cas de nécessité) et l’ordinateur portable pour mettre à jour en temps réel son blog, pas facile de couper les ponts et de vivre une expérience unique…
Il n’empêche quand même que ces petits arrangements avec la mythologie routardienne ne sont pas de nature à ôter le plaisir du voyage. Et puis l’important n’est il pas le voyage en soi, et non la destination ?
NB : Soit dit en passant, j’ai récemment aperçu en librairie un ouvrage qui m’a laissé quelque peu perplexe, j’ai nommé « les 1000 lieux qu’il faut avoir vus dans sa vie ». Et voila les auteurs qui nous servent un best of, continent par continent, des endroits indispensables. Je ne sais plus s’ils ont pensé à ajouter les cases à cocher, des fois qu’on visiterait deux fois un même lieu par inadvertance…
Bref, un ouvrage à conseiller aux adeptes du « ça, c’est fait » et autres collectionneurs de miles. Personnellement, ce guide se trouve désormais sur ma liste des « 1000 livres qu’il ne faut pas lire » !
Quel est en effet ce curieux animal que l’on retrouve sur tous les continents, sac sur le dos et guide Lonely Planet à la main ?
Avide d’en savoir plus sur ces étranges phénomènes de transhumance, l’auteur nous emmène ici des auberges de jeunesse parisiennes à l’Afrique, en passant par le quartier de Kao Sahn Road à Bangkok, réputée comme étant la Mecque du Routard par excellence.
Mêlant essai et journal de voyage, l’ouvrage n’a aucunement vocation à aborder de façon exhaustive le thème du voyage.
Mais le fait est qu’il peut être salutaire de se demander ce que l’on recherche effectivement en voyage. Notamment quand on connaît l’empressement de chacun à « partir en voyage ». De plus, qui ne s’est jamais vanté d’être « sorti des sentiers battus » et d’avoir évité les « lieux touristiques » et autres « pièges à touristes » ?
Seulement voila, un minimum de lucidité fera avouer à beaucoup que concilier désir d’exotisme et habitudes de vie est souvent délicat. Le sac à dos n’a jamais transformé personne en aventurier…
Et le monde du voyage n’est pas hermétiquement séparé entre d’un côté les Bidochons en car et tour surorganisé (de ceux qui comptent les jours restant avant la prochaine blanquette de veau, « parce celle qu’on a bouffé à Jakarta était vraiment dégueulasse ») et de l’autre les Bob Morane de l’escapade, de ceux à qui on ne la fait pas et qui parviennent grâce à leurs talents nombreux à se fondre tel le caméléon dans la population locale (« Tu vois, faut pas plus de 5 jours pour se débrouiller en vietnamien»).
Bref, dans tout voyage se mêle le plus souvent l’imprévu (voire le totalement imprévisible) et les petits compromis avec les bonnes intentions du départ.
Lors de mon dernier voyage, je me suis d’ailleurs demander si les nouvelles technologies ne dénaturent pas encore davantage l’expérience du voyage, tant celles-ci tendent à maintenir les liens avec notre quotidien.
Entre l’appareil photo numérique autorisant le mitraillage des paysages visités, le portable tri-bande pour vérifier que la voisine prend bien soin de ses géraniums, les cybercafés omniprésents permettant de consulter le Télégramme de Brest du fin fond du Bush australien, le iPod 20 Go contenant entre autre l’intégrale de Daniel Guichard (à écouter uniquement en cas de nécessité) et l’ordinateur portable pour mettre à jour en temps réel son blog, pas facile de couper les ponts et de vivre une expérience unique…
Il n’empêche quand même que ces petits arrangements avec la mythologie routardienne ne sont pas de nature à ôter le plaisir du voyage. Et puis l’important n’est il pas le voyage en soi, et non la destination ?
NB : Soit dit en passant, j’ai récemment aperçu en librairie un ouvrage qui m’a laissé quelque peu perplexe, j’ai nommé « les 1000 lieux qu’il faut avoir vus dans sa vie ». Et voila les auteurs qui nous servent un best of, continent par continent, des endroits indispensables. Je ne sais plus s’ils ont pensé à ajouter les cases à cocher, des fois qu’on visiterait deux fois un même lieu par inadvertance…
Bref, un ouvrage à conseiller aux adeptes du « ça, c’est fait » et autres collectionneurs de miles. Personnellement, ce guide se trouve désormais sur ma liste des « 1000 livres qu’il ne faut pas lire » !
réactions : 13
lectures : 641
votes : 16
Voici les 13 dernières réactions à ce commentaire
Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
je croyais que c'était :
"Natouriste or not natouriste ?".
"Natouriste or not natouriste ?".
mais un point de vue amusant sur les touristes
Bob Bidochon finit par croiser Robert Maurane...
Bob Bidochon finit par croiser Robert Maurane...
Au contraire, je ne fais pas l'apologie ici d'un quelconque "bon voyageur" qui s'opposerait à un "mauvais voyageur", comme il y a le bon chasseur et le mauvais chasseur.
Effectivement tout le monde ne cherche pas la même chose. Heureusement d'ailleurs.
C'est juste que je me méfie des grands discours et de certains récits trop épiques pour être honnêtes. C'est juste que je préfère les personnes un peu humbles...
Effectivement tout le monde ne cherche pas la même chose. Heureusement d'ailleurs.
C'est juste que je me méfie des grands discours et de certains récits trop épiques pour être honnêtes. C'est juste que je préfère les personnes un peu humbles...
Vu que la tendance à l'uniformisation envahit trop d'endroits.. Enfin c'est ce que j'ai souvent ressenti.
J'avais déjà entendu parler de ce bouquin, je croyais que d'ailleurs que c'était ici.
Je ne sais plus non plus où j'ai entendu cette phrase : l'important n'est pas la destination, mais le voyage pour y parvenir, si toutefois on y arrive (mmmh, c'était mieux dit, et je me souviens qu'il s'agissait de personnes partant à pied, en stop, enfin en ce qu'il pouvait, mais en tout cas pas avec un moyen de locomotion direct et rapide)
J'avais déjà entendu parler de ce bouquin, je croyais que d'ailleurs que c'était ici.
Je ne sais plus non plus où j'ai entendu cette phrase : l'important n'est pas la destination, mais le voyage pour y parvenir, si toutefois on y arrive (mmmh, c'était mieux dit, et je me souviens qu'il s'agissait de personnes partant à pied, en stop, enfin en ce qu'il pouvait, mais en tout cas pas avec un moyen de locomotion direct et rapide)
avec la demoiselle Sirba. 

