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  chronique d'une maladie
  chronique d'une maladie
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catégorie : Moi Moi Moi
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Vous entrez dans le cabinet médical, celui ci est très étroit...a l'hôpital tout le monde a son droit, ainsi les dépenses de conforts qu'il s'agisse du décor ou de l'acoustique se réduisent au minimum.

Une chaise recouverte de skai et un petit fauteuil également recouvert de skai...Un très court moment il vous faut choisir où vous assoir...et l'expérience sublime, complique, ce choix.

Il vous faut acquérir la posture d'une ambition? ou renoncer a dominer la situation qui s'annonce, dans laquelle derechef vous vous déterminez a la modestie de cette chaise donc..;tandis que légèrement jubilatoire le médecin s'installe dans le fauteuil et dans son rôle...

Tout va très vite...Il s'agit de se mettre au diapason, d'infimes résolutions se disposent a des hasards qui resteront donc de l'ordre du hasard et qui ne manquerons pourtant pas d'être répertoriées par le to bib comme caractéristiques évidentes d'une pathologie...

Vos maux sont temporaires..juste temporaire...ce qui etait et restera un mystère! C'est comme se justifier d'une place dans la rue avec sa voiture...Au plus vite on peut se décider a s'installer sur le bateau, et voici la crainte concrétisée quand survient la jeteuse de prunneaux...
S'expliquer n'est pas rien, reconnaître sa faute ne change rien dans cette mine féroce d'une aubergine, habilitée a faire cas de sa rapine

Donc ?engager..., il vous faut engager la conversation, vous êtes mal assis, mal garé, peu de temps vous est accordé...la porte vient de se refermer et c'est sur votre silence, sur vous et lui, sur tout et rien qu'il faut parler.

Il est bon de connaître la recette de s'octroyer de n'avoir pas envie de communiquer, mais il est bon de savoir aussi qu'elle ne suffira en rien à vous faire taire...

Le médecin semble entendre dans votre tête, et dubitatif dodeline de gauche a droite a vous donner des excuses, faire cas d'une incapacité qui tout a coup vous parait palpable et prend de l'épaisseur...bien sur! Voila ce que vous avez! vous en êtes tout reconfiguré!

Alors vous lancez trois mots, ce sont les mots les plus importants de toute une vie! ceux des préliminaires d'une autoséduction!! vous dites par exemple d'emblée, conscient d'oser quelque chose d'extrêmement difficile: cette nuit j'ai fait un drôle de rêve! (ainsi vous prenez le grand Shoos avec seulement une edelweiss en descente, pattes arquées sur la pente, les skis en chasse neige sur ce verglas que vous pressentez, a vous maudire d'avoir souhaité ces vacances à la neige! )

Et bien a peine prononcés ces mots, la formule magique opère et ...voila le téléphone qui sonne , un glissement des yeux du médecin vers vous, (avant il n'avait pas du tout eu l'air de vous voir, mais en fait tant mieux vous êtes barbouillé de vous souvenir du repas d'hier soir que vous n'avez pas reussi a digérer,ce pretexte d'inviter des amis qui vous a laissé tout seul.

Et puis aussi vous avez parcourues les rues jusqu'au cabinet, a voir quantités de têtes silencieuses et soucieuses dont vous ne pouvez défaire votre pensée, pas plus qu'il n'est possible de vous souvenir d'un visage en particulier, comme si de les avoir croisées auguraient de cette eventualité d'être ou non soigné...

)Enfin bref vous êtes là, et susceptible mais peut être aussi coupable? oui coupable! vous êtes coupable de vos difficultés et de ne savoir trop a quoi les attribuer, comme il est probable que vous soyez assez intelligent pour les résoudres vous même tandis que la silhouette du medecin se dessine et prends corps devant vous...

Et vous venez d'engager, de vous engager, maladroit sur la pente raide de l'intimité?, c'est exactement ce que l'on vous demandait...ah bien oui il a l'air (le médecin)il est (c'est certain), avide de cela!

Et bien ça y est..? et bien alors ce rêve!..

Ah oui mais il y a le téléphone! Et l'oreille tout a coup disloquée du médecin devant vous. Brutalement vous êtes misérable et infime, et vous entendez au hasard en ayant la furieuse envie de disparaître du tableau, gênés aux entournures de la tournure que prends cette situation, a la tournure que prennent les mots malgré vous, muré dans le silence, poli et fixé , fermé, dans le bureau, comme planté net a la situation,il semble que vous ne soyez rien de moins qu'un beau prototype attrapé à la chasse aux papillons , et vous n'osez plus respirer, souffle coupé par le téléphone décroché.

Vous sentez monter l'une des grandes marées de votre ignorance et vous vous condamnez de ne pas parler le jargon du métier...toutes ces années a devoir s'installer a cette chaise! Combien pour lui a s'asseoir dans le fauteuil?...

C'est comme ça d'ailleurs que les valeurs du temps se désaccordent en consciences, il faut être tout de même capable d'une certaine science pour tirer leçon de cela, se mettre a part, donner un age a ceux qui viennent interroger silencieusement votre mémoire.Ne pas trop en dire: le médecin pourrait être mon fils...non non non ne pas lui dire, s'impliquer aussi intimement, les pudeurs leurs contre ordre...et je décide de ne rien en dire!

