Paris au mois d'août, un après midi, une averse d'été dans les jardins du Luxembourg, un rendez vous, un homme, une femme qui ne se sont pas vus depuis cinq ans, à peine croisés.
Lui se souvient de chaque fois, elle ne le voyait pas.
Un homme qui l'a toujours désirée elle.
Elle qui n'a plus le gout à rien, le gout d'elle même.
Elle est maigre, très, on ne sait pas pourquoi, juste qu’elle a changé, qu’elle glisse doucement, depuis longtemps, qu’elle semble s’effacer.
Lui boite, il est massif, il ne lui plait même pas, le regarde-t-elle seulement ?
Ils parlent à peine, rendez vous étranges de deux inconnus abimés.
La pluie a cessé , ils font halte pour qu’il puisse savourer un cigare, alors réminiscence de son enfance elle suit chacun des gestes rituels, et le regarde enfin, trouve ses yeux, et leur bleu, un bleu qui réveille un instinct en elle, une envie de vivre.
Une envie de vivre qui ne peut s’épanouir que dans un baiser, dans cet instant ou les yeux sont si proches qu’ils en deviennent flous, se noyer dans ce bleu, s’y perdre ou s’y retrouver un instant, se mêler, se fondre à un autre vivant.
Un baiser qui appelle une suite, tacitement convenue, un silence qui ne sera rompu que pour demander une chambre dans un hôtel voisin.
Une chambre d’après midi, rococo, un peu sombre mais pas assez pour elle.
Elle qui ne se voit plus, qui ne veut plus se voir qui redoute son regard à lui, son jugement, devant ce qu’elle est devenue, maigre, si maigre, si peu femme encore.
Elle qui veut juste se sentir vivante à nouveau grâce au corps de cet homme lourd.
Un geste anodin, simple, un homme qui la regarde comme une femme.
Des yeux miroirs dans lesquels elle se regarde pour la première fois depuis longtemps.
Le silence.
Le désir, brut, simple, l’oubli de tout, juste l’animalité, les sens qui exultent, la vie qui
cherche à reprendre ses droits.
Les corps qui parlent, qui se découvrent et s’apprivoisent.
L'esprit qui s'apaise enfin, les peurs et les douleurs qui se taisent à peine.
Oublier son mari, fou, dément, qu’elle ne peut se résoudre à abandonner, qu’elle n’a pas voulu faire interner, oublier l’horreur de voir l’homme qu’elle aimait devenir un inconnu dangereux, persuadé qu’elle cherche à le tuer, enfermé dans son délire paranoïaque morbide, parce qu’un jour elle a voulu le quitter, oublier qu’elle ne peu plus manger, qu’elle se tue elle-même aussi.
Le temps d’un après midi.
Simplement le gout de vivre, à nouveau, enfin, prendre un peu de force dans la jouissance, reprendre possession de ce corps qu’elle ne voit plus que comme un objet, un outil peu docile.
Simplement redevenir une femme, désirer, prendre, donner, recevoir, cet homme qui devine, et ne dit rien, laisse sa main ouverte pour qu’elle s’y pose, cet homme qui depuis si longtemps a envie de l’aimer.
Elle, plaie béante, qui a tout moment peut s’enfuir basculer, à nouveau, à vif, se donne à lui librement simplement, de tout son corps, dans un échange d’égal à égal, un partage simple, lui attend, doucement, la suit s’adapte à son désir, à son rythme, délicat, attentif à ne pas la briser, à la laisser s’éveiller doucement.
Un roman en forme de huis clos, troublant, sensuel, très charnel, une belle évocation du désir féminin, dans toute sa crudité, et sa douceur.
Un style très sobre, impudique souvent et pourtant doux encore.
Un roman que l’on ferme comme si l’on quittait une chambre sur la pointe des pieds.
Lui se souvient de chaque fois, elle ne le voyait pas.
Un homme qui l'a toujours désirée elle.
Elle qui n'a plus le gout à rien, le gout d'elle même.
