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D'encre et de peau
 D'encre et de peau
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catégorie : Non classé
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Ne pas se fier à l'ombre de la trapéziste sur la 1ère de couverture, ni aux lignes de la 4ème de couverture.
Elles vous livrent une interprétation, sont passées dans le filtre d'une pensée, d'un regard. Passez outre
Ouvrir, au gré du hasard de vos mains, les pages.

Nord de l'Angleterre, Morecambe, ville de mer, vie de mer. Des existences en voyages immobiles. Vous restez au bord, il n'y a qu'elle, cette eau qui connaît les partances. Grandir au bord de la mer, vous pousse inconsciemment à créer une géographie singulière. Une insularité,des lignes semblant prendre la tangente, reviennent au même point. Une vie au tracé d'empreintes digitales ou tenter d'inventer des évasions entre les déliés. Se situer à l'entre-deux...
Une mère avorteuse la nuit, patronne d'hôtel pour phtisiques le jour, un père marin porté disparu. Pour horizon, la mer. Les cartes aux figures imposées à Cyril Parks lui confère une destinée singulière ou prédestinée. Est-ce la respiration rauque des clients de l'hotel, un premier émoi amoureux contrarié, la personnalité de sa mère, l"énigme de la disparition du père, l'envie d'échapper au destin d'une ville au bord de la mer? A l'adolescence, se décide des univers, une incomplétude pousse vers une expression, un code en marge de ceux qui nous sont livrés depuis l'enfance: la musique, le dessin, le cinéma, les paradis artificiels. Pour Cy(Cyril), la rencontre avec Ripley, tatoueur l'initie à un monde où se mêle le donner à voir et le secret de "ce donner à voir". Les beaux-arts dans la marge, dans l'alcôve des cabinets d'encre et de peau. Une étrange relation au monde, où la réalité, l'Histoire dessinent des ombres sur un outremonde...

Rite, provocation, sublimation. Mystère, effroi. Le tatouage initie les mêmes réactions: attraction/répulsion. Meme pouls de l'oeil , de la mer: flux/reflux. Ecrire sur le scriputal, le pictural est un risque, soustraire le regard, le dessin au mort, à la comparaison. Ne pas se tenir uniquement à la suggestion. Il semblerait que Sarah Hall se soit donner cette règle d'écriture. Faire découvrir un monde sans le déflorer, rester sur les lignes des sensations, entrer dans le sillage des mémoires sensorielles.
Le point de vue adopté guide le lecteur en un fil de fériste entre esprit/corps, entre sacré/profane. La fascination de Cyril Parks se mue en art , nous suivons ce chemin. La métamorphose pciturale donne à la peau première le rôle d'un palimpseste. L'auteure évite la litanie des mythologies faciles(ancre, nom de la mère..), de lui donner un statut d'art mineur. Elle l'inscrit dans une légitimité, remontant le cours des mouvements artistiques (l'amante taouée appelée "ma chapelle sixtine", ne vous fera pas sourire). L'être tatoué se réinvente
permettant au passé de coexister avec ce nouveau présent, sans livrer l'énigme de son tatouage.
Le personnage de Cyril Parks ressemble pour sa curiosité effarouchée mais point craintive à Alice. Son regard a le goût de l'observation, témoin de choses à ne pas voir, à ne pas savoir.
Les personnages qu'il rencontre mêlent mystère et douleur, comédie et tragédie. La seconde partie de son voyage à New-York n'est pas sans rappeler "Le voyage en Amérique" de Franz Kafka. L'humanité d'Ellis Island vue par l'univers du cirque, donne au regard de Cy cette vision pionnière de la ville américaine, au sein de laquelle migrations, fantasmes, déchéance, destin, éphémère coexistent. L'écriture de Sarah Hall prend une dimension cinématographique, entre La strada de Fellini et L'homme de la rue de Capra. Toujours avec cette règle d'humilité. Les personnages féminins sont à la croisée de ces mondes, elles sont une réminiscence des femmes d'Hugo Pratt et des actrices italiennes des années 60/70.
Le personnage de Grace est de ceux qui vous font revenir sur vos pas de lecteur, comme un parfum vénéneux dont vous ne sauriez expliquer l'attraction.
Outre le thème de l'étrangeté, de la monstruosité (clin d'oeil à L'homme qui rit de Victor Hugo ?) du Michel-Ange Electrique, par le regard et les tracés de Cy, nous interroge sur la question de la beauté, sur le rapport au passé, sur les failles des êtres , sur la résilience de la peau à l'âme, le regard porté sur ce qui est autre.



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Voici les 4 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 29/01/07 à 23h46
et puis, un peu d effort dans la manière de le dire, aussi.
 29/01/07 à 20h09
erratum : fauT
Pour être l'un de ses premiers commentaires, c'est très bien...