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catégorie : tranche de vie
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Traduc et mise en forme en français –lue et approuvée par l'Auteur: A.P.
POUR PT. I, CLIQUEZ http://www.pointscommuns.com/vivre-commentaire-cinema-70776.html

II - PERES

Mon père est né en 1921, dans une ferme du centre de l'Iowa, avant-dernier de huit enfants. Il se levait, allait traire six vaches, puis enfourchait son petit cheval pour se rendre à l'école, une école à classe unique de vingt élèves. Quand il rentrait de l'école, il trayait à nouveau les six vaches, nourrissait les porcs, les chevaux, avant de repartir à cheval, certains jours, garder les moutons et les vaches. Il n'y avait pas de souper tant que ces corvées n'étaient pas achevées. Il n'y avait pas de temps pour l'étude, pour les devoirs d'école. Le travail à la ferme avait la priorité. Quelques muscles plus tard, il bottelait le foin, érigeait des clôtures, marchait à douze ans derrière des charrues tirées par des chevaux, arrachait les mauvaises herbes, trayait les vaches, nourrissait les cochons. Il était d'une tout autre époque, cela va de soi. Le cheval resta toujours son animal favori. Il pouvait disserter avec tendresse sur le sujet des heures durant.

Il était brillant et athlétiquement doué. Mais le fermier prospère et considéré dans la région qu'était son père, veillait à ce que tout le temps passé hors de l'école soit dévolu aux travaux de la ferme. Un jour, à l'école, l'entraîneur d'athlétisme fit essayer à tous les gosses le saut en longueur. Il fut stupéfait de constater que mon père sautait presque deux fois plus loin que tous les autres. Mon père rit en se rappelant cela, expliquant: "Nous avions l'habitude de sauter les ruisseaux et les rondins; je trouvais tous les jours des obstacles à sauter tout autour de la ferme." L'entraîneur tenta de persuader mon père de prendre part à la compétition nationale d'athlétisme. Mais le veto paternel fut sans appel, comme pour tous les autres sports que mon père voulut pratiquer. Le sport était un luxe. On pouvait trouver tout l'entraînement sportif qu'on voulait dans les corvées à la ferme.

Beaucoup de choses étaient frappées de l'interdit paternel, mais la musique appartenait aux exceptions. Pour ce qui était de la musique, le père était large et permissif, même au plus fort de la Grande Dépression. Il offrit des leçons de musique à chacun de ses huit enfants: banjo, ukulélé, piano; et autant de guitares qu'en comptait un orchestre de mariachis mexicains. Ensemble ils formaient un groupe qui jouait aux foires du comté durant l'été. Mon père aimait chanter. Il avait effectivement une belle voix. Je pouvais toujours savoir quand il était de bonne humeur : il chantait, ou sifflait (talent encore très prisé de sa génération, mais totalement tombé en désuétude aujourd'hui.)

Comme tous les hommes de cette époque, il hérita du culte de la dominance masculine (peut-être éminemment protestante). Elle faisait Loi. Et ce qui caractérisait la masculinité [ en ces temps-là, dans ces classes sociales-là,] était de contenir toute sentimentalité. "Mon père était un homme d'actes, pas un causeur", avait-il coutume de dire; il aurait pu rapporter ses propos à sa propre attitude la plupart du temps. "Il parlait peu, mais à sa manière d'agir vous saviez si les choses allaient ou non". Il en était ainsi avec mon père. Et les sentiments qui ne s'exprimaient pas se commuaient en irritabilité, en critique, en colère, en dépression, en introversion.

III - "MON LIVRE"…

Ces derniers jours, ses yeux jaunâtres et larmoyants étaient remplis de la chaleur et du regret qui, toute sa vie, avaient couvé sous la rudesse de la surface sans jamais s'autoriser à se dévoiler explicitement. J'avais ouvert un livre étrange, offert par ma belle-soeur -que jusqu'alors j'avais eu la faiblesse de juger sévèrement comme une unidimensionnelle adepte du bronzage, des bières et des manifestations sportives, et que j'ai quelque regret maintenant d'avoir ostracisée… L'objet était conçu pour aider la famille à poser des questions, à répertorier les traits marquants d'une vie en ses jours derniers. Il avait pour titre: "Mon Livre". Au premier abord, j'ai trouvé "Mon Livre" ridicule, vu qu'il est impossible de condenser les succès et les tragédies d'une existence en quarante pages de questions, aussi pointues soient-elles. Mais parcourant les pages et examinant les réponses que ma soeur y avait déjà consignées, je changeai d'avis et entrepris d'y apporter ma propre contribution.

