Technikart

la rencontre par affinités culturelles

  1. Rencontre des femmes et des hommes qui partagent vos passions.
  2. Créez vos listes d'oeuvres et d'artistes préférés
    parmi + de 2 millions de références.
  3. Partagez vos goûts, émotions, réactions en cinéma, musique, lecture, médias.
La malédiction
 La malédiction
rediger un nouveau commentaire sur Moi et mon chat ?
catégorie : chronique
corps du commentaire en taille petitecorps du commentaire en taille moyennecorps du commentaire en taille grandeimprimer ce commentaireenvoyer ce commentaire à un ami
Je regardais mon chat Philémon faire sa toilette.
Au début, je l’avais nommé Philémon Cyclone, comme le savant bien connu, pour la fâcheuse tendance qu’il avait, étant petit, à dévaster l’appartement de ses galopades effrénées. Heureusement, un petit séjour chez le vétérinaire l’a ramené à un comportement plus en accord avec une vie bourgeoise pour l’essentiel composée de siestes et de câlins entrecoupée d’allers-retours réguliers entre sa gamelle et sa litière suivant le théorème selon lequel tout ce qui entre d’un côté doit un jour ou l’autre sortir de l’autre côté, le corps poilu de l’animal n’étant là que pour assurer le transit et la fabrication des odeurs, ce en quoi, je l’avoue, il excelle.
Le cyclone disparu, il ne resta que Philémon...
En le regardant donc, dans cette position où l’on dirait qu’il joue du violoncelle, j’ai réalisé à quel point on pouvait envier sa souplesse. Car enfin, ce n’est pas pour dire, mais peut-on vraiment pardonner au créateur d’avoir doté cet improductif crétin à quatre pattes de ces prouesses gymniques qui nous laissent rêveurs alors que moi, pauvre humain débordant d’imagination, suis souple comme un verre de lampe !
En plus, en fond sonore, on entendait passer la Gay Pride et franchement, je dois bien reconnaître que je ne déborde pas pour cette manifestation d’un enthousiasme délirant. Cette constance qu’ont chaque année des hommes plus ou moins jeunes, plus ou moins beaux, à s’exhiber en strings de cuir noir cloutés et à se dandiner au rythme d’une techno insupportable m’a toujours semblé pour le moins discutable. Malgré ma naturelle bienveillance et pour les déviations une curiosité qui frise l’obsession, je ne crois pas que cette parade puisse d’aucune façon faire revenir sur leur position tous ceux qui pensent que les homos, c’est tous des pédés ! À ce sujet, mon concierge hispanisant me confiait encore l’autre matin en vidant les boîtes aux lettres de prospectus nous promettant de redonner à nos fesses la fermeté que nous aurions perdue à consommer deux pizzas pour le prix d’une : “Quand yé bois ces types qui rémouent leurs derrières, yé envie de leur voter lé cou !”
En ramassant mon inintéressant courrier, je fis celui qui voyait bien de quoi il retournait et qui n’en pensait pas moins, mais que, d’aucune façon nous ne saurions ni lui ni moi être confondus avec cette engeance pécheresse !
Ça m’a rappelé la pensée profonde que se plaît à propager cet animateur de télé, éternel jeune homme sur qui le temps ne semble pas avoir de prise, d’autant plus que son complice s’est une bonne fois pour toutes résolu à être des deux celui qui porte les cheveux blancs : “Pourquoi les chiens se lèchent-ils les coucougnettes ? Parce qu’ils le peuvent !” Et je me suis dit que si nous étions nous aussi capables d’une telle souplesse, d’une telle flexibilité de l’épine dorsale, si nous pouvions nous sucer et nous lécher tout ce que nous voulions, quel besoin aurions-nous d’aller ailleurs chercher d’autres personnes pour nous procurer ces délicats plaisirs, et on aurait, croyez-en mon expérience, beaucoup moins de mariages homosexuels ou non, d’adultères et autres contraintes buccogénitales !
