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La nostalgie, camarade...
 La nostalgie, camarade...
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catégorie : critique ou information sur l'oeuvre ou l'artiste
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Je repense souvent à Coluche, à ce putain de camion, je repense aux yeux verts de cette fille aux cheveux courts qui peuplaient mes nuits de ces songes interdits quand à 16 ans je rêvais ma vie, je repense à ma première chaîne hi-fi, je revois ces virées en bagnole, ces dérapages pas toujours contrôlés, je songe à toutes ces années qui sont loin aujourd'hui, à ces premières soirées enfumées et noyées dans l'alcool et je me sens parfois comme un ex-fan des eighties pleurant ses années folles.

Disparus les Gainsbourg, les Desproges, enfuies les Sharon Redd, les Prelude Records, envolées ces longues crinières qui flottaient dans le vent de mes nuits d'été, oubliés ces 25 degrés le coude à la portière, perdues toutes ces paroles insouciantes, toutes ces ondes vagabondes, ces mélopées chaloupées des FM tout juste nées.

Cela m'attriste d'ailleurs de devoir me retourner, constater que je ne m'extasie plus au ciné, me rendre compte que Blade Runner est mort à tout jamais, cela me peine de songer qu'il m'arrive de ne plus ressentir ce frisson en écoutant les nouveautés, de me dire qu'il n'y aura plus jamais d'été 83, que mon premier maxi single est depuis longtemps égaré, qu'il n'y aura plus jamais de film réalisé par Claude Sautet.

Mais ainsi va la vie et sans doute sommes nous tous condamnés à ressasser un jour notre jeunesse passée même si les années venant on est aussi sans doute plus en paix avec soi, qu'avant.

Ce ressenti n'est pas si insignifiant pourtant car notre époque est difficile, déshumanisée, tranchante, sans compromis et j'ai du mal, comme beaucoup je crois, à y relever mes propres défis. Dureté des échanges, difficultés à s'accomplir, à progresser, impression latente d'être coincé dans une vie que parfois on subit, font que la tentation de s'adonner à la nostalgie est trop forte pour ne pas y succomber aussi.

Alors j'ai continué ma visite introspective dans ce passé pas si simple, même si parfois à l'imparfait, il fut composé et j'ai repensé à cette première écoute chez cette fille au prénom oublié, cette fille qui un jour m'a appris à aimer la musique de Bernard Lavilliers.

Bizarre ces souvenirs qui s'incrustent quand on y pense, ces moments bien rangés qui, nous rattachant à une certaine conception de l'existence, ressortent sans crier gare et tissent fil à fil ce cocon bien douillet proche parfois de l'enfance, cet écrin nostalgique dans lequel il fait bon rester quand avancer deviens plus difficile que de stagner.

L'album s'appelait "Nuit d'amour" et il m'est revenu à l'esprit aujourd'hui alors qu'écoutant le nouvel opus de Nanar "samedi soir à Beyrouth", j'ai pu réconcilier le temps d'un instant, celui d'une écoute fatiguée, le passé avec le présent.

Parce qu'il y a de la fraîcheur dans ce disque là, comme il y en avait dans cet autre, découvert il a 26 ans alors que j'avais à peine 14 ans.

Je pourrais vous dire que les arrangements sont comme d'habitude extrêmement bien léchés, je pourrais vous dire que les thèmes favoris de l'artiste, la vie, l'amour, la mort, l'injustice sociale, l'humanisme, sont toujours présents, je pourrais vous le vendre en vous disant simplement que c'est vachement bien mais ce serait inutile parce que je ne trouve pas les mots.

Tout ce qui me vient à l'esprit c'est qu'en l'écoutant aujourd'hui, je me suis revu devant cette vieille platine dans cette chambre de fille, comme par magie, comme si d'un simple claquement de doigts j'avais pu être replongé au coeur d'instants heureux appartenant à un passé révolu, comme si finalement, tout espoir n'était pas perdu.

Du grand Lavilliers, à n'en pas douter.