"Quel mot pourrait-il le mieux qualifier votre vie ?" demandait "Mon Livre" -et moi, ventriloquant. Mon père se prit au jeu, comme si, délivré des injonctions de la société ou de l'habitude au mutisme et aux raideurs, il était enfin libre de s'exprimer. "Perturbée", répondit-il sans guère avoir à refléchir. J'étais abasourdi: "perturbée… ?" Je savais depuis toujours les tourments de son existence, mais ne l'avais encore jamais entendu formuler lui-même, de près ou de loin, une appréciation aussi générale. "A cause de la guerre?" questionnai-je. Il acquiesca : "Pour une grande part…" Il se lança alors dans une digression à forme d'association libre, racontant comment, au sortir d'une opération chirurgicale lors de sa dernière année de lycée (peu avant la guerre), il se reposait, convalescent, sur le divan de la salle de séjour, lorsque l'une de ses soeurs vint se plaindre auprès de sa mère au sujet d'une peccadille. "Qu'est-ce-qu'il a, lui ?", demanda-t-elle. Sa soeur elle-même ignorait que mon père venait d'être hospitalisé. Voilà comment il se rappelle la vie à la maison : chacun happé par le labeur et les rouages de la vie agricole quotidienne, dans l'ombre sévère de Dieu, au point qu'il avait à peine conscience de ce que vivaient et ressentaient les autres membres de la famille. Il ajouta que les querelles incessantes entre sa mère et ses sœurs (oui, les femmes…) à propos de ce qui était juste, approprié, "chrétien", le tourmentaient tant, qu'il était souvent forcé de s'enfuir loin de la maison, loin d'elles. Ayant retrouvé une situation identique, sinon pire à son retour de la guerre, il resta quelques temps, puis décida de partir définitivement. Il vadrouilla un moment dans le sud-ouest, en Arizona, vendant des crèmes glacées, avant de se fixer au Kansas, où il eut accès à un établissement hospitalier commis aux anciens combattants, recommandé pour ses maux de tête et troubles post-traumatiques.

Une autre question déclinait le même thème, à savoir s'il considérait sa vie comme ayant été "heureuse". "Je n'ai pas eu la vie facile" dit-il. Par égard pour mes sentiments, peut-être, il nuança aussitôt cette affirmation,: "Vous m'avez apporté beaucoup de satisfactions, vous, les gosses. Mais je n'ai pas eu la vie facile".

C'était un homme intelligent, chez qui les attitudes vexatoires auxquelles il se heurta dans sa famille et la culture locale générèrent de l'angoisse. Les préposés psys gouvernementaux qui le soumirent à des tests de QI déclarèrent qu'ils révélaient un potentiel élevé. Mais il n'acquit jamais la formation méthodique nécessaire pour mener sa propre réflexion critique sur la société et l'individu (Bourdieu qualifiant la sociologie de "science qui dérange", qu'aurait généré en lui la lecture de Marx ou Freud… ?); son anxiété ne connut pas d'explications et semble s'être canalisée dans la colère, la confusion, la "paranoïa", le travail. Je parcourus "Mon Livre", remarquant que ma soeur avait déjà évoqué beaucoup de questions avec lui. Une autre m'interpela: "Trois mots définissant comment les autres vous perçoivent"; l'une des réponses me sauta aux yeux : Introverti.

