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étranger....

souvent étranger de nos propres ames.....de nos propres envies....

en constant état d'errance.....

nous ne sommes jamais tout a fait les mêmes....


passager du vent.....

merci Mr Aragon....



J'arrive où je suis étranger

Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
Un jour tu passes la frontière
D'où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu'importe et qu'importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon
Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l'enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C'est le grand jour qui se fait vieux
Les arbres sont beaux en automne
Mais l'enfant qu'est-il devenu
Je me regarde et je m'étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus
Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d'antan
Tomber la poussière du temps
C'est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C'est comme une eau froide qui monte
C'est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu'on corroie
C'est long d'être un homme une chose
C'est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux
O mer amère ô mer profonde
Quelle est l'heure de tes marées
Combien faut-il d'années-secondes
A l'homme pour l'homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées
Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger

Louis Aragon
réactions : 17
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Rédacteur
"je suis plein du silence assourdissant d'aimer" *****
"Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon puisque c'est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays.

Coeur léger coeur changeant coeur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes nuits
Que faut-il faire de mes jours
Je n'avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m'endormais comme le bruit.

C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien
" (extrait du roman inachevé)

le poème s'intitule "enfer V" et il est extrait d'une recueil très méconnu à mon sens "Le voyagte de Hollande" (chez seghers)
effectivement pas très connu (ni le texte , ni la chanson d'ailleurs). Ferrat n'(avait pas à faire grand chose...tout était là: musicalité, refrain etc.
 04/08/08 à 21h30
terre, mon royaume. Avant, après, me sont étrangers.
Bon je me répète ....
"l'humanité disparaitra bon débarras"(*)? dans combien d'années-seconde ?

(*) Yves PACALET
***** pour le poème
 04/08/08 à 18h27
: o )
 04/08/08 à 15h56
de nous avoir donné ce texte si beau en partage.
 04/08/08 à 15h05
paulette_deschamps
 04/08/08 à 14h50