Tiens, pour une fois, je vais vous écrire une petit bafouille sur quelque chose que je n’ai pas aimé, ça changera !
Ben oui, pourquoi pas ? Bon, j’ai pas aimé, c’est peut-être un peu excessif, disons que j’ai du mal à y croire.
Pourquoi ?
La narratrice européenne, est embauchée dans une grosse boite japonaise, au japon. Jusque là, rien d’extraordinaire, pas très courant mais tout à fait plausible. Le lecteur découvre alors, au dépend de l’héroïne, l’implacable rigueur de l’autorité des différents maillons de la hiérarchie (Ouais, ben ça, ça existe aussi en France, hein Chef !) et en même temps, une société, une culture, un code de conduite incompréhensible au profane (là, ça devient un peu plus exotique). Et au pays du soleil levant, il en existe des codes, des règles de bienséance…
Alors pourquoi persister à ne pas y croire ?
D’abord parce que le mythe de la société ultra bien gérée, où la totalité des compétences de chacun est exploitée au maximum, tombe à l’eau. L’héroïne en fait d’ailleurs les frais ; elle a de gros défauts mais également d’énormes qualités qui ne sont jamais mises en exergue. Et personne n’a l’idée de lui proposer un emploi de sa compétence, ni même de lui demander ses motivations. Visiblement, personne n’a entendu parler des bilans de compétence, très à la mode depuis quelques années. C’est assez surprenant au 21° siècle, et très difficile à croire pour une entreprise moderne et évoluée.
Ce qui est tout aussi irréel, c’est à certain moment, la relative liberté de l’employée qui décide d’initiative de s’attribuer certaines fonctions (ça aussi, mon chef apprécierait beaucoup). C’est vraiment trop gros pour y croire surtout que l’employée est plutôt en bas de l’échelle, sans aucun pouvoir décisionnel.
Ce qui sauve cette prose, c’est l’humour omniprésent de l’héroïne, son optimisme et la joie de vivre dont elle est capable de faire preuve même dans les situations les plus délicates. Elle se satisfait de tout, même des situations les plus humiliantes avec une décontraction et un aplomb tenace. Elle s’accroche à la vie et à son travail même si elle en connaît l’issue négative. Cette force intérieure qui la caractérise, renforce son attitude.
C’est également une leçon sur les idées préconçues. Les gens que l’on croit connaître, ceux qui nous surprennent, ceux qui se disent nos amis pour mieux nous tenir et ainsi plus facilement nous anéantir, ceux qui vous évitent par timidité ou parce qu’ils sont impressionnés, les gentils qui vous terrifient, les méchants qui vous amusent ; une belle galerie de portrait, une corbeille d’hypocrites !
Ce livre est une véritable leçon d’humanité et d’humilité. La déchéance peut arriver à tout le monde et à tout moment, retenez le bien. Et il est toujours possible de descendre plus bas. Soyez compatissant, ça ne coûte rien et même si ça ne semble pas plaire, personne n’est vraiment insensible et vous en ressentirez une grande satisfaction personnelle.
Les idées sont excellentes mais ce que reproche, c’est qu’elles sont, à mon sens, bien mal amenées. C’est pas assez fantaisiste pour être un conte et pas assez réaliste pour être biographique. Sinon, le style est fluide, léger, très agréable, un véritable bonheur qui glisse comme l’onde d’un torrent. Les dialogues sont rapides, nets et percutants. Ce qui est remarquable, c’est qu’Amélie Nothomb transforme une expérience traumatisante et avilissante en un récit d’une irrésistible et fascinante drôlerie. On a l’impression par moment que l’héroïne se complait à sombrer dans une stupidité maniaque.
Tout compte fait, il n’est pas si mal que cela ce bouquin… merci !
Ben oui, pourquoi pas ? Bon, j’ai pas aimé, c’est peut-être un peu excessif, disons que j’ai du mal à y croire.
Pourquoi ?
La narratrice européenne, est embauchée dans une grosse boite japonaise, au japon. Jusque là, rien d’extraordinaire, pas très courant mais tout à fait plausible. Le lecteur découvre alors, au dépend de l’héroïne, l’implacable rigueur de l’autorité des différents maillons de la hiérarchie (Ouais, ben ça, ça existe aussi en France, hein Chef !) et en même temps, une société, une culture, un code de conduite incompréhensible au profane (là, ça devient un peu plus exotique). Et au pays du soleil levant, il en existe des codes, des règles de bienséance…
Alors pourquoi persister à ne pas y croire ?
D’abord parce que le mythe de la société ultra bien gérée, où la totalité des compétences de chacun est exploitée au maximum, tombe à l’eau. L’héroïne en fait d’ailleurs les frais ; elle a de gros défauts mais également d’énormes qualités qui ne sont jamais mises en exergue. Et personne n’a l’idée de lui proposer un emploi de sa compétence, ni même de lui demander ses motivations. Visiblement, personne n’a entendu parler des bilans de compétence, très à la mode depuis quelques années. C’est assez surprenant au 21° siècle, et très difficile à croire pour une entreprise moderne et évoluée.