Et sa mère… ? Mon frère fit à mon père la remarque que des amis m'avaient faite : "Je ne t'ai jamais entendu parler de ta mère…" "Une dure à la tâche et une femme extrêmement pieuse". C'est le souvenir qu'il a d'elle : "Une femme extrêmement pieuse". Une dure à la tâche, ce qui ne surprenait personne dans cette famille. Entre autres, elle mettait des oeufs à incuber dans la maison jusqu'à éclosion : "Nous ne réalisions pas que ces poussins étaient les poulets du diner…", ajouta mon père. Tels sont les souvenirs qu'il a de sa mère. Sans plus.

Il grandit durant les années de Grande Dépression. Parmi ses meilleurs souvenirs, affirme-t-il si le sollicite à ce sujet, il y a les moments de travail avec son père, quand il fut en âge de travailler; les jours où, ensemble, ils creusaient des fossés, installaient des canaux, déjeunant de porc et de haricots. Cela me semble étrange, mais explique néanmoins bien des choses. Il n'eut jamais les moyens d'apprécier autre chose. Bien qu'il lût le journal chaque jour et s'intéressât à presque tout, jamais il n'acquit cette manière d'être célébrant la lecture comme un loisir, ou encore le jeu, boire un coup, le rire, le sport, l'affection en eux-mêmes. S'ils s'intégraient au dur labeur, alors parfait. Sinon, inutile d'y songer.

Comme beaucoup de protestants dont l'habitus religieux s'était quelque peu "sécularisé", son éthique de travail le servit. Il raconta qu'un collègue, comme lui agent d'assurance, persistait à lui demander pourquoi il sacrifait tous ses week-ends à travailler. Lui les passait à canoter, à boire et à se distraire : mon père décrocha le job que perdit l'autre.

Mais il n'avait pas le sens de ce qu'eût dû être une vie équilibrée. Il se privait des manifestations sportives de ses enfants, de leurs récitals de musique, de leurs moments ludiques en général. Il les finançait, mais était rarement là. Il négligea également son épouse. Je crois qu'il réalise seulement maintenant qu'il aurait dû donner davantage de mesure à son existence. Car qu'aura-t-il connu, en fin de compte ? Sur son lit de mort, l'un de ses souvenirs les plus chers est d'avoir travaillé avec son père à creuser des fossés pendant la Grande Dépression : comment un tel homme eût-il pu trouver de grande joie aux activités dissociées du travail ?

A SUIVRE... III SOUVENIR, COMPREHENSION, PAIX. ET LA FIN.

V.O.
Fathers
He was born in 1921, on a farm in central Iowa , the second youngest of eight children. He got up, milked six cows, and rode a pony to school, a one-room school of 20 students in fact. When he returned home from school, he milked six cows again, then fed the pigs and the horses, re-mounting the pony to herd sheep and cows on some days. There was no dinner until these chores were done. There was no time for studying, for school tomorrow. The farm work took precedence. A few muscles later, he baled hay and made fences, walked behind horse-drawn plows (at age 12) and pulled weeds, milked cows and fed pigs. He was from a different era, it should go without saying. His favorite animal is the horse. He can lecture affectionately about them for hours.

He was bright and athletically talented. But his father (a respected, successful farmer in his community) made sure that any time away from school was devoted to chores on the farm. In school the track coach had all the kids try the long jump. The coach was amazed to find that my father jumped almost twice as far as anyone else. My father laughs recalling it, explaining, “We were used to jumping creeks and logs; every day I was jumping around the farm.” The coach tried to persuade my father to go to the state track competition. But as with all the other sports my dad wanted to play, his father forbid him. Sport was a luxury. There was plenty of exercise to be had in chores on the farm.

His father forbade a lot of things, but music was not one of them. On the contrary, when it came to music, his father was generous and permissive, even in the depths of the Great Depression. He gave all eight children music lessons: banjo, ukulele, piano, as many guitars as a Mexican mariachi band. They were a group that performed at county fairs during the summer. My father always wanted to be a singer. And a good voice he had indeed. I always knew when he was in a good mood; he’d be singing and whistling (the latter an art greatly appreciated by his generation though nearly extinct today).

His father taught him the dominant (perhaps especially protestant) masculinity of the day. He lived at a time, was from a social class, where masculinity was defined by not talking much about one’s feelings.”Dad was a doer, not a talker,” he said of his own father but which he could’ve said of himself most of the time. “Dad didn’t say much but you knew when things weren’t going well by the way he acted.” So it was with my dad, too. Never expressing his feelings directly, they were transferred into irritability, criticism, anger, depression, withdrawal.

