Le jeune Mahdi se croyant seul à la maison, venait juste de terminer une communication téléphonique avec un inconnu.
Or, sa mère était là. Elle avait tout entendu et avait compris ce qui était en train de se passer.
Comme une folle, elle sortit de la chambre :
- Mon fils, dis-moi que ce que je viens d’entendre est faux.
Mahdi restait silencieux.
-Mon enfant, tu veux donc « brûler », tu veux t’offrir en pâture aux poissons ?
-Maman, mon avenir se trouve là-bas, dit-il d’une voix ferme et décidée en pointant le doigt vers la mer.
-Non mon petit, ton avenir est ici dans ton pays, un jour ou l’autre tu trouveras du travail, et tout finira par s’arranger.
-Mais maman, de quel avenir tu parles ? ça fait combien d’années que j’ai terminé mes études, que j’ai eu mon diplôme ? Tu veux donc que je vende les pois chiches trempés devant la porte du marché ? ou que je passe mes journées à flâner sans but ? J’en ai marre. Si ça continue, je deviendrai fou.
- Il faut de la patience mon petit, aie confiance, tout finira par s’arranger.
-Maman, je ne sais pas comment ça va s’arranger. Tu sais très bien que je cours derrière un mirage. J’irai là-bas, je travaillerai, je t’enverrai de l’argent, j’aiderai mes frères à continuer leurs études.
-Tu n’entends donc pas ce qui se passe autour de toi ? Combien sont partis dans ces bateaux de la mort, combien ont atteint le rivage ?
-Je serai parmi ceux qui atteindront le rivage.
-Comment tu pourrais en être aussi sûr ?
Désespérée , elle se mit à pleurer :
-Tu veux donc offrir ta jeunesse à la mer, tu veux brûler le cœur de ta mère ?
Mahdi sortit, et sa mère ne l’a plus revu.
Une semaine après, les pêcheurs découvrirent trois cadavres qui gisaient sur la plage du petit village côtier du Sahel Tunisien. Tout le village était ameuté. On racontait qu'une trentaine de personnes étaient portées disparues
Les pieds nus, la mère de Mahdi courait vers la plage, elle se fraya un chemin vers les corps étendus sur le sable. En un clin d’œil, le sol se déroba sous ses pieds, tout sombra dans le noir.
Quand elle reprit connaissance, elle était chez elle, entourée de ses enfants.
Elle était envahie par un sentiment indescriptible. C’était en même temps une grande tristesse, un énorme désespoir, une douleur profonde et atroce.
Consciente de son impuissance, elle éclata en sanglot, ses enfants aussi.
Aucun des cadavres n’était celui de son fils. Mais elle ne pouvait être rassurée,.
S’il n’était pas mort, si son cadavre ne gisait pas quelque part sur une autre plage, où pouvait-il bien être ?
Serait-il de l’autre côté, sur la terre promise qui l’a fait longtemps rêvé ?
Ou croupissait-il dans une prison italienne en attendant d’être jugé ?
La mère avait compris que son supplice venait de commencer, qu’elle venait de boire à la même coupe que des centaines d’autres mères du Maghreb ou de l’Afrique subsaharienne.
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mais qui a le mérite de raconter comment ça se passe réellement...
http://www.dailymotion.com/video/x1l2vb_les-martyrs-du-golfe-daden-22
http://www.dailymotion.com/video/x1l2vb_les-martyrs-du-golfe-daden-22
Un journaliste s'est embarqué sur un de ces bateaux de la mort pour aller de Somalie au Yémen (si mes souvenirs sont bons...)
Les passeurs maintiennent dans la terreur leurs passagers n'hésitant pas à jeter à la mer ceux qui voudraient se rebeller, sinon ils les frappent violemment dés qu'ils manifestent contre les conditions dans le bateau; les conditions sont très dures, les gens sont les uns sur les autres, pas d'eau, rien à manger, la chaleur, les coups et personne n'est sûr d'arriver sur la terre ferme.... ce journaliste a vraiment risqué sa vie pour nous montrer comment ça se passe tous les jours et toutes les nuits.
A la fin on les jette à l'eau assez loin du rivage et il y en a encore qui meurent....
