6h27. L'orage gronde et éructe des fracas de fin du monde. Les éclairs trouent le ciel anthracite et zèbrent l'horizon noyé dans l'encre de Chine. Elle titube de la chambre conjugale à l'étroite cuisine, allume son PC portable, talisman de tous ses songes mosaïque, éclabousse son visage d’une eau claire et fraîche, s’enivre des fragrances corsées du petit noir qui va dans une poignée de minutes, la ramener à la vie, d'une impulsion de caféine... Starter du matin, ami intime, elle le boit et le lampe à l'envi, pour qu’il coule, ébène brûlant dans ses veines translucides...
Ce matin, la grisaille monochrome, en toile de fond de sa vie millimétrée lui rouille les terminaisons nerveuses... En ce matin neuf, elle se voudrait vertigineuse et invincible, entraînant l’autre dans son sillage vers des contrées sans lune mais elle est, en ce morne dimanche lavé par la pluie, enclume de fonte... Elle l’a attendu un peu hier soir, par ordinateur interposé, mais le sommeil a fini par avoir raison d’elle... D’habitude, elle est femme de l'aube, sort du lit comme un diable à ressort, prête à déplacer des Everest, chaque matin que le hasard fait, tricotant au besoin des méandres oniriques dans son cortex extensible.
Dans une heure ou deux, pour bâillonner le tumulte qui bouillonne en son sein, elle rejoindra comme chaque fois le Pavillon de Hanovre pour courir onze ou douze kilomètres, dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, de loin le plus éprouvant, jalonné de tortueuses montées qui éprouvent les muscles longs en même temps que le rythme cardiaque.
Solitaire arpenteuse, elle avalera les hectomètres, la musique trop forte vissée aux oreilles, la foulée souple et volontaire, autorisant ses pensées à vagabonder sans laisse, vers lui, impudique indigène virtuel qui hante son écran et ses failles, passe muraille cathodique illusoire avec qui elle a croisé les mots. Il lui offrira en pensée des brassées de mots à peine éclos, au creux des chemins boisés, là où se nichent les écureuils bicolores et espiègles. Elle longera l'austère octogone, endurante et pugnace, pour achever sa course dans un sprint qui consumera ses dernières forces, jusqu'à se sentir rompue d'effort, ivre de fatigue ruisselante, oubliant le temps d’un instant ses récurrents tourments.
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Nous ne sommes que de piètres pantins désarticulés...
23/06/08 à 22h59
jestoky
23/06/08 à 11h18
un peu de paix...*****
Beau texte.
Quel intérêt...
je suis vraiment quiche des fois
vous êtes inscrite depuis longtemps en plus !
bon, vraiment, bien nulle sur ce coup là, vous pouvez m'incendier à volonté, je l'aurai pas volé !
vous êtes inscrite depuis longtemps en plus !
bon, vraiment, bien nulle sur ce coup là, vous pouvez m'incendier à volonté, je l'aurai pas volé !

je critique pas, je me demandais, c'est tout...
et je me suis trompée, sans doute... encore désolée. c'était pas si méchant, si ? vous n'appréciez pas le style de botticella ?
sinon le texte de reggiani vaut toutes les annonces que je pourrais faire, alors je le trouve bien là ou il est;
sinon j'ai qq com' en dessous, car c de ça dont il s'agit, et pas d'annonce (deux choses distinctes, non) ? mais ça a eu l'air de moins retenir votre attention (aucune importance hein, vraiment)
et je me suis trompée, sans doute... encore désolée. c'était pas si méchant, si ? vous n'appréciez pas le style de botticella ?
sinon le texte de reggiani vaut toutes les annonces que je pourrais faire, alors je le trouve bien là ou il est;
sinon j'ai qq com' en dessous, car c de ça dont il s'agit, et pas d'annonce (deux choses distinctes, non) ? mais ça a eu l'air de moins retenir votre attention (aucune importance hein, vraiment)
J'ai lu vos trucs classés X - Polla, le copier coller en guise d'annonce... Ca vaut le détour, mais bon, tous les textes de Reggiani, on les trouve partout... Critiquez pourquoi pas si ce n'est pas juste de la méchanceté gratuite... Ciao polo
m'en suis pas trop préoccupée depuis bien longtemps.
et elle se défend trés bien, vous inquiètez pas...elle est contente de ce qu'elle fait, ça la protège.
et elle se défend trés bien, vous inquiètez pas...elle est contente de ce qu'elle fait, ça la protège.
Boticella, en tête de turc, ça réussit à vous occuper un moment, non ?
désolée de la méprise, jardinsecret 

on te suit même si on a tendance à perdre haleine RESPIRE !
gracias para las estrellas
et c'est pareil avec un Mac portable !
Le délit d'initiés est sévèrement puni...


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jardinsecret
publié le 22 juin 08