qui sous-entend qu'il y aurait de vrais voyageurs et de faux voyageurs, des façons de voyager valables et d'autres non. Tout le monde ne cherche pas la même chose.
Le seul trucqui me gêne vraiment en voyage, c'est finalement la même chose que ce qui me gêne à Paris et partout ailleurs : le manque de respect envers les gens, envers la nature, envers les sites. Pour tout le reste, chacun fait comme il le sent.
Le seul trucqui me gêne vraiment en voyage, c'est finalement la même chose que ce qui me gêne à Paris et partout ailleurs : le manque de respect envers les gens, envers la nature, envers les sites. Pour tout le reste, chacun fait comme il le sent.
j'irai même jusqu'à dire que l'on est dans une société où l'on nous dit quoi penser (des fois que l'on fasse preuve d'imagination)
cela dit, j'aime à croire que, nouvelles technologies ou pas, il reste encore des gens qui savent ce que voyager veut dire
cela dit, j'aime à croire que, nouvelles technologies ou pas, il reste encore des gens qui savent ce que voyager veut dire
... et surtout oui, pour cette société d'assistance où l'on vous dit même ce que vous devez voir dans le monde... Bientôt dans les bacs...
-"les 1000 façons de ne pas trop réfléchir" par steevy boulay
-"comment vous videz le cerveau?" par Alain Zykrocos
-"le meilleur moyen pour vous rendre disponible aux annonces publicitaires" par Patrick Le lay
-"Comment laissez décider quelqu'à votre place" par Raël
-"les 1000 façons de ne pas trop réfléchir" par steevy boulay
-"comment vous videz le cerveau?" par Alain Zykrocos
-"le meilleur moyen pour vous rendre disponible aux annonces publicitaires" par Patrick Le lay
-"Comment laissez décider quelqu'à votre place" par Raël
04/07/07 à 11h02
et souvent je suis très surprise de découvrir une foule de choses que je ne soupçonnais pas. Je voyage dans ma tête et le plaisir et l'envie de découvrir font partie du voyage avant, le reste c'est la surprise...
tout le monde ne se balade pas avec PC portable, un téléphone avec photos....
Personnellement , je n'ai, oui que mon numérique, et encore quand je pense à l'utiliser !
Cependant, c'est vrai qu'il y a des choses qui laissent songeur : les locations avec TV, micro-ondes, machines à Laver ...Les gens qui partent avec des voitures bondées, où des valises comme des armoires ...
Le tout est de savoir, qu'est ce qu'on veut ? Qu'est ce qu'on cherche ?
Personnellement , je n'ai, oui que mon numérique, et encore quand je pense à l'utiliser !
Cependant, c'est vrai qu'il y a des choses qui laissent songeur : les locations avec TV, micro-ondes, machines à Laver ...Les gens qui partent avec des voitures bondées, où des valises comme des armoires ...
Le tout est de savoir, qu'est ce qu'on veut ? Qu'est ce qu'on cherche ?
Les livres de Jean-Didier URBAIN, à lire sur le voyage comme métaphore et agent de la transformation du voyageur. D'accord sur les effets désastreux des nvelles tec. On n'est pas "en voyage" si on ne casse pas le lien avec le quotidien. Mais c'est peut-être inverser l'effet et la cause.
l’important n’est il pas le voyage en soi, et non la destination ?
et puisque vous parlez de désagrément, certains restent quand meme touriste de cette destination. dommage pour eux.
5
et puisque vous parlez de désagrément, certains restent quand meme touriste de cette destination. dommage pour eux.
5


Je réagis à ce commentaire en
Je réagis à ce commentaire en 










willywonka
publié le 4 juillet 07