"Samedi soir à Beyrouth" 2008 Barclay
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Voici les 42 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 27/03/08 à 14h48
3ccd
du premier téton qu'on effleure tout ça ?
Lavilliers c'est un tendre aussi, oui.

Quand j'ai eu mes 70 ans, je me sentais le coeur léger.
A 80 ans, c'était un peu plus dur, j'avais fait le lac blanc.
J'approche de mes 90 ans, et je me dis que des gamins de 40 ans, devraient même pas être nostalgiques !!
ce sera encore mieux que mes 38, je le sais.
On peut aller vers la légèreté, la confiance en la vie, la joie aussi, mais que ça peut être loooong et pénible pour certain(e)s. J'en sais quelque chose.
Suffit pas de savoir qu'on peut voir ce putain de verre à moitié plein plutôt que à moitié vide, il faut en être convaincu, il faut peut-être le vouloir tout simplement. Mais il y a des rencontres, des lectures, des évènements importants qui peuvent y aider, il manque parfois juste un petit déclic alors qu'on y croyait plus.
Un jour ça arrive pourtant, et là tout change, profondément
j'étais jolie mais un peu conne, mais c'est vrai c'était bon tout ce que tu dis !
Maintenant, je ne marche plus tant pis, mais il n'y a plus le reste ... et c'est ça qui est flippant.
 27/02/08 à 17h48
meuh nan, t'es trop jeune toi, pour nostalgésir. pas comme moi !
 27/02/08 à 15h56
comme tu dis.
biz
dès le réveil ! il faut qu'tu bossssssses )
 26/02/08 à 14h01
je suis un dingue de la flèche de base moi.
 25/02/08 à 18h00
la première version tenait la route à mon sens !
 25/02/08 à 15h53
"C'était mieux avant" voudrait dire qu'aujourd'hui, c'est moins bien que plus tard alors, profitez d'aujourd'hui !

Mais vous aurez rectifié de vous même

alors, profite d'aujourd'hui !
il avait autant de discours que de personnages à son arc.
Oui, mais le discours de Desproges n'était pas non plus exactement celui de Coluche...
c'est plus sur que les bourrins à Longchamps !
"Fine x 5", ça déchirerait !
On osait même passer du Jean-Patrick Capdevielle dans les boom, qui faisait carton plein.
 25/02/08 à 10h47
@Fine : j'aime cette phrase de Gotainer dans Objectif Nul : "J'ai bon espoir, Williams…"
@LNSixty-six : avec le temps va, tout s'en va. C'est sur. D'ailleurs, faut qu'j'y aille là…
@Grenadine : La "CORVETTE" noir métal remontait le Sunset
Le F.B.I. au cul, caché par mes lunettes,
Je laissais dériver mon délire Parano
Pendant que le batteur vrillait ma Stéréo...
@Albi : tu as raison. J'chui mal en campagne et chui mal en ville. Peut être un pt'it peu trop fragile ?
@Vinnye : en réalité c'est une crise de la trentaine mais je suis toujours en retard d'un métro !
@Lucie : la nostalgie c'est comme un filtre sur photoshop, ça permet de gommer les dommages du temps …
@Jules : J'ai pensé aussi à Le Luron même si son discours n'était pas exactement celui de Desproges ou de Coluche
@Camio : oui heu enfin… je ne pensais pas tout à fait à cette nostalgie là, même si tout le monde n'a pas la chance d'avoir eu des parents communistes.
@Dumnac : Bizarre n'est-ce pas, ce truc affectif en rapport avec les années 82-83 qui reste chez beaucoup de gens…
@Pif bis : les initiés se souviennent peut être plus de leurs initiateurs (trices) plutôt que l'inverse. Va savoir…, comme disait Gérard Klein…
@Lucie again : Merci. A force de visionner des films avec Clint Eastwood, j'ai du subir un dédoublement de personnalité. Heureusement que ça n'était pas des films avec Sim !
@Street : touts les chemins mènent à St Etienne. A moins qu'il ne s'agisse de Rome ?
@Pif (3eme acte) : Oui, c'est pour quoi ???
@Should : Je ne sais pas si c'était mieux avant. Peut être que c'était simplement moins pire !
@caramiyatcherry : j'allais le dire…
@Mouniette : Merci. Oui, c'est un ressenti, pas forcément le reflet d'une réalité stricte mais quand même… y'à comme un truc dans l'air en ce moment.
@Romnia : oui, j'ai bien aimé ses carnets aussi. Notamment le duo avec Tiken Jah Fakoli.
@Juansolo : ne m'appelez plus Manufraaaaaanceu, la Fraaaaaance elle m'a laissé tomber…
@Fine x 4 : et plus seul qu'avant… les textes de Nanar sont toujours bien vus.
@Langdon : 2008, l'année Sarkozic… sic
 25/02/08 à 10h24
... pour un bon ptit roman sur 1983, l'année nostalgic'.