Pt II: The Book of Me

These last days his tearful sallow eyes brimmed in equal amounts of regret and warmth, both of which had been simmering under the surface of his tough exterior all his life, but never permitted to reveal themselves directly. I opened an odd book my sister-in-law (someone I was accustomed to judging harshly, a uni-dimensional sunbathing, beer-guzzling, sports fan, which I am now ashamed to have dismissed) had given him, something the family was to use to ask questions and catalog many features of his life in his last days. It was called “The Book of Me.” At first I found The Book of Me ridiculous. You can’t condense a lifetime’s triumphs and tragedies into 40 pages of questions, no matter how pointed they are. But as I shuffled through the pages and observed the answers my sister had already recorded, I changed my mind. I decided to make my own contributions.


“What is one word that describes your life?” The “Book of Me” asked and I ventriloquized. He played along as if finally liberated to express himself, no longer required by society or habit to be quiet and tough. “Troubled,” he replied without having to reflect more than a second. I was stunned. “Troubled?” I had always heard this about him, but I had never heard him say anything remotely resembling such an all encompassing self-interpretation. “Because of the war?” I quizzed. “That was a big part of it,” he replied. He then launched into a free associative tangent about how he had a nose operation (closed septum) when he was in late high school (right before the war) and was recovering on the couch in the living room, when one of his sisters came in to complain about something trivial to his mother. “What’s the matter with him?” his sister asked his mother. His own sister had no idea my dad had even been in the hospital. This is how he remembers life at home—everyone obsessed with work and the mechanics of everyday farm life in the shadow of a judgmental God, so much so that they often had trouble accounting for how each member of the family was feeling. He added that he was so tortured by his mother and sisters squabbling about what was right, proper, Christian in any number of situations, that he often had to leave the house and get away from them. This was especially true when he came back from the war. He stayed awhile and then decided he had to leave. He wandered the Southwest, living in Arizona for awhile, selling ice cream, before settling in Kansas where he had access to a veterans hospital that was recommended for his headaches and post-traumatic stress disorder. Withdrawn.

Another question followed up on the theme, asking if he would consider his life to have been happy. “Life hasn’t been easy on me,” he replied. Out of concern for me perhaps, he quickly qualified his statement: “I’ve gotten a lot of enjoyment out of you kids. But life hasn’t been easy on me.”

He was a bright man, and he met this vexing behavior of his family and local culture with great anxiety. The government psychologists claimed that their I.Q. tests considered him to have near genius potential. Never systematically trained to reflect on society and self (Bourdieu called sociology “une science qui derange” we recall, and what if he had read Marx and Freud?), his anxiety found no explanations and seems to have been channeled into anger, confusion, paranoia, and work. I skimmed through “The Book of Me,” noticing that my sister had covered many of the questions with him already. Another one struck me. “Three words that describe how others perceive you?” the Book asked. One answer leapt out at me: “withdrawn.”

And his mother? My brother mentioned to my father, what friends have mentioned to me: “I’ve never heard you talk about your mother.” A “hard worker” and “a very religious woman.” That’s how he remembers his mother. “She was a very religious woman,” dad replied. Unsurprisingly for his family, she was also a hard worker. She incubated eggs in the house until they hatched. “We didn’t realize we were going to be eating those chickens for dinner,” dad added. This is how he remembers his mother. Sans plus.

He grew up in the Great Depression. Some of his best memories, he claims when prompted, are those of working with his father when he was big enough to work. He remembers days of digging ditches and installing culverts, eating lunches of pork and beans. Seems strange to me, but it explains a lot. He has never known how to enjoy other things. Though he reads the paper every day, and is interested in almost everything, he never acquired a way of being that would celebrate reading leisurely, even playing, drinking, laughing, sport, affection on their own. If you could incorporate any of them into hard work, then great. If not, they were best forgotten.

