Cela fait longtemps maintenant, trop longtemps assurément, qu’il arpente sans fin l’appartement.
Passant d’un meuble à l’autre comme devant autant de caches scellées, muettes, ou oubliées, il maugrée de n’avoir même pas l’envie d’entrebâiller les portes.
Peut-être doivent-elles rester closes ? Il ne le sait.
Si le sol avait été de terre tendre, il y aurait maintenant un sentier allant de l’entrée à la cuisine, de la cuisine au salon, du salon à la chambre. Sentier zigzaguant, évitant l’armoire ventre ouvert sur le passé, louvoyant pour ne pas toucher le bouquet aux fleurs brunies et desséchées, faisant un crochet à angle droit, éludant ainsi « l’autre » côté du lit. Sentier de contrebande, évitant les dangers des « zones » à risque, sentier de l’obscur que finalement même le chien suit, jour après jour.
Au matin quittant la zone hors temps de son appartement, il part travailler. Mais en lui c’est la même chose, la même immobilité, les mêmes chemins évités dans les entrelacs de son esprit.
Pourtant, chaque fois qu’il fait une rencontre, rien ne se voit. Tout à coup, le voilà qui s’anime, gesticule, rigole, raconte même des blagues. Marionnette animée pendant la journée, il semble que « son » marionnettiste l’abandonne dès la tombée du jour. Tous les projets formulés pour « dès » qu’il serait … chez lui, s’évanouissent au soir venu. La solitude, oui, ce cancer appelé solitude, c’est bien installé.
Trop longtemps à deux, l’isolement fauche les blés de son espoir. Ce n’est pas faute de faire des projets, c’est plutôt de se demander pour qui.
D’avoir si longtemps, tenu le bateau, gouvernail et voiles, par beau temps et tempête, dans un concert à quatre mains, le laisse sans les siennes aujourd’hui, pas pour les autres, non, juste pour lui. Orphelin de ses mains, il voit le temps qui passe avec une sombre inquiétude.
Rester ainsi, il ne le veut, il ne le peut, ce n’est pas lui.
Il voudrait bien être malade, juste une fois, après tout la vie lui doit bien cela, il ne l’a jamais été … malade, et ce n’est pas les chienneries de la vie qui l’on empêché de surmonter tous les obstacles.
Là, maintenant, il avoue ; il perd pied, il a plié genoux, nuque, fermé les yeux, espéré la foudre, le virus foudroyant, il s’est même vu mercenaire, pas pour défendre une cause, ou alors juste le temps de ne plus jamais revenir, juste le temps de recevoir dans le front son billet de sortie.
Mais avec la chance qu’il se paye et son indécrottable envie d’aider, il aurait trop peur de s’en sortir, cela ne changerait pas des habitudes. Certains lui ont dit : va dans une association pour « aider » ! Comment le pourrait-il, et puis même s’il le faisait, qu’est-ce que cela changerait pour lui ?
Passer sa vie à s’absenter de la sienne, il ne le pourrait, et aider les autres ne remplira jamais la béance en son cœur. Il sait ce qui manque, n’ose le dire, d’ailleurs à qui pourrait-il le dire ? Il ne cherche pas, il espère qu’on le trouve, qu’on lui donne l’occasion de montrer ce qui bouillonne en lui, toute cette tendresse emmagasinée, toute cette attention qu’il aimerait donner, ces ballades au clair du temps, ces odes encore à composer, ces pays à rencontrer, ces rires à provoquer, ces souffles à … roucouler.
Il tourne la clé et entre, le sentier est là à ses pieds, un instant il hésite, puis se dit « rien a changé » et reprend son parcours.
Passant d’un meuble à l’autre comme devant autant de caches scellées, muettes, ou oubliées, il maugrée de n’avoir même pas l’envie d’entrebâiller les portes.
Peut-être doivent-elles rester closes ? Il ne le sait.
Si le sol avait été de terre tendre, il y aurait maintenant un sentier allant de l’entrée à la cuisine, de la cuisine au salon, du salon à la chambre. Sentier zigzaguant, évitant l’armoire ventre ouvert sur le passé, louvoyant pour ne pas toucher le bouquet aux fleurs brunies et desséchées, faisant un crochet à angle droit, éludant ainsi « l’autre » côté du lit. Sentier de contrebande, évitant les dangers des « zones » à risque, sentier de l’obscur que finalement même le chien suit, jour après jour.
Au matin quittant la zone hors temps de son appartement, il part travailler. Mais en lui c’est la même chose, la même immobilité, les mêmes chemins évités dans les entrelacs de son esprit.
Pourtant, chaque fois qu’il fait une rencontre, rien ne se voit. Tout à coup, le voilà qui s’anime, gesticule, rigole, raconte même des blagues. Marionnette animée pendant la journée, il semble que « son » marionnettiste l’abandonne dès la tombée du jour. Tous les projets formulés pour « dès » qu’il serait … chez lui, s’évanouissent au soir venu. La solitude, oui, ce cancer appelé solitude, c’est bien installé.
Trop longtemps à deux, l’isolement fauche les blés de son espoir. Ce n’est pas faute de faire des projets, c’est plutôt de se demander pour qui.
D’avoir si longtemps, tenu le bateau, gouvernail et voiles, par beau temps et tempête, dans un concert à quatre mains, le laisse sans les siennes aujourd’hui, pas pour les autres, non, juste pour lui. Orphelin de ses mains, il voit le temps qui passe avec une sombre inquiétude.
Rester ainsi, il ne le veut, il ne le peut, ce n’est pas lui.
Il voudrait bien être malade, juste une fois, après tout la vie lui doit bien cela, il ne l’a jamais été … malade, et ce n’est pas les chienneries de la vie qui l’on empêché de surmonter tous les obstacles.
Là, maintenant, il avoue ; il perd pied, il a plié genoux, nuque, fermé les yeux, espéré la foudre, le virus foudroyant, il s’est même vu mercenaire, pas pour défendre une cause, ou alors juste le temps de ne plus jamais revenir, juste le temps de recevoir dans le front son billet de sortie.
Mais avec la chance qu’il se paye et son indécrottable envie d’aider, il aurait trop peur de s’en sortir, cela ne changerait pas des habitudes. Certains lui ont dit : va dans une association pour « aider » ! Comment le pourrait-il, et puis même s’il le faisait, qu’est-ce que cela changerait pour lui ?
Passer sa vie à s’absenter de la sienne, il ne le pourrait, et aider les autres ne remplira jamais la béance en son cœur. Il sait ce qui manque, n’ose le dire, d’ailleurs à qui pourrait-il le dire ? Il ne cherche pas, il espère qu’on le trouve, qu’on lui donne l’occasion de montrer ce qui bouillonne en lui, toute cette tendresse emmagasinée, toute cette attention qu’il aimerait donner, ces ballades au clair du temps, ces odes encore à composer, ces pays à rencontrer, ces rires à provoquer, ces souffles à … roucouler.
Il tourne la clé et entre, le sentier est là à ses pieds, un instant il hésite, puis se dit « rien a changé » et reprend son parcours.
réactions : 37
lectures : 1179
votes : 9
Voici les 37 dernières réactions à ce commentaire
Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
05/06/08 à 23h00
et j'ai bcp de boulot pour la garder accrochée à la colline...lol...
et puis remiser c'est bien, mais se serrrer contre quelqu'un c'est nettement mieux, pouvoir lui parler à n'importe quel moment et de n'importe quoi, être complice avant d'être amants, avoir une main à serrer en contemplant les vagues s'insérrer entre les pieds entremêlés, oui, tout cela est définitivement mieux. 