Ce qui est tout aussi irréel, c’est à certain moment, la relative liberté de l’employée qui décide d’initiative de s’attribuer certaines fonctions (ça aussi, mon chef apprécierait beaucoup). C’est vraiment trop gros pour y croire surtout que l’employée est plutôt en bas de l’échelle, sans aucun pouvoir décisionnel.
Ce qui sauve cette prose, c’est l’humour omniprésent de l’héroïne, son optimisme et la joie de vivre dont elle est capable de faire preuve même dans les situations les plus délicates. Elle se satisfait de tout, même des situations les plus humiliantes avec une décontraction et un aplomb tenace. Elle s’accroche à la vie et à son travail même si elle en connaît l’issue négative. Cette force intérieure qui la caractérise, renforce son attitude.
C’est également une leçon sur les idées préconçues. Les gens que l’on croit connaître, ceux qui nous surprennent, ceux qui se disent nos amis pour mieux nous tenir et ainsi plus facilement nous anéantir, ceux qui vous évitent par timidité ou parce qu’ils sont impressionnés, les gentils qui vous terrifient, les méchants qui vous amusent ; une belle galerie de portrait, une corbeille d’hypocrites !
Ce livre est une véritable leçon d’humanité et d’humilité. La déchéance peut arriver à tout le monde et à tout moment, retenez le bien. Et il est toujours possible de descendre plus bas. Soyez compatissant, ça ne coûte rien et même si ça ne semble pas plaire, personne n’est vraiment insensible et vous en ressentirez une grande satisfaction personnelle.
Les idées sont excellentes mais ce que reproche, c’est qu’elles sont, à mon sens, bien mal amenées. C’est pas assez fantaisiste pour être un conte et pas assez réaliste pour être biographique. Sinon, le style est fluide, léger, très agréable, un véritable bonheur qui glisse comme l’onde d’un torrent. Les dialogues sont rapides, nets et percutants. Ce qui est remarquable, c’est qu’Amélie Nothomb transforme une expérience traumatisante et avilissante en un récit d’une irrésistible et fascinante drôlerie. On a l’impression par moment que l’héroïne se complait à sombrer dans une stupidité maniaque.
Tout compte fait, il n’est pas si mal que cela ce bouquin… merci !
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Voici les 6 dernières réactions à ce commentaire
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Titre (cliquez pour lire)
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C'est autobiographique en effet, donc pour le scénario impropable tu repasseras hein ! ;o)
Maîtriser parfaitement la langue et avoir un papa ambassadeur ça peut aider à intégrer une société japonaise. Et concernant les bilans de compétences et autres mises en avant des qualités de chacun, tu penses en occidental là, donc n'essaie pas de comparer ce qui se passe chez nous (même vaguement) avec la culture de l'emploi nippone, radicalement différente. Et c'est justement pour fustiger et démontrer le ridicule de ce système que le livre a été écrit.
Sinon, moi aussi j'ai quasiment tout lu Nothomb, je suis fan, et là je suis sur "Biographie de la faim."
Maîtriser parfaitement la langue et avoir un papa ambassadeur ça peut aider à intégrer une société japonaise. Et concernant les bilans de compétences et autres mises en avant des qualités de chacun, tu penses en occidental là, donc n'essaie pas de comparer ce qui se passe chez nous (même vaguement) avec la culture de l'emploi nippone, radicalement différente. Et c'est justement pour fustiger et démontrer le ridicule de ce système que le livre a été écrit.
Sinon, moi aussi j'ai quasiment tout lu Nothomb, je suis fan, et là je suis sur "Biographie de la faim."
C'est quand tu veux !
En fait tu m'as permis de me lâcher sur Amélie Nothomb...
J'avais commencé par écrire une réaction ici et finalement j'ai écrit tout un comm... Oups !
À plus
J'avais commencé par écrire une réaction ici et finalement j'ai écrit tout un comm... Oups !
À plus
Merci pour votre réaction.
Avis positif pour les idées et le style mais pas vraiment convaincu par la forme.
Avis positif pour les idées et le style mais pas vraiment convaincu par la forme.
Avis plutôt positif en somme ?
Pour moi ce roman est le summum de l'humour Nothombien, admirablement écrit, peut être bien autobiographique même si le trait est gros. En numéro 2 de mes bonheurs de lecture je classe "le sabotage amoureux" là on est proche de "la guerre des boutons" et en numéro 3 "les catilinaires" que je ne saurais qualifier autrement que ma première expérience A Nothomb, un coup de foudre.
Pour moi ce roman est le summum de l'humour Nothombien, admirablement écrit, peut être bien autobiographique même si le trait est gros. En numéro 2 de mes bonheurs de lecture je classe "le sabotage amoureux" là on est proche de "la guerre des boutons" et en numéro 3 "les catilinaires" que je ne saurais qualifier autrement que ma première expérience A Nothomb, un coup de foudre.
en effet, il démontrait bien le patriotisme des Japonais pour leur entreprise..


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poorlonesoneman
publié le 23 mai 06