« Carmelo naquit sans ombre.
Le médecin s’en rendit compte de suite. Il le dit à son père, mais celui-ci ne comprit pas. Jusqu’alors tous avaient eu une ombre dans sa famille, c’était la première fois qu’il se produisait une telle chose.
Il regarda sa femme avec un regard accusateur, elle ne sut que dire. « A qu’il peut-il bien ressembler…sans ombre » se demandait son père désolé.
Les meilleurs médecins de la ville étudièrent son cas mais n’y purent rien. Les parents de Carmelo réunirent l’argent pour l’emmener à l’étranger où un docteur expert en la matière avait résolu des cas similaires.
On a fait des expériences de greffe qui ont bien pris, leur expliqua t il. Il suffit d’en trouver une qui s’adapte à la taille, à la corpulence et au profil de votre fils…
Mais Carmelo refusa toutes les greffes.
Votre fils est un cas particulièrement grave, conclut le docteur en encaissant la facture.
Carmelo grandit sans ombre.
Ses camarades de classe ne tardèrent pas à s’en rendre compte et à en rire.
« Pourquoi n’ai-je pas d’ombre ? » demandait Carmelo en sanglotant tous les soirs à sa maman.
« Parce que ton cœur est si grand et ton âme si pure que l’on peut voir à travers toi ».
Carmelo devint un jeune homme farouche et fuyant.
Il ne sortait que les jours couverts, quand les nuages volaient les ombres de tous et faisaient de lui un de plus.
Un merveilleux jour sans soleil, dans un parc proche, Carmelo connut Tulipe, si pleine d’adolescence, si douce, belle comme un nuage.
Ensemble ils se parlèrent, ils rirent, ils cherchèrent de la complicité et ils trouvèrent des accords, ils échangèrent des regards ,des battements de cœur et des secrets : ils firent un pacte sans même en avoir conscience.
Ils convinrent de se revoir un autre jour, au coin de Alameda con Hidalgo (avenues de México distrito federal), juste à côté du lampadaire et de l’étal fleuri d’une petite mamie.
Carmelo attendait, il souffrait en silence. Les jours ensoleillés se succédaient et à la radio ils annonçaient que cela allait durer longtemps.
A la veille du rendez vous Carmelo ne put dormir. Il pria pour que le matin soit nuageux mais il n’en fut pas ainsi.
Ce fut le jour le plus radieux et le plus dégagé dont on se souvienne en ville.
Le ciel avait mis ce matin là son plus beau costume bleu et Carmelo se présenta à son rendez vous sans ombre et transi de peur.
Il fut sur le point de la peindre sur le sol mais il abandonna cette idée. Les heures en passant auraient fait tourner les autres ombres en laissant la sienne en factice évidence.
Et la peur fut plus forte que l’amour.
Carmelo préféra garder intact le souvenir de sa merveilleuse et nuageuse rencontre l’autre jour dans le parc.
Avant que Tulipe n’arrive il s’en alla, ivre de peine, pour toujours …
S’il avait été là quand la jeune fille apparut au coin de la rue, affligée, en retard, Carmelo aurait pensé qu’elle étant encore plus belle que la dernière fois.
S’il avait été là , il aurait découvert que Tulipe, comme lui, n’avait pas d’ombre et qu’ensemble, peut être, ils auraient pu avoir une vie merveilleuse, à l’avenir nuageux, dans quelque pays au nord, où le soleil respectueux de leur amour y réfléchirait à deux fois avant de se lever. »
Hé ho y a pas toujours un happy end non plus ;-)
Bon alors ce petit conte fantastique a été publié dans le supplément d’El País.
Il a été rédigé par Fernando León de Aranoa.
Alors lui en principe il est pas écrivain mais cinéaste.
Il a fait de très très bons films tels que : « Barrio »(« cité », le premier, opera prima, merveilleux) « Familia » (famille, passé sur Arte, un regal), les lundis au soleil (sorti en salle en France) et le splendide « Princesas »...
Le médecin s’en rendit compte de suite. Il le dit à son père, mais celui-ci ne comprit pas. Jusqu’alors tous avaient eu une ombre dans sa famille, c’était la première fois qu’il se produisait une telle chose.
Il regarda sa femme avec un regard accusateur, elle ne sut que dire. « A qu’il peut-il bien ressembler…sans ombre » se demandait son père désolé.
Les meilleurs médecins de la ville étudièrent son cas mais n’y purent rien. Les parents de Carmelo réunirent l’argent pour l’emmener à l’étranger où un docteur expert en la matière avait résolu des cas similaires.
On a fait des expériences de greffe qui ont bien pris, leur expliqua t il. Il suffit d’en trouver une qui s’adapte à la taille, à la corpulence et au profil de votre fils…
Mais Carmelo refusa toutes les greffes.
Votre fils est un cas particulièrement grave, conclut le docteur en encaissant la facture.
Carmelo grandit sans ombre.
Ses camarades de classe ne tardèrent pas à s’en rendre compte et à en rire.
« Pourquoi n’ai-je pas d’ombre ? » demandait Carmelo en sanglotant tous les soirs à sa maman.
« Parce que ton cœur est si grand et ton âme si pure que l’on peut voir à travers toi ».
Carmelo devint un jeune homme farouche et fuyant.
Il ne sortait que les jours couverts, quand les nuages volaient les ombres de tous et faisaient de lui un de plus.
Un merveilleux jour sans soleil, dans un parc proche, Carmelo connut Tulipe, si pleine d’adolescence, si douce, belle comme un nuage.
Ensemble ils se parlèrent, ils rirent, ils cherchèrent de la complicité et ils trouvèrent des accords, ils échangèrent des regards ,des battements de cœur et des secrets : ils firent un pacte sans même en avoir conscience.
Ils convinrent de se revoir un autre jour, au coin de Alameda con Hidalgo (avenues de México distrito federal), juste à côté du lampadaire et de l’étal fleuri d’une petite mamie.
Carmelo attendait, il souffrait en silence. Les jours ensoleillés se succédaient et à la radio ils annonçaient que cela allait durer longtemps.
A la veille du rendez vous Carmelo ne put dormir. Il pria pour que le matin soit nuageux mais il n’en fut pas ainsi.
Ce fut le jour le plus radieux et le plus dégagé dont on se souvienne en ville.
Le ciel avait mis ce matin là son plus beau costume bleu et Carmelo se présenta à son rendez vous sans ombre et transi de peur.
Il fut sur le point de la peindre sur le sol mais il abandonna cette idée. Les heures en passant auraient fait tourner les autres ombres en laissant la sienne en factice évidence.
Et la peur fut plus forte que l’amour.
Carmelo préféra garder intact le souvenir de sa merveilleuse et nuageuse rencontre l’autre jour dans le parc.
Avant que Tulipe n’arrive il s’en alla, ivre de peine, pour toujours …
S’il avait été là quand la jeune fille apparut au coin de la rue, affligée, en retard, Carmelo aurait pensé qu’elle étant encore plus belle que la dernière fois.
S’il avait été là , il aurait découvert que Tulipe, comme lui, n’avait pas d’ombre et qu’ensemble, peut être, ils auraient pu avoir une vie merveilleuse, à l’avenir nuageux, dans quelque pays au nord, où le soleil respectueux de leur amour y réfléchirait à deux fois avant de se lever. »
Hé ho y a pas toujours un happy end non plus ;-)
Bon alors ce petit conte fantastique a été publié dans le supplément d’El País.
Il a été rédigé par Fernando León de Aranoa.
Alors lui en principe il est pas écrivain mais cinéaste.
Il a fait de très très bons films tels que : « Barrio »(« cité », le premier, opera prima, merveilleux) « Familia » (famille, passé sur Arte, un regal), les lundis au soleil (sorti en salle en France) et le splendide « Princesas »...
réactions : 35
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Voici les 35 dernières réactions à ce commentaire
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fallait décoder...j'ai mis 3 jours...
merci dulci !!!!