une certaine époque 
quelque soit la raison du gris du sentier,
je préfère éviter d'afficher tout support à nostalgie (ou pire),
y en a déjà assez qu'on se fabrique dans la tête, faut ptêt pas en rajouter!
Donc, sans forcément les éliminer ou jeter, on peut les remiser, pour un temps indéterminé, (genre garde-meuble par exemple dûment emballés), jusqu'à pouvoir enfin les retrouver avec non pas de la joie, mais disons un certain plaisir, quand tout ça sera plus apaisé.
Mais, ce n'est que mon humble avis.
je préfère éviter d'afficher tout support à nostalgie (ou pire),
y en a déjà assez qu'on se fabrique dans la tête, faut ptêt pas en rajouter!
Donc, sans forcément les éliminer ou jeter, on peut les remiser, pour un temps indéterminé, (genre garde-meuble par exemple dûment emballés), jusqu'à pouvoir enfin les retrouver avec non pas de la joie, mais disons un certain plaisir, quand tout ça sera plus apaisé.
Mais, ce n'est que mon humble avis.
ces étoiles jaunes??
ça fait plusieurs fois que je lis qq chose à ce propos, mais j'ai pas d'étoile, moi
ça fait plusieurs fois que je lis qq chose à ce propos, mais j'ai pas d'étoile, moi

on n'y vient .......
tu le décris si bien.
Je le connais. Ou bien c'en était un tout pareil.
Gris anthracite.
Mais il arrive, rarement, mais ça arrive qu'une trouée s'ouvre sur un côté. Comme un chemin de traverse.
Pas évident à voir, ni facile à suivre. Ca nous détourne. Ca peut demander des efforts très lourds.
Ca peut conduire à une impasse.
même vacillante, ça vaut le coup.
Je le connais. Ou bien c'en était un tout pareil.
Gris anthracite.
Mais il arrive, rarement, mais ça arrive qu'une trouée s'ouvre sur un côté. Comme un chemin de traverse.
Pas évident à voir, ni facile à suivre. Ca nous détourne. Ca peut demander des efforts très lourds.
Ca peut conduire à une impasse.
même vacillante, ça vaut le coup.

l'on soit à mes côtés plutôt que l'on me suive 
A cause du torticoli pour discuter

A cause du torticoli pour discuter

prochai, qu'il est probable, qu'ils s'encoureraient 

nous voilà devenus ombres douces pour suivre ton chemin et tes pas. .
et ça ne se voit pourtant pas souvent sur la tête des gens.. *****
essayer d'embrasser le soleil, tout un combat ! 

05/06/08 à 19h56
passionnant; puis recommencer..( jauger également leurs amplitudes ! ) .

*****

*****
putain, l'est beau ce texte ! 

DU SOLEIL SOUS LES PINS PARASOLS A " l'isolement fauche les blés de son espoir" et il fait gris......mais cher ami en une journée faire deux tableaux..
les deux sont trés beaux...
j'ai beaucoup aimé..
les deux sont trés beaux...
j'ai beaucoup aimé..

Je réagis à ce commentaire en
Je réagis à ce commentaire en 









lostway
publié le 5 juin 08