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Peut-on guérir de son père ?
 Peut-on guérir de son père ?
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catégorie : Moi Moi Moi
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Mon cher Papa,
Un an que tu me faisais la gueule ! Je commençais à trouver le temps long ! Non que ce fut une nouveauté : tes silences "pédagogiques", je les ai éprouvés dès ma plus tendre enfance ! Depuis que je m'essoufflais à te suivre dans les couloirs du métro, terrorisée à l'idée que tu me sèmes parce que j'avais fait un truc qu'il fallait pas...
J'avais 7 ans à peine que tu ne desserras plus les dents tant que je n'aurai pas copié 100 fois "je ne volerai pas le bien d'autrui" pour une boîte de coco Bauer chapardée !
J'ai eu beau grandir, à chaque "bêtise", tu m'as punie de ton silence indigné. Tu parlais aux autres mais moi, je n'existais plus. Aucun délai n'était indiqué : le châtiment cessait aussi arbitrairement qu'il avait commencé, au bon vouloir du prince !
Curieux, pour quelqu'un qui aime tant discourir : estimais-tu que rien n'était pire que d'être privée de ta sainte parole ?
Jamais, en tout cas, je n’ai infligé pareille punition à un enfant : tu m’as trop appris combien on souffre de cette brutale rupture de la communication.
J'ai gardé de ces silences imposés angoisse et colère quand, dans un conflit, je me heurte à quelqu'un qui refuse le dialogue. Ça n'a pas rendu facile ma vie amoureuse : il m'a fallu des années pour admettre que, lorsqu'un homme ne parle pas de ce qu'il ressent, c'est bêtement parce qu'il a été éduqué "comme un homme" et pas forcément parce qu'il m'en veut !

Maintenant je suis grande !
Et je t’aurais cette fois volontiers laissé bouder si ta femme, inquiète de te voir partir fâché, n’avait pas négocié ton « pardon ». Mon adorable belle-mère (malgré tes tentatives pour nous monter l’une contre l’autre, on s’entend comme larronnes en foire ! Faut dire aussi qu'on a quasiment le même âge !) apporta donc à l’hôpital un foie gras de son cru et des verres à pied.
Mis ainsi en de bonnes dispositions, du bout des lèvres, entre deux gorgées de Jurançon, tu m’accordas ton pardon. Non sans préciser « Mais la blessure reste saignante » !

Depuis, tu es sorti de l'hosto, tu as repris du poil de la bête... et ton pardon !

Au fait, qu’étais-tu sensé me pardonner ? Un vilain mot : ta fâcherie remonte au jour où j’ai dit que t’étais chiant !
Terme, je te le concède, peu amène, mais qui dit assez l’être pontifiant que tu es devenu, qui coupe la parole à ses interlocuteurs, fait la gueule s’il n'est pas le centre de la conversation, insulte, méprise et, surtout, n’écoute rien...
Tout cela, chez un homme qui m'a appris à connecter mes neurones, à aiguiser mon esprit critique, à affûter mes arguments... et à être exigeante… j’ai du mal !
Je sais, nul n’est à l’abri de tomber dans ces travers, en vieillissant. Les enfants peuvent servir à éviter ça, aussi : je sais gré à ma fille de sa vigilance qui me gratifie d'un coup de pied aux fesses - moral ! - dès que je manifeste une tendance "vieille emmerdeuse". Elle n'a pas - encore - besoin d'intervenir souvent mais ça secoue et c'est bon !

Ce mot qui t’ulcéra, je m’en suis excusée. Sur la forme. Car sur le fond, je m’étonne que tu t’en étonnes, toi d’ordinaire si prompt à tuer dans l’œuf le moindre reproche par de théâtrales autocritiques
"Je me les sers moi-même avec assez de verve,
mais je ne permets pas qu’un autre me les serve !"

