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Motörhead au zénith le 7 décembre 2006
 Motörhead au zénith le 7 décembre 2006
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catégorie : critique ou information sur l'oeuvre ou l'artiste
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J’arrive vers 20 heures au Bicloune Café où j’avais donné rendez-vous à mes potes de quartier.
Ne les voyant ni là, ni dans les bars alentours, je m’installe au comptoir juste à côté de deux mecs qui discutent tout en sirotant leur Leffe.
Quand je passe ma commande, la serveuse me demande si je vais « au spectacle ». Lui répondant oui, elle dit à mes deux voisins de ne pas me laisser seule dans mon coin et les invite à discuter avec moi. Je lui répond que je ne veux pas leur parler parce qu’ils me font peur. On se présente, on trinque, on discute, puis ma bière terminée, je leur dis « à tout à l’heure ! » avant de me diriger vers le Zénith.

Arrivée au Zénith, je vais directement vers le bar qui se trouve vers l’entrée D et F qui mène aux gradins. Attendant patiemment qu’une place se libère, je fais connaissance avec un mec qui est venu spécialement de province avec des amis pour voir le concert. Ils se sont arrêtés dans le même hôtel que Lemmy, sauf que pas de chance, Lemmy y était la veille alors que eux, n’y seront que ce soir. Mon comparse est un peu déçu parce qu’il aurait bien voulu passer une soirée en compagnie des zicos et surtout de Lemmy.

Après avoir commandé ma bière et je revois mes deux comparses du Bicloune qui me disent tout de suite, se sentant pris en flagrant délit, qu’ils n’ont pas fait exprès de se retrouver comme par hasard dans mes parages. Je leur rétorque que je ne les crois pas une seule seconde et les soupçonne de m’avoir suivie exprès parce que ce sont des flics en civil et que d’ailleurs, ils en ont tout à fait l’air.
Nous parlons un peu plus longtemps qu’au bar.
Me questionnant sur le pourquoi de ma présence ici, je leur dis que c’est grâce à un pote de mon quartier qui ne jure que par eux (et aussi par AC/DC) et qui met très régulièrement leurs albums quand je vais chez lui. Je suis donc ici parce que Motörhead fait partie des groupes de rock cultes à voir absolument au moins une fois dans sa vie pour ne pas le regretter plus tard quand ils ne feront plus de concerts.
Un de mes deux comparses me dit que la boite de T-shirt de Motörhead est en procès avec la chaîne de magasins H&M parce que depuis que Nolwenn Leroy s’est exposée dans Voici avec un de leur T-shirt, H&M a vu arriver de loin le gros tiroir-caisse et a profité de cette occasion pour vendre dans le dos du groupe des T-shirts de toutes les couleurs à leur effigie.

Je laisse mes comparses leur souhaitant un bon concert pour faire un petit tour afin de retrouver mes potes de quartier.

Je croise Patrick Lemarchand, ancien batteur de Parabellum qui joue maintenant avec B Roy et sa bande. Je discute un peu avec lui puis le laisse pour continuer à chercher mes potes que je trouve enfin.

Comme ils n’avaient pas trouvé le Bicloune, ils sont venus directement au Zénith pour boire des coups.
Ils ont vu la première partie qui n’était apparemment pas terrible.
Un de mes potes est tout content d’être là parce que ce serait le dernier concert en France de Motörhead. Ouf ! Heureusement que je suis là ! Lemmy a fêté ses 60 ans l’année dernière (en 2005).
On entend déjà beugler dans la salle.
On finit notre bière pour aller voir ce qu’il se passe.
Nous arrivons dans la fosse, par le côté gauche. La salle toute excitée, beugle Motörhead ou Lemmy à gorge déployée.
J’ajuste mon cuir et mon T-shirt à manches longues autour de ma taille pour être prête à foncer dans la fosse aux lions au moment venu.