Elle est maigre, très, on ne sait pas pourquoi, juste qu’elle a changé, qu’elle glisse doucement, depuis longtemps, qu’elle semble s’effacer.
Lui boite, il est massif, il ne lui plait même pas, le regarde-t-elle seulement ?
Ils parlent à peine, rendez vous étranges de deux inconnus abimés.
La pluie a cessé , ils font halte pour qu’il puisse savourer un cigare, alors réminiscence de son enfance elle suit chacun des gestes rituels, et le regarde enfin, trouve ses yeux, et leur bleu, un bleu qui réveille un instinct en elle, une envie de vivre.
Une envie de vivre qui ne peut s’épanouir que dans un baiser, dans cet instant ou les yeux sont si proches qu’ils en deviennent flous, se noyer dans ce bleu, s’y perdre ou s’y retrouver un instant, se mêler, se fondre à un autre vivant.
Un baiser qui appelle une suite, tacitement convenue, un silence qui ne sera rompu que pour demander une chambre dans un hôtel voisin.
Une chambre d’après midi, rococo, un peu sombre mais pas assez pour elle.
Elle qui ne se voit plus, qui ne veut plus se voir qui redoute son regard à lui, son jugement, devant ce qu’elle est devenue, maigre, si maigre, si peu femme encore.
Elle qui veut juste se sentir vivante à nouveau grâce au corps de cet homme lourd.
Un geste anodin, simple, un homme qui la regarde comme une femme.
Des yeux miroirs dans lesquels elle se regarde pour la première fois depuis longtemps.
Le silence.
Le désir, brut, simple, l’oubli de tout, juste l’animalité, les sens qui exultent, la vie qui
cherche à reprendre ses droits.
Les corps qui parlent, qui se découvrent et s’apprivoisent.
L'esprit qui s'apaise enfin, les peurs et les douleurs qui se taisent à peine.
Oublier son mari, fou, dément, qu’elle ne peut se résoudre à abandonner, qu’elle n’a pas voulu faire interner, oublier l’horreur de voir l’homme qu’elle aimait devenir un inconnu dangereux, persuadé qu’elle cherche à le tuer, enfermé dans son délire paranoïaque morbide, parce qu’un jour elle a voulu le quitter, oublier qu’elle ne peu plus manger, qu’elle se tue elle-même aussi.
Le temps d’un après midi.
Simplement le gout de vivre, à nouveau, enfin, prendre un peu de force dans la jouissance, reprendre possession de ce corps qu’elle ne voit plus que comme un objet, un outil peu docile.
Simplement redevenir une femme, désirer, prendre, donner, recevoir, cet homme qui devine, et ne dit rien, laisse sa main ouverte pour qu’elle s’y pose, cet homme qui depuis si longtemps a envie de l’aimer.
Elle, plaie béante, qui a tout moment peut s’enfuir basculer, à nouveau, à vif, se donne à lui librement simplement, de tout son corps, dans un échange d’égal à égal, un partage simple, lui attend, doucement, la suit s’adapte à son désir, à son rythme, délicat, attentif à ne pas la briser, à la laisser s’éveiller doucement.
Un roman en forme de huis clos, troublant, sensuel, très charnel, une belle évocation du désir féminin, dans toute sa crudité, et sa douceur.
Un style très sobre, impudique souvent et pourtant doux encore.
Un roman que l’on ferme comme si l’on quittait une chambre sur la pointe des pieds.
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Dans le chapitre 31, des lettres de gourgounel, kenneth white raconte l'histoire de karma dordji, sans vouloir trahir vos propos dont vous m'avez fait
part, ma pensee profonde est à l'antipode de ce que vous pouvez penser. je vous
encourage à lire ce chapitre 31, la phrase de conclusion parait énigmatique,
quelques années pour moi pour comprendre le sens.