Tu m’en as appris, des choses, Papa. Surtout la force des mots…

Notre relation en est ponctuée. Des grands mots : « justice », « exigence », « qualité » (et son inverse honni : « médiocrité »), sublime, art, beauté, émotion…
Et puis des petits… dont l’impact n’est pas toujours proportionnel à la taille.
Ainsi ce « bouboulette » dont tu m’affublas à l’âge où je peinais à habiter mon corps doté par une adolescence précoce de rondeurs encombrantes.
J’ai grandi… et minci ! Ouf !
J’espère que mon petit frère a surmonté pareil les « quel couillon ! » dont tu ponctuais en riant, vingt-cinq ans plus tard, ses premiers apprentissages…

Me relever du « salope » qui me siffla aux oreilles quand je t’annonçai que j’attendais un enfant d’un homme marié me prit plus de temps : il fallut que je réalise combien un tel vocable était savoureux dans la bouche d’un Don Juan qui ne s’embarrassait pas plus du statut matrimonial de ses conquêtes que du sien propre !

Je me suis longtemps demandé comment tu avais pu affirmer, alors que ma fille avait 3 ans, : « Je n’ai pas de petits-enfants ». Je me dis aujourd’hui que tu ne supportais surtout pas l’idée qu’on puisse t’appeler grand-père !

Il y a aussi la tendresse, que tu n’as su donner ni à tes femmes, ni à tes enfants, incapacité que j’ai toujours mise sur le compte de ton dragon de mère. Quand je vois celle dont est riche l’homme que j’aime, abandonné par la sienne à trois ans, je me dis que c’est pas une excuse.

Mais de tout cela, Papa, je te pardonne. Je sais bien qu’on ne peut pas faire la paix tout seul. Si tu ne veux pas la faire avec moi, je ne peux t’y contraindre.

Je l’ai fait avec moi-même, c’est déjà ça.
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Voici les 58 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 31/03/08 à 12h14
 18/03/08 à 13h01
Faire la paix avec soi-même...

C'est déjà pas simple de trimballer ses propres valises, si en plus il faut porter celles de nos parents.

Et si on peut éviter de faire porter les nôtres à nos enfants, c'est encore mieux
 17/03/08 à 17h42
J'suis dac pour ta proposition.

Et Gag à l'âme a raison, tu portes un livre en toi. Il faut l'écrire, ma belle.
 17/03/08 à 17h33
twiggy33
tout comme le témoignage , de gag a l ame le tien me bouleverse également...comme tu le dis si bien les enfants ne se plaignent pas de la violence psychologique qui leur est imposée...parce qu 'il n 'ont pas la facultée a y mettre des mots a cette violence.... et puis a qui le dire .... dans nos années on ne parlais pas de tout cela , cela faisait partie des nombreux non-dit...et surtout qui nous auraient crues ! ! ! dans des familles " bien sur les apparences "mais surtout ils souffrent en silence parcequ'ils croient que ce qu'ils leur arrivent est la conséquence du " fait qu'ils soient mauvais... c 'est un cercle vicieux et beaucoup d enfants en souffrent ils ont des trésors en eux et on cherche a les aneantir...... tu sais meg une confidence de plus a propos d 'avoir ou de ne pas avoir d 'enfants ...a 29 ans brutalement mon père m 'a dit " a ton age ce n 'est pas normal de ne pas avoir d 'enfant " et boum a nouveau grosse culpabilité.... je crois que j ai pris le 1er géniteur qui est passé sur mon chemin , puisqu'a 31 j avais mon 1er fils...et un second du meme père car j ai trop souffert d 'etre fille "unique " tout ca pour te dire ma chère meg que j 'ai eu 1 gros doute a ma capacité a etre mère meme encore maintenant imagines toi je pense qu 'il y a plusieurs modèle pour réussir sa vie Et tu en es la preuve parfaite je vois une belle femme avec 1 coeur énorme et qui semble épannouie , meme si je sais que cela n 'a pas du etre facile a assumer tout cela si tu le veux bien Meg j aimerais que tu sois ma soeur de coeur ! merci a GAG -A -l ame de nous avoir permis de livrer des sentiments , pas faciles a avouer je vous embrasse fort led chics filles twig.
 17/03/08 à 12h39
Votre réflexion m'a beaucoup aidée également, sachez-le. Votre magnifique commentaire a éveillé plus d'échos en moi que je ne pourrais le dire ici.

Avez-vous lu "Sybil", de Flora Rheta Schreiber ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sybil_(Roman)

Cet ouvrage m'a aidée à comprendre que j'avais été la victime d'une grande violence verbale au cours de mon enfance et de mon adolescence. La personne de mon entourage qui s'en est rendue coupable était ma grand-tante.