Qu'en est il au final de cette chose silencieuse qui conspire?
Vous en étiez là de votre silence, et dans le tourbillon d'un cauchemar le voila qui commence...Et bien non ce n'est pas a vous qu'il s'adresse, fierement le voilà qui antonne:" oh lui il est fou amoureux de sa mère...tendance paranoïaques , huum huum ...oui.... je suis pour donner suite de la manière suivante a notre partenariat concernant notre patient.."

Ah! assis en face vous devinez qu'il s'agit donc d'un confrère, flatté vous vous dites que vous êtes digne sinon de comprendre, du moins de prendre place au triangle des bermudes qui vous ressemble alors, petits signaux que vous faites a ne rien dire mais où tacitement on vous implique? sûrement? sinon pourquoi évoquerait il ce diagnostic qui n'est pas pour vous, là, devant vous?

Pas question de se laisser aller a l'égoisme ou a la jalousie,vous n'êtes plus seul, ah mais alors ça plus du tout!
Et si la foule que vous avez en mémoire, toute invisible et indiscernable, cette soupe silencieuse dans votre pensée, se rendait en fait au même endroit? justement là ou vous en etes dans votre tête, seriez vous le signal qui donne un quelconque départ, le point d'orgue a un collectif cauchemar ?

Affluent une foule de propos dont vous n'êtes pas, songeur et mélancolique, vous visionnez une nouvelle fois cette foule que vous avez traversée pour venir, pauvre d'elle!
Elle est toute là, elle evoque une troupe de zombies inévitable, vous n'etes que cette étincelle de vous en souvenir vous ne savez rien d'autre que lui appartenir corps et âme...et vous!( petite etincelle qui se rallume, faux contact inespéré) quel courage de braver les interdits de ce qui se dit a etre en consultation, ici...
il n'est pas question avec le verbiage au telephone de partager quoi que ce soit de votre envie de quitter la chaise, de passer la porte sans un mot.Juste avant que le médecin raccroche vous lancant cette excuse: "savez vous combien de patient je reçois ici? 150...le regard furieux...150...vous réalisez?.
Vous dansiez vous frétilliez sur la chaise, comme une abeille qui indiquerait une ruche dont le miel serait de fiel, à considérer pour cette spécialité de la psychanalyse et d'envoyer les médecins y travailler, butiner...Ah bon sang que vous êtes utile! et pour pas un rond! a charge de la profession de faire reconnaître son droit, quand bien même elle vous passera sur le corps!...vous n'étiez qu'un détail dans le décor! patient, patiente...avez vous encore assez de médicament? ou je vous prescrit une nouvelle ordonnance?Et, est-ce efficace?

Incapable de cerner la menace vous envoyez des signaux contradictoires en espérant qu'il en surgira quelque chose...voire de devoir avaler la pilule!, mais pas de mauvais esprit, vous savez que vous n'êtes pas venu là pour rien et vous entonnez votre petit refrain..

Et bien docteur (plus que trois minutes avant que de devoir se lever de la chaise et serrer la main du médecin, plus que quatre avant d'oublier là des miasmes a espérer que le docteur saura trouver une issue, vous croisez les doigts a cette idée) et bien il me reste encore du theralène...d'ailleurs il n'est pas super ce truc...(il faut bien penser quelque chose, on n'est pas des bêtes!)...Vous avez oubliés en court de route a la foi l'instant qui vous a vu ingurgiter le comprimé, l'heure qu'il était, et l'effet retard vous fait dire alors en s'insurgeant que vous êtes tellement endormi encore ,qu' il est impossible de s'ajuster a cette réalité là, juste devant vous! : Ce docteur qui s'inquiète pour vous.

Tandis que vous ignorez tout de ce qui pourait le rassurer ou non.Bon ben c'est pas le tout!

Debout devant la porte ouverte un drame se déjoue de la poignée de main amicale qui se tend ...Vous êtes symbole de douleur et aussi un peu machine a sous...Et vous n'y entendez rien du tout a ce qui s'additionne et se divise malgré vous...alors au revoir et au prochain rendez vous, passez voir la secrétaire, bonne chance
C'est ainsi qu'en décousent parfois, envers et endroits, au moins dans ce cas le revers de se voir jeter dehors seul, diminue ses dangers a la poignée mains échangée...aurevoir Docteur!
Mais enfin pourquoi j'ai encore si peur?Toute cette foule a circuler, et moi qui me fait soigner?
Allez j'entonne une petite chanson! moi je peux me passer de raison, je suis bien soignée, je suis bien soignée, et la pharmacie j'habite juste à côté, c'est remboursé, c'est remboursé....

réactions : 5
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Voici les 5 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 06/08/08 à 22h09
 06/08/08 à 15h49
Interminable !!!!
Faites court, juste une fois !
 06/08/08 à 11h36
 06/08/08 à 11h30
L'aération a du bon
n'en finit pas de se blesser, pourquoi ne pas faire appel à un psy en effet...