Je vais essayer de trouver un lien pour ce reportage
Merci Plume, merci de rendre vivant ce qui semble bien loin de nos soucis de "pays riches"
Les passeurs maintiennent dans la terreur leurs passagers n'hésitant pas à jeter à la mer ceux qui voudraient se rebeller, sinon ils les frappent violemment dés qu'ils manifestent contre les conditions dans le bateau; les conditions sont très dures, les gens sont les uns sur les autres, pas d'eau, rien à manger, la chaleur, les coups et personne n'est sûr d'arriver sur la terre ferme.... ce journaliste a vraiment risqué sa vie pour nous montrer comment ça se passe tous les jours et toutes les nuits.
A la fin on les jette à l'eau assez loin du rivage et il y en a encore qui meurent....
Je vais essayer de trouver un lien pour ce reportage
Merci Plume, merci de rendre vivant ce qui semble bien loin de nos soucis de "pays riches"
une tragédie, sans cesse répétée.
Tu as entendu parler des pêcheurs tunisiens qui ont sauvé une quarantaine de harragua qui ont failli se noyer? Et bien, ils croupissent dans les prisons italiennes , leurs barques confisquées, ils attendent d'être jugés en juillet, pour "assistance à personnes en dangers"
Comme les lois changent !
Tu as entendu parler des pêcheurs tunisiens qui ont sauvé une quarantaine de harragua qui ont failli se noyer? Et bien, ils croupissent dans les prisons italiennes , leurs barques confisquées, ils attendent d'être jugés en juillet, pour "assistance à personnes en dangers"
Comme les lois changent !
merci d'être passée.
... (et de honte pour nos gouvernants) Maghrebin du 10 mai. harraga = clandestins (arabe 'ahrag' passer clandestinement une frontière) pas moins de 5O jeunes, par jour, prennent le large par la mer, pour fuir l'injustice et la misère à partir des côtes Algériennes de l'Oranie et de Annaba, donnant respectivement sur l'Espagne et l'Italie. La plupart du temps ils sont perdus en dérive. S'ils ont de la chance, ils sont repérés par les gardes côte ou par un bateau de passage. A 99,9 % ils n'atteignent jamais les autres rives.
Pris, ils seront jugés et emprisonner pour avoir tenter de fuir l'injustice, l'oisiveté, la misère et d'aller chercher, au risque de leur vie, ailleurs du travail. Ce qui n'est pas, du tout, évident d'en trouver, vu le chômage qui sévit un peu partout sur l'autre rive.
Alors, qu'il leur serait, à ces jeunes, plus facile en ces temps de réconciliation nationale, de prendre le maquis terroristes. Tuer, violer, rançonner et voler les populations sans défense et, revenir, dans une ou deux années riche comme crésus, se rendre aux autorités locales pour être relâcher dans la journée même, tout juste, le temps que les autorités judiciaires prennent pour leur alloue une rente de 10.000 à 30.000 DA par mois ou trimestriel, selon le grade et le nombreux d'atrocités commises ou de personnes tués.
Ce qui prouve que ces jeunes sont honnêtes et saint d'esprit. Ils préfèrent comme ils le disent : " Êtres manger par les poissons, que d'accepter l'injustice et grandir et mourir dans l'oisiveté et encore moins tuer et voler leurs compatriotes"
Pris, ils seront jugés et emprisonner pour avoir tenter de fuir l'injustice, l'oisiveté, la misère et d'aller chercher, au risque de leur vie, ailleurs du travail. Ce qui n'est pas, du tout, évident d'en trouver, vu le chômage qui sévit un peu partout sur l'autre rive.
Alors, qu'il leur serait, à ces jeunes, plus facile en ces temps de réconciliation nationale, de prendre le maquis terroristes. Tuer, violer, rançonner et voler les populations sans défense et, revenir, dans une ou deux années riche comme crésus, se rendre aux autorités locales pour être relâcher dans la journée même, tout juste, le temps que les autorités judiciaires prennent pour leur alloue une rente de 10.000 à 30.000 DA par mois ou trimestriel, selon le grade et le nombreux d'atrocités commises ou de personnes tués.
Ce qui prouve que ces jeunes sont honnêtes et saint d'esprit. Ils préfèrent comme ils le disent : " Êtres manger par les poissons, que d'accepter l'injustice et grandir et mourir dans l'oisiveté et encore moins tuer et voler leurs compatriotes"
23/05/08 à 08h28
Oui, ces " bateaux de la mort" , l'énergie du désespoir ....Cruauté de l'existence !