J'ai passé chez elle toutes mes vacances scolaires de l'âge de six ans et demi à quinze ans environ. De plus, j'ai passé un an entier sous sa coupe car j'ai été malade pendant un an après la mort de ma mère (les maladies infantiles se sont enchaînées) et c'est chez cette femme que mon père m'a envoyée sans se douter un seul instant de l'influence délétère qu'elle exerçait sur moi. Je ne lui ai appris que très récemment et il en a été atterré. Les enfants se plaignent rarement des mauvais traitements psychologiques et physiques qu'ils reçoivent.

Ma grand-tante était une hystérique d'une redoutable perversité. Bien qu'elle ne m'ait jamais fait subir aucun châtiment corporel, elle m'a véritablement laminée. Il a fallu des années de thérapie analytique pour extirper de ma tête, de mon coeur et de mon corps tout le poison qu'elle y avait semé.

Elle s'était "occupée" avant moi de ma pauvre chère Maman, qui s'est suicidée à l'âge de vingt-sept ans. J'avais six et demi quand c'est arrivé.

Contrairement à votre père, ma grand-tante n'était ni très intelligente, ni cultivée. Mais je recherchais désespérément une image maternelle et c'est elle que j'ai choisi pour ce faire. Mal m'en a pris !

Je suis persuadée que si je ne l'avais pas connue, ma vie aurait été toute différente. Pour vous donner une idée des dégâts qu'elle a pu causer en moi, c'est elle qui s'est chargée de mon éducation sexuelle. A l'âge tendre de sept ans, je connaissais toutes les perversions sexuelles en théorie. Lorsque j'utilise le terme perversion, je pèse mes mots : je fais ici allusion aux pratiques sadomasochistes dont lui avait parlé une prostituée qu'elle avait connu autrefois.

La façon dont elle m'a expliqué la conception d'un enfant était tellement terrifiante que cela m'a poussée à m'exclamer : "Eh bien moi, je ne me marierai jamais !" C'est ce qui n'a pas manqué d'arriver et je n'ai jamais eu le bonheur d'avoir des enfants non plus, ni d'amours vraiment réciproques et/ou durables d'ailleurs.

Votre commentaire ne pouvait donc pas me laisser indifférente. Je vous remercie encore une fois pour tout le bien qu'il m'a fait. Les réactions sensibles, bienveillantes et intelligentes de la plupart de vos autres lecteurs m'ont beaucoup aidée également.
… a beaucoup aidé ma réflexion. Merci à tous et à toutes!

matassedethe : Finalement je ne vais pas l’envoyer, cette lettre : là où il va, il n'a plus besoin de lecture ! Et moi, je n'ai plus besoin de son approbation.

MysticMeg :J’ai de la chance d’avoir une fille comme ça !

twiggy33 : Et bien, tu n’as plus qu’à écrire LE livre ! Ce sera plus utile qu’une psychanalyse… Et la maîtrise du clavier, ça viendra à l’usage : l’important, c’est le fond et, de ce côté-là, je n’ai pas d’inquiétude te concernant !

Ariane88 : Le pire c’est qu’effectivement, il était beau, mon père !

Louise : À cause du risque de retour de bâton ?

soul to soul : Je trouve que toxique, c’est déjà pas mal, comme mot. Merci de ta solidarité.
compliqué, ça!
L'envoyer, ce serait lui reconnaître la capacité de la recevoir et d'en faire quelque chose.. (l'a-t'il?)
Ne pas le faire, c'est en fait accepter qu'il est comme il a toujours été, et admettre ce fait.
J'ai l'impression que tu as déjà réussi (non sans mal ni sans douleur) à prendre suffisamment de distance avec son opinion pour ne pas attendre qu'il te la redonne (par le silence, une fois de plus??)

en tous cas, chapeau!! (moi, ce texte m'évoque plutôt ma mère... )
 15/03/08 à 14h41
Je te retrouve ici et ton histoire me bouleverse. J'applaudis ton courage et ta force. La reconstruction a été dure mais c'est une magnifique et somptueuse réussite. Ton amoureux à venir (je doute qu'il tarde trop à se manifester) sera un homme comblé et je forme des voeux pour qu'il te comble lui-même au-delà de toutes tes espérances légitimes.

Je persiste et signe : tu es une Femme selon mon coeur. Sans guillemets.

Respect et affection à toi.