Si Dieu était le brave homme qu’on se plaît à vouloir à tout prix nous vendre, qu’on me dise pourquoi aurait-il accordé cette faculté d’assouvir leur lubricité à des animaux ingrats qui n’ont jamais été foutus de construire la moindre cathédrale en croquettes en guise de remerciement ! De là deux hypothèses : soit celle où Dieu existe mais ne nous aime pas, ce qui ne peut que pousser tous les croyants au suicide, soit celle où il n’existe pas, ce qui nous débarrasserait de ceux qui restent. Parce que, sil existait, il n’y aurait pas besoin d’aller chercher bien loin qui est le responsable de toute cette homosexualité frénétique et de cette pitoyable exubérance autour d’une malédiction dont il n’y a vraiment pas de quoi être fier. Si vous voulez mon avis.
Sur ce réjouissant constat, je rentrai chez moi où m’accueillit un Philémon à peine sorti de sa sieste matinale et qui, fort de son amour pour moi et des croquettes Beaupoil® (“Pour un minou soyeux, croquettes Beaupoil !”) s’empressa de dessiner autour de mes chevilles le symbole de l’infini !...
Une fois qu’il eut compris que ce n’était pas l’heure et que je ne céderai pas à sa flagornerie, il s’en retourna en maugréant vers le canapé où il se mura dans une pose hautaine et tergiverse !
Quant à moi, encore troublé par toutes ces pensées érotiques, je me rendis sans tarder aux toilettes pour procéder avec les moyens que m’a donnés la nature à quelques caresses libératoires...
Et mon Dieu, non, je n’avais pas honte.
réactions : 15
lectures : 829
votes : 15
Voici les 15 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 02/07/08 à 14h52
Bruegel, je sais pas, mais Jérome Bosch, y ment !
Ça c'est sûr.
Mon pote Ed, son jardin est tout craquelé et boursouflé de taupinières.
Alors qu'on ne vienne pas dire que le jardin d'Ed est lisse !
Peuchère.
Maintenant la réac du siècle :
Il y a du Brue-qu'est-ce qu'elle a ma -gel chez cet homme-là !
>auborddufleuve (en attendant de voir passer le corps de ton ennemi ?) : merci.
>UnCerf (qui bande comme) : c'est ben vrai ça !
>la_petite : eh oui, les chats chassent et les matous matent.
>skyy : ah, je vois que tu as essayé !
>jelesouhaite : on fait ce qu'on peut...
>kateforlost : pourquoi ce conditionnel ? Ronronnons tous en coeur !
>Paradizes : ah, de grâce, ne me tentez pas !...
>reinette : oui, je sais, je sais... c'est plus fort que moi.
>Bertille : sourire du soir, peignoir dans l'entonnoir !
>sirius : il a tout du félin, fait l'autre.
>Arba : de là à Vannes ?
>scriptural : je savais qu'elle te plairait.
miaou !

une pose tergiverse : je l'ai bien notée, celle-là.
 30/06/08 à 22h02
Arba
pas étonnant qu'on s'astique le cigare...

Du style... jusqu'aux latrines
je regrette que les caresses libératoires
relèvent d'une hygiène aussi peu poétique,
aussi "convenue " la chasse "ou les clous...
Oui, la souplesse et le naturel sont bien
uniquement félins.
... un doux délire humain, si humain.
Merci pour ce sourire du soir !
 30/06/08 à 20h44
 30/06/08 à 20h26

ne peuvent s'adonner à la pratique si joliment décrite par notre ami Dil et tante, notre poète animalier préféré, ça n'est pas en raison d'un manque de souplesse mais parce que leur outil n'est pas assez long !
Par ailleurs , renseignements pris, les chats chassent "à vide"(courses folles au travers de l'appartement!) ... l'instinct reste *****
 30/06/08 à 17h37
Il ne faut pas dire de mal de la masturbation. Après tout c'est un moyen de faire l'amour avec quelqu'un qu'on aime.

Même si l'on peu parfois lui reprocher un manque de souplesse...
 30/06/08 à 17h22