Like a lot of protestants whose religious habitus became secularized, his work ethic served him well. He spoke of a fellow insurance salesman who always asked him critically why he worked weekends. His fellow would spend his weekends boating, drinking, and having fun. As the result, my father got business the other man lost.
But my father suffered from a lack of equilibrium. He missed his children’s sporting events, musical recitals, and general play time. He would finance them, but he was rarely there. He also neglected his wife. Only now, I think, is he realizing he should have sought more balance in life, but what did he know? On his deathbed, one of his fondest memories is working digging ditches with his father during the Great Depression. How can such a man find great joy in activities divorced from work?

TO BE CONTINUED...Pt. III, Remembrance, Understanding, Peace
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 11/08/08 à 18h46
L'nsoutenable légèreté..,, annonce peut-être la partie III. Il renforce de façon ironique le point de vue adopté ici, où les considérations méta n'ont pas leur place, comme le dit très bien Bernard.
 11/08/08 à 14h54
bernard se dégonfle! AH la relecture, quel bienfait! souvent on devrait en faire une bonne dizaine avant de causer!
Enfin bernard se regonfle, faut avoir de l'air pour accepter de l'avoir perdu!
Pas de pathos mais une prise de recul.

Et comme le dit JuliCath : nos critiques ne peuvent être impersonelles quand on connait la personne.
de ce superbe film de Tim Burton, plein de poésie et de tendresse "Big Fish"...

http://www.youtube.com/watch?v=_FJnbmmTiv4
A EAP et AP...Je veux faire amande honorable. J'ai commis l'erreur, de lire un peu vite ce texte très personnel et a priori n'intéressant que la vie de EAP, et je me suis dit que si chacun venait étaler ainsi ses introspections même à l'occasion de la perte d'un être cher, ou va-t-on... et puis ce prétexte prétentieux de "l'insoutenable légèreté de l'être"..mais bon, je suis allé voir les réacs et l'hystérie des groupies roses m'a vraiment mis hors de moi...
D'ou ma première batterie de réactions.

Puis hier soir, j'ai relu ce texte à la suite de la mise au point d'AP, avec sérieux cette fois.

J'y ai vu des qualités indéniables de récit non pas nombriliste(EAP ne se raconte pas, c'est bien toujours de son père qu'il parle), donc excuses...

Ensuite ce récit n'est pas inintéressant: il est une monographie sérieuse de la vie d'une famille américicaine rurale au milieu du 20 ème siècle. Avec un particularisme sur lequel EAP appuie fort : l'obsession du travail... Est ce pour cela, ou contre cela qu'EAP insiste dans son annonce sur son gout de la fête, des discussions,...? Bref c'est son problème, mais cette monagraphie, stsérieuse,bien écrit, et quiconque le désire, peut s'en emparer pour passer de l'ethnograpie à l'Ethnologie... Ne dit-on pas que Levi-Strauss n'est jamais allé personnellement dans la brousse de l'océanie, pour écrire ses études des structures sociales d'une tribu? (c'est loin, j'ai oublié le nom de la tribu)
Donc Ed a sans doute eu raison de ne pas passer lui même, aux conclusions théorisantes sur la société américaine. Mais sa contribution peut servir à un chercheur. Il cite volontiers Bourdieu, ça me le rend proche.
Que ne publie-t-il pas ces "minutes" dans "Actes de la Recherche en Sciences Sociales, fondée par feu Bourdieu. Sur PCC c'est un peu come on dit chez moi: "confiture aux cochons".
PS: Stare a raison, je n'ai fait qu'un bac de la précurseure de l'actuelle série Economie(ex
A l'époque c'etait un bac technique: T prime, en première, Technique et Economie en terminale. Donc, mes apprentissages en philo furent vraiment petits-petits et rien sur l'ontologie, seule la philosophie de sciences étaient abordées...et très mal, le prof étant assez nul. Donc je ne suis pas philosophe du tout! Ni helenniste, ce qui m'a handicapé dans la lecture de "la distinction", riche en concepts puisés dans la pensée grecque, et érits en caractères grecs souvent...
Et comme j'ai jeté par dessus bord toute mon éducation catholique et ma foi(qui fut pourtant profonde, jusqu'à 17 ans) Kant,Nietsche, Sartre même, l'ontologie en général m'emmerdent , ne m'attirent pas pour tout dire.
les jaloux aussi, bernard à bon entendeur. Ici il faut que certains comprennent que l'on ne reste pas que dans le virtuel et que des rencontres se font, d'où certainement mon ampathie pour Ed avec qui j'ai eu des discussions agréables et intéressantes.
Mais je trouve instructif que tout le monde s'en mêle, puisque les coms c'est fait pour ça, même bernard.
Sinon ed je ne me suis pas sentie otage à te lire, J'aime aussi te lire en direct parce que je peux jouer au détective et suivre les méandres de ta pensée à travers les "erreurs" de langage, donc il me semble juste que tu rajoutes la version semie-originale (je ne sais pas si tu penses en français ou en anglais) aux deux autres, l'étologie sera complète ainsi pour moi.
Anathème, toute traduction peut être sujette à critique, mais comme je présume qu'ed a donné son aval, il est donc seul juge de la tournure.
Chère Anath,