P.S. : Tu as raison, le pardon libère.
Merci pour ce texte bouleversant, pudique, courageux, juste, essentiel, indispensable. Le fond a plus d'importance que la forme pour un sujet aussi viscéral. Mais votre forme est belle.

J'ai de la peine pour l'enfant et l'adolescente que vous avez été, victime d'une telle cruauté et d'une pareille violence verbale. Quelle humiliation et quelle douleur de voir son corps critiqué par son propre géniteur !

Un passage en particulier, éveille un écho en moi :

« Jamais, en tout cas, je n’ai infligé pareille punition à un enfant : tu m’as trop appris combien on souffre de cette brutale rupture de la communication.
J'ai gardé de ces silences imposés angoisse et colère quand, dans un conflit, je me heurte à quelqu'un qui refuse le dialogue. Ça n'a pas rendu facile ma vie amoureuse : il m'a fallu des années pour admettre que, lorsqu'un homme ne parle pas de ce qu'il ressent, c'est bêtement parce qu'il a été éduqué "comme un homme" et pas forcément parce qu'il m'en veut ! »

Vous vous en êtes bien tirée et votre fille a de la chance de vous avoir pour mère.

Respect.
 14/03/08 à 18h01
twiggy33
ton texte me touche beaucoup... j ai vécu un peu la meme vie !!! moi j 'avais mes deux parents sur le dos , psycho-rigides mère orpheline , et père vivant dans le déni total de sa fille avec en prime la culpabilité permanente : ( les mots ou maux ) assassins au quotidien ,un jour a l age de huit ans je demande a mes parents 1 petit frère ( parce que 1 amie venait d 'en avoir 1 ) mo père m 'a répondu : ( tu te doute bien que lorsque on avu comment tu es , on a pas envie d 'en avoir 1 autre ) et boum... cette phrase je ne l ai jamais oubliée je me suis construite a partir d 'elle !!!manque de confiance et d 'estime de soi 13 ans le 13 mai 1968 début des évenements 68 début des conneries pour me prouver que j existais , début du libertinage ,début de mon indépendance très marquée, je sentais qu 'il y avais urgence a me sortir de la , ce que je ne pouvais pas comprendre c 'est que mes parents depuis longtemps , restaient ensemble juste pour la forme, et que mon père lui cavallais après d 'autres amours , ma mère restait on va dire pour une forme de confort,17 ans 1 grossesse ( papa a pu payer il avait des relations! ) études malmenée mais bon j y arrivais pas trop mal , a coté de ca toujours une putain envie de vivre beaucoup de sport 1 vie de parisienne des sorties , un jour l 'etat de grasse !!touchée en plein coeur par l 'envie de faire de la photo, c 'est ce qui m 'a sauvée ...ecole de photo diplome je reprenais confiance en moi, j exprimais enfin le potentiel que j avais caché a l intérieur mais il m 'a fallu beaucoup de temps pour faire face au cynisme de mon père , et a la passivitée de ma mère ( l orphelinat pour se construire pour elle ca n a pas été drole ) ca forge !!! et ca endurci aussi .2 histoires catastrophiques avec 2 hommes ,moi en recherche de père , encore et eux en recherche d 1 mère , comme c 'est drole ensemble dès le début avec de mauvaises raisons...depuis 7 ans vie de célibataire d abord pour me sortir de ma douleur , et oui je vivais avec 1 maniaco - dépréssif ou bi polaire puis ensuite pour une reconstruction , réapprendre a m aimer et apprendre a vivre seule, sans homme mais avec 2 garcons , a vivre seule sans ne plus craindre d 'etre seule ,maintenant je suis solitaire mais je considère cela comme 1 force ,je ne m ennuie jamais. depuis j ai bien descendu mon père de son pied d 'estale j ai osé l affronté ce fut violant mais cela m 'a fait un bien fou !!!je leur ai pardonné pour etre en paix avec moi meme et puis ils sont agés maintenant, j ai compris q 'eux meme se sont construits sur le meme schéma , c 'est pour cela qu 'il faut pardonner. pour vivre enfin heureux! et je le suis !!! maintenant il me vient a l idée d 'avoir un amoureux que je choisirais , pour de bonnes raisons j 'en suis sure !!! rien n est jamais désespéré dans la vie amicalement (excuses pour les fautes je ne maitrise pas le retour en arrière avec l le clavier, débutante )
 14/03/08 à 08h40
 13/03/08 à 13h57
Comme tout ce qui est potentiellement dangereux, les parents sont sans doute à manier avec précaution, non ?
Il y a des gens comme ça, ils n'ont aucune conscience de ce qu'ils sont, du mal qu'ils font... D'autres en ont conscience, et jouissent du mal qu'ils font !