Erythropus, marche pas ton lien pour les coeurs...
cette ~

ou la lire l'histoire de Bucéphale ...
siouplaît Monsieur Crododilapin
siouplaît Monsieur Crododilapin

de partager mes histoires avec un tel lectorat






tient la tilde est apparu? 

Ombredane. Dur dur à porter
Il avait une ombre et en avait peur
ça devient une chronique et maintenant tu as des obligations envers ton lectorat assidu.xxxxx
s'il existait pas il faudrait l'inventer 
bon moi j'ai plus simple qd même, tant pis pr le mystère: la tilde et le trois
voilà je peux pas faire plus simple
bon moi j'ai plus simple qd même, tant pis pr le mystère: la tilde et le trois
voilà je peux pas faire plus simple

es un honor 

à partir de la rentrée tu peux venir les écouter en classe mes histoires
quand tu veux
tu seras la bienvenue
bien sûr ce sera en vo
quand tu veux
tu seras la bienvenue
bien sûr ce sera en vo
img src='http://www.pointscommuns.com/images/img/smiley/heart.gif
ou
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ou
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tu cliques droit sur la page, et tu fais afficher la source ... et tu trouves la formule :
parce que je suis addict hein, va falloir me fournir régulièrement maintenant 

j'adore te les raconter 

Merci Dulcinéa !
J'adore tes histoires !
J'adore tes histoires !
moi je signe de suite en tout cas 

c'est tout!!!
(parce que gold m'a appris à faire des bisous...)
merci en tout cas pour le choix de ces jolies histoires!
(parce que gold m'a appris à faire des bisous...)merci en tout cas pour le choix de ces jolies histoires!
tu comprendras bien que j'ai une réputation de femme mystérieuse à entretenir...




'voudrais savoir!!!


parce que j'sais pas faire mais là ça mérite...
please!!
please!!
ça a pas pris le "ς". Pfff !
suggérer qu'ils rajoutent tes com à la liste des addictions sur PPC???j'y vas de suite!!!
la plus belle de ces jours d'hiver, les mains gantées de douceur et à la croisée de leur monde, un miracle pourra avoir lieu...
Très joli conte !!!
Très joli conte !!!
skias onar anthropos
L'homme est le rêve d'une ombre
Pindare, VIIIe Pythique
L'homme est le rêve d'une ombre
Pindare, VIIIe Pythique
merci!!!



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dulcineautopica
publié le 26 août 08