Bernard ne doit pas être philosophe.: ça m'étonnerait qu'il entende le mot "pathos" au même sens que toi. Le monde n'est pas rempli que de philosophes néo-grecs, heureusement. Michel Onfray rigolerait bien à te lire.

S'écouter pour écouter les autres: oui, j'espère que la partie III accèdera à ce niveau. La seconde partie est déjà bien supérieure à la première, elle va dans ce sens (comprendre le père dans sa complexité d'être humain).

Faire de ton mieux, c'est ce que tu as fait, et c'est dans ce sens qu'allait mon commentaire sur la traduction proposée, lequel soulignait ton enthousiasme et ton travail. L'important, c'est de participer, même indirectement. Pour ce qui me concerne, je suis heureuse qu'il y ait la version originale. De plus, ce sont des maladresses de style en français que je relevais également, tout comme Paulette. Nous sommes bien d'accord sur ce fait toutes les deux, Paulette et moi: ton français peut s'améliorer.

Le plus inquiétant dans ta réaction, à part le mépris dont elle et teintée ("souvenirs de collège"; "rendre le texte accessible à tous"), est que tu ne sembles pas pouvoir accepter la moindre critique. Mes réactions, quant à elles, étaient mitigées, simplement.

J'espère vraiment que l'universel va pointer le bout de son nez, effectivement. Pour le moment, comme Edgar l'a dit malgré lui et de façon charmante, on nous propose surtout une production Universal.
 10/08/08 à 18h54
Modestement, puisque je n'en suis que l'"interprète" française, je me joins à EAP pour exprimer tous mes remerciements à ceux dont les appréciations positives nous soutiennent et nous encouragent.
Pour ce qui est des autres, nous avons, bien entendu, examiné leurs critiques négatives pour en apprécier la validité, ce qui est le moins que l'on puisse faire lorsqu'on propose un écrit publiquement : l'archarnement "masochiste" de Bernard59 à lire un texte qui lui déplaît est étonnant.. "Pathos" ? Au sens grec ? Certes ! Quel deuil n'est-il pas l'expérience d'un pathos aussi "inhumain" qu'"humain" ? "Introspection" ? Montaigne en fit un succès planétaire; non seulement elle n'a rien d'un péché lorsque son souci principal est, comme l'ont ressenti les lecteurs touchés par le texte, de "tendre à l'universel", mais on pourrait ajouter qu'elle est une nécessité de toute conscience..: "s'écouter" reste l'une des meilleures manières d'écouter les autres, pour peu que l'on soit capable de dépasser son strict narcissisme. La remarque philosophique de Descartes n'avait, quant à elle, rien à voir avec l'"introspection"; souvenirs de collège, sans doute.
A la prof agrégée d'anglais qui trouve ma traduc "maladroite" et "académique", nous rappellerons qu'il ne s'agissait que de FAIRE DE SON MIEUX pour aider un ami cher à rendre son texte accessible à tous, pas de jouer au Concours de la Traduc la plus ceci-cela. On s'en fout totalement !
Deleuze : "Les simples objections ne m'ont jamais rien appris. Elles sont, tout simplement, inintéressantes" (Dialogues). Nous souscrivons.
Et récidiverons avec grand plaisir, bien sûr !




