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 "la somme des interets particuliers" chapitre 6
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catégorie : création littéraire
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La semaine suivante, le médecin l'autorisation de sortie de Marianne. Tout avait été prévu pour que Marianne ne soit pas la proie de paparazzi. Les photos de Jean-Pierre accourant à l'hopital prises la semaine passée n'avaient pas été publiées, et la rumeur courait déjà qu'une séance de photos exclusive était en train de se négocier.

Marianne s'étonna de sortir par une porte dérobée... « Je préfère ne prendre aucun risque d'être paparazzé lui expliqua Jean-Pierre. Mais tu sais, je ne suis pas assez célébre pour que les rédactions encourent le risque d’un procès pour violation du droit à l’image. Risquer un procès, ça va si en contrepartie, les ventes augmentent Je suis encore un animateur montant. » Quoique qu'avec cette publicité bienvenue, cela pouvait changer, pensa-t-il avec délectation..
-- « On vit toujours à Nation ? fit Marianne.
-- Non, j’ai déménagé. On a déménagé. On est près de l’avenue Montaigne maintenant.
--Ah. Bon, ben je verrai ça alors.
-- On y va. »
La voiture s’élança dans les allées du vaste parking. Marianne regardait les rues, les immeubles, les gens qui allaient et venait sur les trottoirs. Elle se sentait à nouveau appartenir à la communauté des hommes, en les voyant, tous en train de marcher : les uns avec des sacs Fnac, les autres avec des sacs Go Sport, d’autres encore un cartable à la main, de retour du bureau. Elle avait envie de foule : envie de marcher parmi des gens, dans un centre commercial, de se sentir écrasée par le nombre, tout en se sentant exister – enfin – dans cette masse indéfinie de vivants. Elle regardait les nuages.
- « tu rêves ? fit Jean-Pierre.
-- Non, je regarde Maman. Je pense à elle. Je me dis qu’elle est là-haut. C’est bizarre, elle m’avait toujours dit, « Quand je serai morte, ne vas pas sur ma tombe, je n’y serai pas. » Mais de là à se faire incinérer.
-- Si tu veux, je t’emmènerai à l’endroit où on a dispersé ses cendres. »
Jean-Pierre se tut brusquement, il était en train de faire un créneau avenue Montaigne. Marianne écrasât une larme.

Une fois arrivé à l'appartement Jean-Pierre posa les sacs de Marianne dans l’entrée. « Viens, suis-moi, je fais te faire visiter » fit-il en prenant la main de Marianne. Elle était froide comme le granite d’une stèle mortuaire, et il frissonna. Il revoyait le masque cire de Marianne, celui-là même qu’il avait vu pendant trois ans à chaque visite à l’hôpital. Il se souvient de ses longues heures à lui parler. Toujours ce même monologue : bonjour, je suis venu te voir, puis le récit de la semaine. Il avait raconté, visite âpres visite, les premiers contacts avec ce producteur lors d’une interview, puis le projet d’émission, le numéro zéro, le pilote accepte, puis le première enregistrement. À chaque fois, il racontait tout à Marianne, inerte : les bonnes audiences, les articles dans les journaux, le fait d’être reconnu dans la rue, la nomination aux 7 d’Or. Le téléphone portable de Jean-Marc sonna. « Excuse-moi, ma chérie, fit-il. C’est mon associé. » Il partait dans la pièce du fond. Marianne se promena donc seule dans le grand appartement : tout était propre, clinquant. Elle qui avait connu les années de vie de monsieur et madame tout le monde dans la 3e pièce de la rue du Rendez-vous. Avait bien du mal à se dire que sa vie, désormais, s’écrivait dans les beaux quartiers, dans un immeuble luxueux, parmi la déco d’un appartement de 200 mètres carrés. Elle voulait prendre une boisson dans le réfrigérateur, mais elle ne réussit pas à l’ouvrir, et dut se contenter de boire au robinet. Elle regrettait la vie d’avant, celle qu’elle connaissait : elle assistante trilingue, lui journaliste. La célébrité, la télé, la richesse, tout cela lui faisait un peu peur. Jean-Pierre revint dans le living room. Marianne l’y rejoint. « J’ai éteint le téléphone portable.