Les lumières s’éteignent.
Un énorme cri retentit dans toute la salle. Je préviens mes potes que je trace devant.

Arrivent sur scène Lemmy, le guitariste Phil Campbell et le batteur Mikael Delaoglou.

C’est parti pour s’en prendre plein les oreilles !

Le batteur est derrière au milieu, le guitariste est sur la gauche et Lemmy est sur la droite.
J’avance petit à petit vers le devant et arrive à me placer juste en face du guitariste.
Ca pousse dans tous les sens : vers la droite, vers la gauche, vers l’arrière, vers l’avant. Il faut faire attention de bien rester stable sur ses deux pieds pour éviter de perdre l’équilibre et de se retrouver par terre.
Je suis un peu écrabouillée de partout.
Au bout d’un moment, ça me saoule trop. Je me recule tout en allant vers la droite pour essayer de me mettre vers le milieu de la scène. Je me trouve une place juste entre le guitariste et Lemmy où ça bouge un peu mais pas trop, mais juste derrière où ça bouge le plus. Les gens autour de moi sont à fond dans la musique. Ca pogote à mort devant, ça bouge sur la droite et sur la gauche, par contre, derrière moi, c’est tranquille.

Je suis juste derrière un mec qui porte un sac sur son dos et qui bouge dans tous les sens.
La toile du sac qui n’est pas du tout lisse irrite mes bras nus. Je m’aperçois que le sac est ouvert. Je chope le mec et le lui beugle. Je l’ai subitement arrêté dans sa transe. Il me fixe avec un regard interrogateur. Je le lui répète plus fort en montrant son sac. Il me remercie, quitte son sac de ses épaules, le referme et me re-remercie. Ce petit intermède l’a complètement calmé : il ne bouge plus trop.

Juste sur ma droite se trouve un couple. La fille est juste devant son mec qui la protège en l’entourant de ses bras au bout desquels des poings fermés repoussent les agités qui viennent les bousculer.
Ca bouge bien mais c’est pas violent.
Autour de moi, il y a beaucoup plus de mecs que de filles.
L’ambiance est très relax.

Je suis pile poil en face de Lemmy et juste derrière l’endroit ou ça pogote pas mal.
Il faut que je deale entre les pogoteurs qui sont juste devant moi, et les gens plus calmes qui les repoussent - et donc moi aussi par la même occasion - qui sont juste derrière.

Un mec soulève son pote pour qu’il slamme mais il retombe dans les profondeurs de la foule un mètre plus loin. Les gens autour de lui le relèvent, le reportent pour qu’il continue son chemin un peu plus longtemps sur la foule.

Je me prend par ci par là des coups non volontaires. Il fait chaud. Ca fait déjà quelque temps que je transpire. Je me reçois quelques gouttes de sueur venant de la chevelure trempée d’un mec qui se trouve juste devant moi. Pendant une bousculade, ma joue touche ses cheveux. Beeeeeeeeeerk ! ! ! ! ! ! ! Je m’essuie en vitesse et continue de bouger et sautiller.
Le mec qui protégeait sa copine enfonce ses poings dans mes côtes. Je me retourne vers lui pour lui dire que c’est pas gentil, ça fait mal.

Ca pousse dans tous les sens. Les gens devant moi se reculent brutalement à cause du pogo. Les gens derrière moi, repoussent toujours les pogoteurs vers l’arène pour se protéger.
Un mec à grosse carrure surgit subitement de derrière pour se placer juste devant moi. Il s’agite comme un fou. Il est en transe ! Ca doit être un de ses morceaux préférés.

A un moment, Lemmy présente un morceau de 1984 nous disant que nous n’étions pas encore nés. C’est vrai qu’il y a pas mal de jeunots mais il y a aussi pas mal de vieux rockers : le public est assez mélangé.
A chaque fin de morceau, tout le monde beugle en levant les bras au bout desquels les doigts se forment pour faire le signe du diable.