.. detoutes façons je n'ai rien à voir avec ce Bernard: quel est le sous entendu de ta remarque?

Stare, tu dois avoir de l'empathie pour "Ed", et son "introspection" t'intéresse peut-être, mais en quoi et ce que ça peut m'intéresser, moi? La peinture d'une certaine société américaine? Sans doute qu'Ed pourrait en dire des choses intéressantes, et même qu'il en dit ici... Mais c'est tellement noyé dans l'étalement de son pathos personnel!

Le récit de sa vie pourrait être un moyen pour décrire l'état d'une société, mais ici c'est une fin!

Banco pour examiner l'épisode III...
les gens téléphonent pour voter si oui ou non il leur dit la vérité...

http://www.youtube.com/watch?v=4h0UiLFtd5o
 09/08/08 à 20h18
ce n'est pas si n ombriliste que ça: je toruve qu'il y a une vérité qui se dessine dans ce texte, quand même, loin du mythe, justement Un portrait du père avec de précieuses zones d'ombres. J'espère qu'elles vont aider Edgar à aller vers une plus grande simplicité dans sa troisième partie, loin du/ des mythe(s), encore une fois. Qu'Anath l' y aide .

... il parait que ce nombrilisme est "un beau travail d'introspection"...ben moi je n'y crois pas aux vertus de l'introspection("on ne peut pas à la fois marcher dans la rue et se regarder passer depuis la fenêtre")

Et quel concert d'éloges...que du rose du reste!
"Ed" par ci, et "salut ed" par là... je ne savais pas que j'avais affaire à une star de ce calibre...
Mais le nombre et l'enthousiasme des groupies est-il une bonne mesure de la qualité de la star?

Vais poser la question à Jean Marc Lesch (co-directeur d'IPSOS)

... presqu'autant que "la petite maison dans la prairie", version austère...

Je préfère "les raisins de la colère" ou les doux délires du "petit arpent du bon dieu", c'est moins nombriliste... (ça me fait penser à une des photos de la galerie de stare!)

Quand je pense qu'il y a une suite...
 09/08/08 à 09h50
 08/08/08 à 03h15
ah, le réflexif..
 08/08/08 à 03h13
cette deuxième partie ne fait qu'étayer des choses déjà entrevues et analysées comme telles.

Une fois de plus, la traduction fait ce qu'elle peut, tel un vieux dictionnaire de l'Académie. Mais traduire "sallow" par "jaunâtre", c'est pas ce qu'il y a de mieux. Quant à la traduction de ""But my father suffered from a lack of equilibrium", elle est d'une prétention qui n'a rien à voir avec la simplicité lapidaire de l'original. Le résultat est très maladroit, qui plus est. Et ce ne sont que deux exemples types.

Bon, passons, le travail et l'enthousiasme sont là.

J'attends le III car c'est là que ça va jouer: alors, joue la comme Beckham, Ed, c'est-à-dire simple et prècis. Ne nous fais pas un Remembrance of Things Past à la sauce du Grand désert américain, je t'en prie, ni un Prometheus Unbound in Paris, stp. Respecte-toi et respecte-nous.

Bises.

Bon anniversaire, Anath.
siffler ou siffloter pour marquer leur joie de vivre ou leur entrain, est-ce un signe des temps ? Je ne sais mais je me suis surprise à siffler hier, dans ma cuisine, en épluchant des légumes et j'ai trouvé ça presque bizarre, un peu incongru, mais j'étais simplement heureuse à ce moment-là.
 06/08/08 à 14h21
Bravo.

Merci de nous faire partager ce travail d'introspection. Et beau portrait de ton père.

Biz
 05/08/08 à 22h54
oui, il y a quelque chose qui me surprends : on dirait que tous les pères de cette génération étaient moulés sur le même modèle !?