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Feelings
[ The definitive Live 10 minutes video
of Nina Simone's "Feelings"
live at Montreux Jazz Festival (1976) ]
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Nina Simone
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http://minilien.com/?4lahEz4wSq
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Feelings
[ The definitive Live 10 minutes video
of Nina Simone's "Feelings"
live at Montreux Jazz Festival (1976) ]
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Nina Simone
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Merci de tes témoignages Plume et la qualité de ton écriture qui donne force et réalité.
allo-oui, je ne connais pas d'associations , tu sais très bien qu'en Tunisie les associations indépendantes n 'obtiennent pas le visa.
C 'est grâce à FTCR qui se trouve en France que l 'on sait ce qui se passe en Tunisie, c 'est malheureux de le dire mais c 'est la triste réalité.
On se vante d'avoir 9000 associations en Tunisie, quand on a vu de plus près on a trouvé des trucs comme association des amoureux des dominos, ou des cartes, ou des oiseaux..... Mais pour les choses sérieuses ... pas question!
Et même s'il y a des associations de type sérieux, elles travaillent dans la clandestinité.
C 'est grâce à FTCR qui se trouve en France que l 'on sait ce qui se passe en Tunisie, c 'est malheureux de le dire mais c 'est la triste réalité.
On se vante d'avoir 9000 associations en Tunisie, quand on a vu de plus près on a trouvé des trucs comme association des amoureux des dominos, ou des cartes, ou des oiseaux..... Mais pour les choses sérieuses ... pas question!
Et même s'il y a des associations de type sérieux, elles travaillent dans la clandestinité.
la douleur, le désespoir, l'exil , la mort , l'espérance d'un monde meilleur ... Seulement notre monde n'est pas meilleur .
Peux tu donner concrétement des noms d'assoc, qui oeuvrent pour quelque chose bouge ?
Merci de ta présence sur ce site !
Peux tu donner concrétement des noms d'assoc, qui oeuvrent pour quelque chose bouge ?
Merci de ta présence sur ce site !
il y a peu j'ai regardé un reportage à la télévision montrant de jeunes garçons au Maroc qui rêvaient de rejoindre l'espagne pensant y trouver l'eldorado. Pour ce faire, ils s'accrochaient à des camions au risque bien entendu de se faire estropier ou perdre la vie. J'étais émue de voir ces jeunes gens et pour certains encore de très jeunes garçons qui avaient tout juste quitté le sein de leur mère dormir dans des cimetières en groupe pour survivre.
Je suis très émue Plume de ton récit.
Je suis très émue Plume de ton récit.
21/05/08 à 12h39
espoir, angoisse et quête. . des vies . . Tes mots les font vivre . .une part de la notre aussi
à Mayotte, des "kwassa-kwassa" (barques en mahorais) qui échouent chaque semaine en provenance de Anjouan...
Autre océan...mêmes scènes de "vies".... tragédies...
Autre océan...mêmes scènes de "vies".... tragédies...
Le village d’Aouled al-Mabrouk, comme celui, avant lui, d’al-Hkaïma et encore d’autres régions de la Tunisie d’«en bas », vit sous le signe du deuil depuis jeudi 24 avril 2008 quand la mer a rejeté les cadavres ; les 23 autres candidats à l’émigration sont portés « disparus ».
Ce n’est pas une première ! C’est le énième acte d’une tragédie toujours recommencée.
Il suffit d’arpenter les ruelles du vieux quartier de al-M’hamdia (banlieue proche de Tunis) pour mesurer l’ampleur de la pauvreté, du dénuement et du chômage qui sévissent en raison des choix économiques du gouvernement tunisien.
Depuis le mois de janvier 2008, les jeunes et la population de Redeyef manifestent pour leur droit au travail ; les jeunes des régions de al-M’hamdia, al-Kabbaria, Djebel Jloud, Sidi Frej, Gafsa, Chebba, Malloulech (12 jeunes sont originaires du vieux quartier d’al-M’hamdia) partis, quant à eux, à la recherche d’un travail, d’une vie digne sur la rive nord, ont pris les barques de la mort.