Vous avez, une tournure d'esprit que je n'ai pas, c'est une chance énorme pour vous. il ne me parait pas opportun de mettre votre prenom, cepandant
....... je vous souhaite bonne route, tres sincerement une bonne route,
bonsoir et bon courage à vous.
pas d'un bien aimant..
et pour mon bien aimé, c'est moi qui vais chercher les croissants!
et pour mon bien aimé, c'est moi qui vais chercher les croissants!
Un homme tendre et amoureux peut ne pas se restreindre aux clichés et montrer à sa dulcinée sa tendresse et son amour par bien d'autres moyens...
Un homme bien aimé, il va chercher des croissants pour sa douce, si c'est
un tendre il cache un petit bouquet de fleurs, plutot des tulipes avec des
petits messages dans la fleur comme antoine doinel......
comme disait Montesquieu, il est plus facile d'évangeliser un negre qu'un
chrétien.....
superbe texte
vous voyez bien que je suis irrécupérable.
Allez donc convertir des âmes moins bornées.
Allez donc convertir des âmes moins bornées.
et d'éviter un adieu pénible au réveil, ou si l'on veut au contraire laisser dormir en paix un homme bien aimé quand on est lève tôt....
il n'y a que le monde que l'on quitte sur la pointe des pieds, la porte d'une
chambre on l'ouvre sur la lumiere ou on la ferme en claquant la porte....
... à lire ton texte j'ai très envie d'aller lire le livre qui a su susciter en toi cette poignée d'émotions.
simple de l'autre.
Ici il sert de mirroir, pour se réapproprier sa propre image, désir de soi en somme, désir de se senti être sous les mains de l'autre.
Mais l'autre désir àai c'est celui de l'autre pour lui seul, désir d'une peau, d'un corps qu'on a envie d'approcher un instant, de gouter de partager, sans penser plus loin, désir de l'inconnu, de se fondre pour créer autre chose.
Ici il sert de mirroir, pour se réapproprier sa propre image, désir de soi en somme, désir de se senti être sous les mains de l'autre.
Mais l'autre désir àai c'est celui de l'autre pour lui seul, désir d'une peau, d'un corps qu'on a envie d'approcher un instant, de gouter de partager, sans penser plus loin, désir de l'inconnu, de se fondre pour créer autre chose.
Pas mieux !
Douve, j'ai fait comme toi... Pour un texte de cette qualité, Ypanema, je vote cinq, la question ne se pose pas !
Sonata
Sonata
Court, rapide, m'a donné l'impression d'un temps réel, et suspendu à la fois pour cette femme qui prend une goulée d'air entre deux apnées, dans cet après-midi d'été.
Merci de nous l'avoir si joliment montré...ou rappelé.
Merci de nous l'avoir si joliment montré...ou rappelé.
de quel desir s'agit il ? du desir qui me rapelle ce vers de cadou, " mes
mains ne sont plus habituees a ta presence, ou mes mains se sont deshabi
tuees de ta presence.
le desir est fragile, il existe dans le regard de l'autre, mais quel est l'inspira
tion du desir ? en fait le mystere de l'autre que nous avons peut etre l'or
geuil de chercher comme un tresor....
je prefere l'invention du desir, que la decouverte du desir, decouvrir c'est de
savoir que qelque chose ou quelqu'un existe.....
l'invention est dans le registre de la connaissance, dans son sens ethymolo
gique, renaitre a.... renaitre a l'autre, et ce par son desir.
a l'air très malheureuse de ne pouvoir voter, je viens de le faire pour elle (ceci dit ça n'était pas un sacrifice hein...)
Quant à Véronique Olmi, c'est un écrivain rare (et humainement, pffffiou)
Très beau commentaire...
Quant à Véronique Olmi, c'est un écrivain rare (et humainement, pffffiou)
Très beau commentaire...
on en apprend pas plus sur l'état des toilettes de l'hotel... 
Ypa, sinon : t'écris trop bien
Ypa, sinon : t'écris trop bien


Je réagis à ce commentaire en
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ypanema
publié le 25 sept. 06