Mon père hyperactif encore ( qui a même hésité quand j'étais jeune à réparer la pendule sur ses genoux pendant le spectacle de fin d'année ), n'exprime jamais ses émotions . Etait complexé d'avoir changé de statut social comme un péché , ne montrait pas ou ne parlait jamais de ses réussites .
Néanmoins il s'autorise maintenant voyages et agréments entre deux travaux qu'il s'impose .

Heureusement les temps changent, les génétrations qui suivent ont beaucoup évolué sur ces conceptions de vie .

Je crois que c'était toute idée de plaisir qui était tabou.
 05/08/08 à 16h30
Merci à toi !
 05/08/08 à 13h43
comment va myrth?
où les émotions, les sentiments, quels qu'ils soient, sont tabous. "On ne doit pas montrer son bonheur, son malheur, son amour, sa haine. C'est montrer une faiblesse, et c'est pas bien".
... stupide... mais c'est comme ça qu'ils ont été éduqués, et leurs parents avant eux.
Heureusement que 68 est passé par là !
On imagine pas tout ce que cette révolution a apportée !
 05/08/08 à 08h20
 05/08/08 à 00h41

Continuez à écrire.

Amicalement,

Steff
 04/08/08 à 23h39
paulette_deschamps
n'empêche pas de s'aimer malgré tout, malgré l'incompréhension et les non-dits...
rendre compte avant qu'il ne soit trop tard. Ed, ton texte est à lire et relire encore car il nous renvoie tant de choses mais, à nous d'avancer et de garder le coeur et les yeux ouverts, merci d'être de nouveau sur PCC...
yeux de lecteurs français le récit de la vie de ton père. C'est par cette voie que n'importe quel écrit singulier touche à l'universalité...Bise, Edgar, continue à écrire, elle est belle cette écriture...

Tiger t'aime bien !
 04/08/08 à 20h54
je ne suis pas là pour passer au crible les erreurs ou coquilles du traducteur, EdgarAllanP en l'occurrence. Son texte coule de source et c'est pour moi l'essentiel. Rien (ou presque) ne fait penser à une traduction et je dis chapeau. Essayez d'en faire autant. "La critique est aisée mais l'art est difficile"
 04/08/08 à 18h35
paulette_deschamps
 04/08/08 à 18h33
paulette_deschamps
 04/08/08 à 18h30
paulette_deschamps
 04/08/08 à 18h27
paulette_deschamps
Bon je sais pas si je continue, j'ai mes travaux de la ferme moi.
 04/08/08 à 18h25
paulette_deschamps
 04/08/08 à 18h23
paulette_deschamps
ne sent pas la moindre trace de traduction. Même la Grande Dépression (couleur locale) qui est en fait la crise de '29
dommage que je ne l'aie vue qu'après avoir lu la traduction.
 04/08/08 à 17h53
je vis la même problématique: pourquoi ce manque d'amour et d'indifférence

de la part d'une mère?
 04/08/08 à 17h31
repensant aux discussions que l on a eut l été dernier dans certains cafés

ces lignes m aide vraiment à comprendre ta nature

je trouve çà profond et émouvant
 04/08/08 à 17h14
dans tous les pays du monde ,il existe ses êtres ,tournés vers le devoir du

travail. 5 virtuel
de pouvoir comprendre réellement qui sont nos parents, qui ils étaient avant de nous avoir donner la vie et, pour ma part, je n'ai jamais su. Je les ai aimés le plus que j'ai pu mais je ne les ai pas compris et eux n'ont pas cherché à me comprendre, peut-être avions-nous peur de nous découvrir et cela aurait demandé trop de temps, toute la vie ?
that I'll enjoy it too.
 04/08/08 à 16h58
 04/08/08 à 16h33
brianRobert
Je lui en veux beaucoup en général. Il était brillant. Je n'ai pas admis qu'il passe ses quatre dernières années privé de repères dans l'espace et le temps. Il récitait encore facilement par coeur les fables de La Fontaine. Mais se souvenir de qui j'étais, non. Il n'avait plus vraiment la notion. Vacherie.
et travailler encore... il ne connaissait que ça, en somme. Il n'a pas appris à se poser, à profiter de l'instant, même tres court. Mais à son époque, c'était des foutaises !
Très joli récit, Ed'