Dire que tu l'écriras peut-être en fait dans quelques années sur 2008, l'année surprisic'
 25/02/08 à 10h09
c'est pas un peu fini, de faire ta star ? Tu viens pousser la chansonnette, alleeeeeez...

http://fr.youtube.com/watch?v=IZP00vZ9P-A
 25/02/08 à 09h45
juansolo
l'amour du maillot vert....
et l'envie d'en partir !!!
et pour tout dire, tout de lui, j'adore ...!
merci!
 25/02/08 à 00h42
je prends plaisir à te lire à chaque fois.
nostalgie qui trouvent écho en mon coeur : je trouve que l'on vit une époque vraiment dure , que les valeurs humaines et les échanges sont relégués au second plan.
la priorité c'est de s'en sortir, vaille que vaille...
Ou sont passées cette insouciance et cette gaité, cette fierté d'être dans la vie, d'avancer selon ses convictions quelles qu'elles soient.... je me sens parfois si triste
 24/02/08 à 23h42
 24/02/08 à 23h23
Should_I_Stay
que c'etait mieux avant?...hum....
 24/02/08 à 23h01
tu crois que je ne te vois pas...
mais le stéphanois voyageur, oui, il est toujours là, pour notre plus grand plaisir!
 24/02/08 à 22h03
Belle photo.
J'espère que tu ne te prends pas trop les pieds dans tes 'tiags en sortant de ton hamac pour changer le CD?
 24/02/08 à 21h39
qu'elle doit être aussi nostalgique que toi, la fille "aux yeux couleur menthe à l'eau", celle dont tu as oublié le prénom et qui ne se souvient peut-être pas du tien... Et pourtant, tu fais toi aussi partie de ses souvenirs, de ses instants heureux.

Nan, définitivement... tout espoir n'est pas perdu (bis) !
 24/02/08 à 21h38
ah ! quelque part ça m'rassure : je ne suis pas le seul à être décalé et de désespérer de ne pas pouvoir revivre l'année 83. C'est affreux ce temps qui passe, vite, trop vite.
 24/02/08 à 21h34
Salut à toi camarade !

Et puis maintenant que les communistes ont perdu de leur morque apparatchik, on va pouvoir le réinventer !



(Thierry Le Luron, mort 5 mois après son épouse).
 24/02/08 à 21h12
...la nostalgie est un peu un luxe, non? Une façon d'embellir le passé.

Mais je suis un peu d'accord avec toi, Skye : ce qu'on perd un peu en route, c'est notre capacité d'enthousiasme.

Pfff...c'est dur de se regarder dans la glace parfois.
à l'écoute du dernier herbie hancock
skyy * attention fragile *..

Nuit d'amour et O gringo sont mes albums préférés, et même si j'ai aimé d'autres chansons de lui depuis, je ne retrouvais pas de continuité ....

Et dans ce dernier opus, oui enfin ! Plus de distance dans les textes, une réalisation très soignée etc .....

sinon petite date dans l'agenda pcc , pour un rdv au Zénith de Paris le 15 mars. Muy caliente !!!
 24/02/08 à 19h39
Tout espoir n'est pas perdu ! Heureusement que t'es là, Skyy-choupinet.