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Riget (the kingdom)
 Riget (the kingdom)
rediger un nouveau commentaire sur l'hôpital et ses fantômes
catégorie : chronique
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"Le grand hôpital de Copenhague repose sur d’anciens marais qui servaient, jadis, aux blanchisseurs. Ils y étendaient de grandes pièces de tissu. La vapeur qui s’en dégageait enveloppait le lieu d’un brouillard permanent.
L’hôpital y fut bâti des siècles plus tard. Les blanchisseurs ont fait place aux médecins, aux chercheurs, aux plus gros cerveaux et à la technologie de pointe. Pour achever leur oeuvre, il l’on nommé : Le Royaume. Ignorance et superstition sont bannies à jamais du bastion de la science.
L’arrogance et le mépris des forces spirituelles a peut-être trop duré. Car il semble que le froid et l’humidité soient revenus. Des signes de fatigue apparaissent au sein de cet édifice moderne. Aucun être vivant ne s’en doute encore mais… les portes du Royaume s’ouvrent de nouveau."

C’est ainsi que commence chacun des épisodes de cette mini-série écrite et réalisée par Lars von Trier. Une première saison datant de 1994, une seconde en 1997, qui ont été diffusées il y a déjà quelques années sur arte, et qui sont sorties l’année dernière dans un coffret de quatre DVDs, en vostf.

L’action se situe donc dans l’hôpital de Copenhague, mais ne vous attendez pas à des scènes à la Urgences. Lars von Trier prend au contraire un malin plaisir à instaurer une certaine lenteur pour mieux jouer avec nos nerfs.

On croisera dans cet hôpital un directeur qui ne comprend rien au fonctionnement de son établissement, un chef de service un peu fou-fou, un médecin suédois odieux, imbu de sa personne, incapable de reconnaître les faits lorsqu’il commet une erreur médicale, un interne qui n’arrive pas à se soumettre à la hiérarchie et qui se livre à de petits trafics dans l’hôpital, un étudiant amoureux d’une infirmière de 20 ans son ainée et prêt à tout pour attirer son attention, une vieille dame adepte de spiritisme simulant un trouble neurologique pour se faire hospitaliser et comprendre se qui se passe dans cet hôpital, deux employés trisomiques à la plonge qui commentent et anticipent les événements, une loge maçonnique aux rituels étranges…

Voilà pour les personnages vivants et réels.
Parce qu’on rencontre aussi le fantôme d’une petite fille qui hante l’hôpital, une ambulance sans chauffeur vieille de 100 ans qui revient toutes les nuits, un chien possédé par un esprit, un fœtus qui grossit étrangement vite…

L’atmosphère est lourde dans cet hôpital, le surréalisme et l’horreur s’installent rapidement (d’ailleurs, la série est interdite aux moins de 12 ans en France). L’impression de malaise permanent est accentuée par les tons sépia de l’image, et l’absence quasi totale de musique dans la bande son.

Heureusement pour nos nerfs, le réalisateur nous offre quelques moments de répit, grâce à certaines scènes qui reviennent régulièrement, instaurant un comique de répétition salutaire.
L’arrivée du médecin suédois qui enlève chaque matin les jantes de sa Volvo (voiture suédoise) pour éviter de se les faire voler par les gamins qui trainent aux alentours de l’hôpital, la conférence journalière des médecins lieu de règlements de comptes et de coups bas, les visites surprises du directeur complètement dépassé par les événements, sont autant de moments que l’on retrouve avec plaisir afin de reprendre un peu son souffle et se détendre.

De la même façon, les apparitions de Lars von Trier à la fin de chaque épisode, pour commenter ce qui vient de se passer avec un petit sourire narquois, un peu à la manière d’Alfred Hitchcock, permet de décompresser entre deux épisodes, qui sont finalement assez longs dans le découpage proposé sur DVD (75 minutes en moyenne).

Mais ne vous y trompez pas, ces moments de répit ne sont là que pour faire diversion. Car ce qui nous tient en haleine tout au long de ces épisodes, c’est bien le fantastique et l’horreur suggérée des événements.
Et l’on s’attache à Sigrid Drusse, dont on sait qu’elle n’est pas si folle que ça ; on s’attache à la petite Mona devenue un légume suite à une intervention chirurgicale ratée ; on s’attache comme Judith à Lillebror (Little Bro - Petit frère) malgré ses difformités ; on s’attache à Mary, bien qu’elle soit morte en 1919…

"Car lorsque le tigre est blessé, lorsque le démon est invoqué, lorsque les murs se mettent à pleurer, il ne nous reste plus que le dévouement et la compassion pour nous en sortir."
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Voici les 4 dernières réactions à ce commentaire
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Mais pas les moyens de m'acheter le coffret.
J'attendrai encore un peu.
"danois de mes fesses" a disparu dans la version sous titrée du dvd...
c'est devenu "cochons de danois" si je me rappelle bien!
hors des sentiers battus et concept original pour l'époque (1994), cette série m'a aussi beaucoup marqué, surtout l'ambiance malsaine.
si je pouvais noter, ce serait 5* car j'adhère à ton descriptif.
Tu as retranscrit avec beaucoup de détails (mais pas trop)