Arrive le solo de batterie qui dure pas mal de temps. Le batteur, tout seul sur la scène, met le feu. Il est très bon. Les gens en admiration ne bougent plus : ils écoutent bouche bée la performance.
Au bout de 10 minutes, reviennent Lemmy et le gratteux.

Je profite d’un moment de répit pour m’avancer un peu. Je dépasse l’endroit du pogo pour me retrouver juste devant. Je continue d’avancer petit à petit : j’ai envie de les voir d’un peu plus près. Plus j’avance et plus il faut lutter pour se faire une place. Je me retrouve presque devant, au cinquième rang, écrabouillée de tous les côtés, juste entre le guitariste et Lemmy. Je me prends à plusieurs reprises dans la tronche, un coude venant d’un mec qui met son bras sur l’épaule de celui qui est juste devant lui. Je le vire régulièrement parce qu’il me gêne. J’essaie d’avancer un peu plus mais les gens devant moi sont tellement autant écrabouillés que moi que je n’arrive pas à me frayer le moindre chemin pour passer devant eux.

C’est la fin du premier set.

Ca beugle à mort dans la salle.

Le groupe revient pour enchaîner quatre ou cinq morceaux.
J’extirpe mes bras vers le haut pour frapper en rythme dans mes mains. Je me prends des coudes dans les côtes. Je reçois un peu d’air frais. Cool ! ça fait du bien !
Ca slamme un peu. Quelques mecs passent au dessus de moi. Je fais attention pour ne pas me prendre un coup de pied sur la tête et vérifie que la personne ne s’écroule pas sur moi.
Oulala ! Que c’est dur d’être écrabouillée comme ça ! J’ai une envie subite d’écartelage pour rétablir tout ça.

Deuxième rappel.

Le batteur troque sa batterie et le guitariste, sa guitare électrique contre chacun, une guitare classique tandis que Lemmy chante et souffle dans un harmonica.
C’est parti pour un morceau acoustique.
Suivent deux ou trois morceaux plus rock et le concert est déjà fini.
Le guitariste et Lemmy balancent à la foule en délire des médiators. Ca rigole pas ! Les mecs veulent absolument récupérer le médiator du concert. Ca se bouscule. Ca se précipite par terre pour récupérer l’objet culte. Les trois musiciens saluent la foule et quittent la scène sous des applaudissements et des hurlements des rockers en délire.

Je m’approche des barrières. Tout le monde réclame des médiators aux roadies et aux mecs de sécu du no man’s land.
Mon T-shirt est autant trempé que s’il sortait de la machine à laver, tout comme mes cheveux.
J’attends un peu que la foule se dissémine.
Les mecs de sécu demandent à ceux qui sont encore là de regagner la sortie, ce que je fais.

Arrivée dans la coursive, je cherche mes potes que je retrouve assez rapidement près du bar.
Je leur demande tout de suite s’ils ont aimé le concert. Très enchantés, ils me répondent que c’était trop bon.

Dans la coursive, des gens chantent la musique d’Ennio Moriconne qu’on entend régulièrement à la Cantada pour annoncer la fermeture du bar.

Sur le chemin du retour je n’ai en tête aucun morceau des Motörhead. Je n’ai que cette musique d’Ennio Moriconne qui s’estompe au fur et à mesure que je me rapproche de chez moi.

Voir un groupe culte tel que Motörhead, ça fait du bien !