J'ai choisi la fuite pour me soustraire à l'influence malsaine de certains et j'ai tendance à choisir l'affrontement avec ceux avec qui je n'ai pas de lien (travail notamment)... Mais ça m'a demandé un sacré boulot dèjà pour en arriver là.

Solidarité avec toi
... comme il a abandonné le Canard Enchaîné pour le Figaro ! Qui peut-on prier, quand on est athée, pour se prémunir contre ce vieillissement-là, à côté duquel les rhumatismes ne sont rien ?
Ton père n'est lui-même (peut-être?) que le produit de lourdes histoires familiales...les identifier te permet de mieux comprendre certains comportements de tes proches...
Déjà, tu as mis, toi-même le doigt sur quelque chose : "tu ne supportais surtout pas l’idée qu’on puisse t’appeler grand-père !"... Regardes du côté de ses grands pères...
cela me permet de revenir aussi à la mienne ...

et au chagrin d'avoir tout dialogue coupé avec 'ma chère mère' de sa propre initiative et cela pendant 8 mois....
 10/03/08 à 08h42
tes mots, les éclats de ta vie, ton humour...
J'ai parfois un peu honte de jouir de ces histoires, là, racontées comme ça, alors qu'elles ont été, sont encore sans doute, douloureuses pour toi... mais merci gag, ça fait du bien.

(et ce personnage-là, en partie du moins, je le connais un peu)
qu'on goûte enfin cette Liberté intérieure...!
et là, plus de liens...!
... où figure aussi "Aïe, mes aïeux" d'Anne Ancellin Schützenberger sur les liens transgénérationnels, secrets de famille et autre transmissions de traumatismes ! Une mine !
... mais la seconde femme (officielle... car il y en eut beaucoup d'autres !) de mon père. Ma mère, j'en ai parlé par ailleurs (si ça t'intéresse : http://www.pointscommuns.com/la-touche-etoile-commentaire-lecture-49571.html)
.
C'est pas simple non plus mais elle, au moins, m'a transmis - et transmet encore - la tendresse !
 09/03/08 à 21h14
je viens de terminer le livre de corneau " n'y a til pas d'amour heureux" et j'ai vraiment apprécié ce livre car il est facilement compréhénsible et surtout je l'ai terminé remplie d'optimisme
non on ne répète pas les mêmes erreurs Botticella , on fait toujours des bêtises mais l'avantage c'est qu'on le sait et qu'on se dit que c'est inévitable mais qu'on progressera la prochaine fois
contrairement à toi, Gag à l'âme (superpseudo en passant), j'ai pas eu trop de pb du co^té de mon père (juste que je l'idéalise à mort mais bon chacun sa croix), c'est du côté de ma mère que la tension fut la plus forte. Dur dur parfois ses réactions jugeantes et son incapacacité à exprimer son amour, mais qu'y puis-je ?
J'ai compris depuis quelques années qu'elle était comme ça et que ça servait à rien que je me batte pour lui réclamer des miettes d'amour, elle ne donne que ce qu'elle peut me donner et c'est déjà pas mal (des bons gâteaux, et elle m'a donné le goût des arts et de la culture, ce dont je ne la remercierais jamais assez)
Bien sûr de temps en temps j'aimerais que nos relations soient plus saines, plus proches, plus aimantes, mon coeur se serre parfois et je fuis au bout de quelques minutes son chez soi qui m'étouffe mais c'est ma mère, et je l'aime
 09/03/08 à 21h09
Arba
il me ferait la gueule pendant cent ans !
Ce qui est surprenant, c'est ta détermination à rester en contact avec une personne aussi insensible et égoïste, mais comment se couper entièrement de sa famille ? C'est comme si on se coupait d'une main.

