Il roule vite, très vite. On ne sait rien sur lui, seulement qu’il a fait le pari de relier Denver, au Colorado, à San Francisco, en californie. 1500 km qu’il veut faire en moins de 15 heures, au volant d’une Dodge Challenger. Le résultat est un film culte, dans la lignée de Easy Rider. Un film politique et existentialiste aussi.
Celui qui conduit, Kowalski, est un ancien flic et ancien du Vietnam. Et l’on va remonter sa vie jusqu’au point limite, ou « Vanishing point » le titre original, point de disparition. Son pari est une métaphore, celle de la fin du flower Power, l’épopée hippie, déjà rangée dans les tiroirs de l’histoire en 1971. L’Amérique a repris le contrôle.
Alors, celui qui le guide dans cette course sans issue est un animateur de radio, black et aveugle. Avec lui, tous les laissés pour compte de l’Amérique, ceux qui pleurent la fin des utopies, de la liberté, vont soutenir cet anti-héro qui remonte sa vie dans le temps
Point limite zéro fonce sans but dans le désert, en croisant tous les fantômes de la fin des années 60. Tourné en 1971, en seulement 28 jours et avec un budget d’un million de dollars, le film de Richard C. Sarafian est intemporel. Et un coup de poing dans la gueule des illusions perdues. Sa symbolique, ce « point de disparition », est bien celui d’une liberté, quête absolue et impossible, qui se termine brutalement
14 ans plus tard, en France, des journalistes du magazine « Moto Revue » voudront eux aussi aller le plus vite possible. L’entreprise est peut-être moins existentialiste ? Voire…
Au début de l’été 1985, leur idée, aller le plus vite possible entre Paris et Marseille, avec une moto, s’est ébruitée. Dans le milieu mais aussi dans les sphères de l’administration. Dans le secteur moto, tout le monde tente de les décourager : « très mauvais pour l’image de la moto, vous montrez le mauvais exemple »
Partie de la gare de Lyon à Paris, à 3h00 du matin, la moto, une Kawasaki 900 de série, arrivera à la gare Saint Charles de Marseille, où l'attend un huissier, à 7h00' 25''. Soit un temps de 4h00’ 25’’, A 195 km/h de moyenne pour 780 km
Tout est illégal. Une logistique de 20 personnes, qui communiquent par radio, a été prévue, dont trois pilotes. Les ravitaillements sont minutés. Les stations services collaborent et ont préparé des balisages au sol. A l’entrée Nord de Marseille, une puissante berline, avec gyrophare, est là pour ouvrir la route. Aucun radar ne fonctionnera cette nuit-là…
« Il ne m'est pas permis de penser. Pourtant, sachez que je suis capable de sentiments. Tenez par exemple, j'ai un faible pour la nuit : elle est la complice de tous mes délits » écrit l'un des pilotes, après un relai à 232km/h de moyenne. Comme une fuite en avant, absorbé par le trou noir
Dans le reportage qui sera publié le 1er août 1985, ils tenteront de justifier les raisons de cette aventure. Mais l’essentiel ne sera que brièvement évoqué : Comme pour Kowalski, l’anti-héro de « Point limite zéro », cet essentiel, qui prends la vitesse pour parabole, pourrait bien être quelque chose de cruel : la quête ultime de la liberté est impossible
Celui qui conduit, Kowalski, est un ancien flic et ancien du Vietnam. Et l’on va remonter sa vie jusqu’au point limite, ou « Vanishing point » le titre original, point de disparition. Son pari est une métaphore, celle de la fin du flower Power, l’épopée hippie, déjà rangée dans les tiroirs de l’histoire en 1971. L’Amérique a repris le contrôle.
Alors, celui qui le guide dans cette course sans issue est un animateur de radio, black et aveugle. Avec lui, tous les laissés pour compte de l’Amérique, ceux qui pleurent la fin des utopies, de la liberté, vont soutenir cet anti-héro qui remonte sa vie dans le temps
Point limite zéro fonce sans but dans le désert, en croisant tous les fantômes de la fin des années 60. Tourné en 1971, en seulement 28 jours et avec un budget d’un million de dollars, le film de Richard C. Sarafian est intemporel. Et un coup de poing dans la gueule des illusions perdues. Sa symbolique, ce « point de disparition », est bien celui d’une liberté, quête absolue et impossible, qui se termine brutalement
14 ans plus tard, en France, des journalistes du magazine « Moto Revue » voudront eux aussi aller le plus vite possible. L’entreprise est peut-être moins existentialiste ? Voire…
Au début de l’été 1985, leur idée, aller le plus vite possible entre Paris et Marseille, avec une moto, s’est ébruitée. Dans le milieu mais aussi dans les sphères de l’administration. Dans le secteur moto, tout le monde tente de les décourager : « très mauvais pour l’image de la moto, vous montrez le mauvais exemple »
Partie de la gare de Lyon à Paris, à 3h00 du matin, la moto, une Kawasaki 900 de série, arrivera à la gare Saint Charles de Marseille, où l'attend un huissier, à 7h00' 25''. Soit un temps de 4h00’ 25’’, A 195 km/h de moyenne pour 780 km
Tout est illégal. Une logistique de 20 personnes, qui communiquent par radio, a été prévue, dont trois pilotes. Les ravitaillements sont minutés. Les stations services collaborent et ont préparé des balisages au sol. A l’entrée Nord de Marseille, une puissante berline, avec gyrophare, est là pour ouvrir la route. Aucun radar ne fonctionnera cette nuit-là…
« Il ne m'est pas permis de penser. Pourtant, sachez que je suis capable de sentiments. Tenez par exemple, j'ai un faible pour la nuit : elle est la complice de tous mes délits » écrit l'un des pilotes, après un relai à 232km/h de moyenne. Comme une fuite en avant, absorbé par le trou noir
Dans le reportage qui sera publié le 1er août 1985, ils tenteront de justifier les raisons de cette aventure. Mais l’essentiel ne sera que brièvement évoqué : Comme pour Kowalski, l’anti-héro de « Point limite zéro », cet essentiel, qui prends la vitesse pour parabole, pourrait bien être quelque chose de cruel : la quête ultime de la liberté est impossible
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publié le 2 juillet 08