-- Et demain ?
-- Demain, il faut que je sois au bureau l'après-midi. J’ai des tas des trucs à faire. Mais nous passons la matinée ensemble : on fera des photos et une interview à Paris Match. Je fais ça pour ton bien : si tu ne veux pas être la cible des paparazi, il faut qu'on se montre.»
Marianne réprima une grimace. « Qu'y-a-t-il » interrogea jean-Pierre ? Je n'ai pas la force de ma battre, s'entendit-il répondre. Si tu as pris ta décision sans m'en parler, alors OK pour « Paris Match ».

Pour couper court à ce qui risquait çà tout moment de tiourner à la dispute, jean-Pierre répliqua : « Ce soir, on sort. Je t’emmène au resto. Tu veux te changer ? Oh non, pardon, c’est vrai. Tu n’as que tes vielles affaires. Je pense pas que tu as envie de les porter.
-- Si si, fit Marianne, avec un sourire. Sa me rappellera ma vie d’avant. »
Jean-Pierre réserva dans un restaurant indien de l’avenue Rapp, et ils partirent.
« On peut y aller à pied ? demanda la jeune femme. Il accepta, et ils montèrent jusqu’au New Jawad, un restaurant indien. Jean-Pierre ne pouvait s'empécher de penser à son dernier diner avec Caroline, rue La Boétie. Sur le chemin, les passants dévisageaient Jean-Pierre. Marianne sentait qu’il ne lui appartenait plus vraiment, que ce n’était plus complètement « son » homme. Elle devait le partager. Et partager son homme quand on sort du coma, quand on a le plus besoin de l’avoir rien que pour soi, de pouvoir s’appuyer sur son épaule, c’est désagréable.

« Au fait, tu revois toujours la bande ? demanda-t-elle.
-- Mouais. Non, plus trop. Quand j’ai commencé à faire de la télé, j’ai eu moins de temps pour les voir. Et quand j’ai créé la boite, j’ai été encore plus pris.
-- Du coup, t’as coupé les ponts, fit-elle, agacée.
-- Tu vas un peu vite, là. Tu sais pas ce que c’est.
-- Non, je sais pas ce que c’est de devenir star de la télé. Et toi tu ne sais pas ce que c’est que de sortir du coma. Faudra que tu fasses une émission là-dessus pour écouter des témoignages.
-- Écoute.
-- Non, c’est toi qui va m’écouter. Tu te rends compte qu’aucun de nos amis n’a laissé de message ? Je suppose que depuis que tu as déménagé, tu es sur liste rouge ?
-- Oui. Mais demain, tu iras t’acheter un portable. On donnera le numéro aux gens qu’ils veulent te joindre. Ils appellent à la boite de prod depuis hier.
-- Eh ben c’est sympa de me le dire maintenant. Bon allez, paye la note et on rentre. »
Jean-Pierre héla un taxi, et ils rentèrent.
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Voici les 7 dernières réactions à ce commentaire
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qui s'affiche plus que de façon administrative. Chacun a eu une expérience différente de l'autre de vie.
Elle était dans le coma, elle doit se recontruire, regagner ce qu'elle a perdu en plus du temps....
Lui est dans d'autres sphères, il a une carrière avancée, il s'est crée des besoins, des envies, du plaisir, une autre vie, en restant dans leur vie de couple. Sans y être du tout.

Tout semble inévitablement perdu d'avance...
JP a oublié que trois année les séparent, que changer ses repères va être une difficulté supplémentaire à sa réadaptation.

comment va t il répondre a son besoin de savoir: qu'a t'il fait pendant ses trois années?

l'amour est t'il le même et pour lui et pour elle?

le comma ne les a t' il pas mener sur deux chemins différents?...............
le mariage Jean-Pierre/Marianne ne va pas tenir, Caroline ne va certainement pas se laisser évincer par une ancienne comateuse, tout cela va mal finir, j'en frémis d'avance.
Marianne a eu une vie plus intéressante.
 22/06/08 à 10h19
albertpremier
Le portable ça donne le cancer.