: o )
réactions : 29
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Voici les 29 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
et je ne dis jamais que je ferai plus court pour le prochain parce que j'ai pas envie de faire plus court
: o )
pffff!
et re-pffff!
 12/11/07 à 08h39
c'est une horreur !
ce sont à peine des terriens
 12/11/07 à 08h38
fais bien attention de ne pas te le prendre sur la tête
: o )
 12/11/07 à 08h37
ça dépend quelle musique
pour les cheveux, c'est une fois tous les trois mois
: o )
 12/11/07 à 08h36
il n'y a pas eu des poussins massacrés gratuitement
heureusement !
 12/11/07 à 08h35
j'ai pas fait attention s'il y avait des prompteurs installés vers le haut
MDR je voudrais bien voir à quoi ressemblent ces mecs qui font peur à CHAMANE !!!
 11/11/07 à 22h31
t'écris pas souvent
mais quand tu le fais
ça envoie du bois !
et après tu dis que c'est la musique qui te soule.
Tss, tssss, on me la fait pas à moi

Et sinon, tu laves souvent tes cheveux au lave-linge ?
Une légende urbaine que j'aime bien: à une époque un roadie amenait une cage remplie de petits poussins sur scène et les Motorhead éclataient les petits poussins avec ce qu'ils avaient sous la main, guitare, basse, rangers... hi hi
Qui lui donne ce timbre de voix.
Ou si il cherchait sont texte au plafond ?
pour les concerts qui s'éternisent, j'ai vécu la même chose avec clapton au zénith en 1990
clapton était plus en représentation qu'autre chose, il jouait une note toutes les vingt secondes, et encore.....
ça nous a tellement gavé qu'on a passé tout le concert à discuter dans la coursive

pour james brown que je n'ai jamais vu, c'est apparemment pas mieux
avec tous les numéros-spectacles à deux balles du genre tours de magie ou danseuses en tutu, james n'est sur scène que même pas une demie heure
 11/11/07 à 15h44
Par contre certains concerts ne durent pas: ils s'éternisent... genre le dernier Bowie à Bercy... au secours! Quelle horreur !
Ceci dit, j'ai passé pas mal de concerts au bar, ou a regarder de quel côté allait arriver le prochain coup... donc, du moment m'on me laisse l'ouïe (louie: je sais trop facile celle là, mais bon, someone's got to do the jo
et surtout quand c'est intense
iggy and the stooges dépassent rarement une heure !
quand le groupe nous transporte dans une autre dimension, toutes les notions de perception du temps et de l'espace se métamorphosent totalement
: o )
route,...C'était salle rhénus à strasbourg, à l'époque du LP "Overkill" je crois, un concert extra court : 1 h 20 environ mais un son très bon (vu la salle) et pas de relache d'un bout à l'autre, l'équivalent d'un coup de massue... la grande classe, tu penses immanquablement à ...Hawkwind et ses shows avec danseuses nues et spots dirigés vers la salle...
mais ça va venir
 11/11/07 à 15h15
je n'écris pas un com' en une seule soirée
faut que je les relise et les changent cinquante mille fois avant de les poster
: o (
 11/11/07 à 15h14
: o ) : : :

fais attention à toi !
à force de se pâmer, on devient aveugle
ce serait dommage pour les concerts
: o )
 11/11/07 à 15h13
j'étais un peu trop petite en 82 mais j'imagine que le concert devait être inoubliable
c'était dans quelle salle ?
je confonds avec les Frères Jacques
onze mois pour pondre un com aussi surréaliste !
.... à côté de ce récit, la promenade de Martin Sheen sur le Mekong ressemble à un épisode de "Dora l'exploratrice" !!!
Je suis étendu par terre, les bras en croix devant votre commentaire.
Sonic Kamikaze you are.
Respect total.
Encore un commentaire comme ça et je me pâme complétement !
la première fois aura été peut etre le concert de ma vie (façon Stooges), le second que du bruit, mais ils sont assez inconstants il faut le dire...
 11/11/07 à 14h22
: o ) ) ) ) ) )

et les murat, miossec, delerm et compagnie ?
: o )
 11/11/07 à 14h04
C'est un truc de tarlouze
 11/11/07 à 13h34
chuis habituée de ce genre de parcours du combattant
il me donne toute l'énergie dont j'ai besoin
: o )
c'est ce que tu voulais...