En effet, le mardi 22 avril 2008 au soir, la barque des 26 jeunes a quitté Aouled al-Mabrouk Cette nuit-là, la famille de Mohamed Dalhoum (l’un des trois morts ramenés par les eaux) a reçu le dernier appel téléphonique de son fils. La famille de Ayman Ben Taïeb Hassine (qui n’a que 17 ans) attend, tout comme les autres familles, d’avoir une information sûre et définitive.
Ces jeunes savaient a priori que prendre la mer sur des barques de fortune (Harraga) est une opération hautement risquée et extrêmement dangereuse. Leur désespoir et l’absence de toute autre alternative les ont déterminés à côtoyer le danger. Fuir une situation faite de marginalisation, d’exclusion, de sentiment d’injustice, de privation, de perdition, d’absence de tout exercice de la démocratie et d’une répartition égalitaire des richesses entre les fils et les filles de la Tunisie était devenu leur seul et unique horizon.
Nous tenons à présenter nos sincères condoléances aux familles des naufragés et à les assurer de notre entière et pleine solidarité. Leur deuil est le nôtre.
* Nous appelons les partis politiques, les associations et les collectifs en Tunisie, en Italie et dans les tous les pays touchés par ces drames de faire pression sur les autorités tunisiennes et italiennes pour qu’elles continuent les recherches sur le sort des 23 jeunes portés « disparus »
* Nous nous joignons à l’appel lancé par la Fédérations des Tunisiens Citoyens des deux Rives pour faire de la journée du 10 mai une journée de deuil national pour les jeunes de la Tunisie et de tous les pays frappés par le drame des barques de la mort
* Faisons de la journée du 10 mai, une journée de Solidarité pour la dignité !
Ce n’est pas une première ! C’est le énième acte d’une tragédie toujours recommencée.
Il suffit d’arpenter les ruelles du vieux quartier de al-M’hamdia (banlieue proche de Tunis) pour mesurer l’ampleur de la pauvreté, du dénuement et du chômage qui sévissent en raison des choix économiques du gouvernement tunisien.
Depuis le mois de janvier 2008, les jeunes et la population de Redeyef manifestent pour leur droit au travail ; les jeunes des régions de al-M’hamdia, al-Kabbaria, Djebel Jloud, Sidi Frej, Gafsa, Chebba, Malloulech (12 jeunes sont originaires du vieux quartier d’al-M’hamdia) partis, quant à eux, à la recherche d’un travail, d’une vie digne sur la rive nord, ont pris les barques de la mort.
En effet, le mardi 22 avril 2008 au soir, la barque des 26 jeunes a quitté Aouled al-Mabrouk Cette nuit-là, la famille de Mohamed Dalhoum (l’un des trois morts ramenés par les eaux) a reçu le dernier appel téléphonique de son fils. La famille de Ayman Ben Taïeb Hassine (qui n’a que 17 ans) attend, tout comme les autres familles, d’avoir une information sûre et définitive.
Ces jeunes savaient a priori que prendre la mer sur des barques de fortune (Harraga) est une opération hautement risquée et extrêmement dangereuse. Leur désespoir et l’absence de toute autre alternative les ont déterminés à côtoyer le danger. Fuir une situation faite de marginalisation, d’exclusion, de sentiment d’injustice, de privation, de perdition, d’absence de tout exercice de la démocratie et d’une répartition égalitaire des richesses entre les fils et les filles de la Tunisie était devenu leur seul et unique horizon.
Nous tenons à présenter nos sincères condoléances aux familles des naufragés et à les assurer de notre entière et pleine solidarité. Leur deuil est le nôtre.
* Nous appelons les partis politiques, les associations et les collectifs en Tunisie, en Italie et dans les tous les pays touchés par ces drames de faire pression sur les autorités tunisiennes et italiennes pour qu’elles continuent les recherches sur le sort des 23 jeunes portés « disparus »
* Nous nous joignons à l’appel lancé par la Fédérations des Tunisiens Citoyens des deux Rives pour faire de la journée du 10 mai une journée de deuil national pour les jeunes de la Tunisie et de tous les pays frappés par le drame des barques de la mort
* Faisons de la journée du 10 mai, une journée de Solidarité pour la dignité !
... et si bien raconté !


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plume B
publié le 20 mai 08