Je te conseille de lire deux ouvrages intéressants sur le sujet. N'y a-t-il pas d'amour heureux ? de Guy Corneau (Robert Laffont, 1997), un livre sur les relations homme-femme avec un chapitre très intéressant sur le silence dans la relation père-fille.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_corneau

Egalement, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), de Marshall Rosenberg, édition La Découverte, qui apprend à établir une communication non violente, y compris avec des personnes absolument pas ouvertes au dialogue.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marshall_Rosenberg
J'ai fini ce matin "Adultères" de Aldo Naouri, c'est un pédiatre avec une formation psychanalitique. Le bouquin au vu du titre parle beaucoup du couple et en remontant, de l'enfance. Si tu tombes dessus, lis le, on peut ne pas être d'accord sur tout mais c'est un bon départ de reflexion.
Je remarque juste que tu ne parles jamais de ta mère, juste "ta femme".. je ne te demande pas une réponse, l'endroit est mal choisi, c'est juste une remarque..
Des petits boîtes en métal plein de poudre de réglisse ocre qui noircissait quand on les suçait ! C'était parfaitement dégueulasse, anti hygiénique et tout mais qu'est-ce que c'était bon ! Au moins autant que les fraises Tagada et les crocodiles tout mous à goût de coca !
 09/03/08 à 19h58
mais c'est quoi une boîte de coco Bauer ?
 09/03/08 à 19h19
bien sûr que je vote pour de vrai !
comment as-tu pu me soupçonner d'une telle médiocrité !
Loopy : je ne connaissais pas mais c’est bien plus profond qu’une boutade !

Miss say : je me doutais bien qu’il y allait avoir de l’écho. Pardon pour le dérangement !

Lostway : oui, je crois important de dire qu’on est pas d’accord. Mais j'ai toujours pas décidé si j'allais le dire pour de vrai.

Lazou : Ah, toi aussi ! Bisous !

Pola : ce qui fait tomber ma colère c’est de le voir tout maigre, tout vieux, tout malade, ce fanfaron. Non, c’est pas de la pitié… mais on tire pas sur une ambulance !

Live and let live : t’inquiète, le déni, il connaît aussi ! Sauf que lui, c'est pas Pfff mais « tu raisonnes comme un robinet » !

Néottie : à sa place, j’aurais ajouté des gousses d’ail et un crucifix : faut que tu sois le diable pour oser dire : « Papa t’es parano ! »

Folle avoine : j’aurais sans doute dû m’y prendre plus tôt pour faire qu’il se bonifie… mais je suis heureuse que tu aies pu apprivoiser le tien.

Lac de G : ça, c’est la thèse de ma fille, convaincue que j’ai eu des parents toxiques ! J’espère juste qu’elle n’en pense pas autant de moi !

Paul : bonne question… surtout que, comme dit lac, encore faudrait-il qu’il y ait demande…

Miss k : rassure-toi, les femmes qui causent, ça exaspère aussi les hommes !

Croqui : Ben alors, t’es plus à Nancy ? C’est à Albi qu’il faut t’envoyer une (m’est avis que t’as pas besoin de plus pour être un mec bien !) boîte de coco ?

Reinette : t’es sympa mais je n’ai aucune leçon à donner, je patauge même plutôt, là !

Botticella : oui, éviter de reproduire le processus… Et merci de tes vœux.

Brunooz : T’as toute la vie devant toi pour t’améliorer ! ... Et j’espère que t’es aussi aller voter « pour de vrai » !

Aragorn : je n’attendais pas des votes mais des réactions, des avis, de la bienveillance… De ce point de vue, je suis comblée.
si t'en as (hihihi)
mais un peu comme, j'en ai connu beaucoup.
des fois moi-même, je me demande.

(normalement je vote pas, mais comme aujourd'hui c'est élection et que ton texte est bien bien, hop, je vote)
toute notre existence est construite à partir de cette période si énigmatique !et si fascinante !
Quand il y a eu trop de dureté , on tente quelquefois de se façonner à l'inverse d'un père ou d'une mère psycho-rigides !
Certains parents ne se rendent pas compte qu'ils détruisent inconsciemment leurs enfants !
La difficulté est cette contradiction entre l'Amour qu'on leur porte et la révolte intérieure qui peut gronder en nous parfois !
Et nous répétons invariablement le Passé !
comme ils ont fait eux-même avant nous .
Et les défauts qu'on leur reproche , nos propres enfants les "subissent " quelquefois !
Car même si on s'en défend , ce sont nos gènes !
Et le "métier" de parents ne s'apprend pas .
Je le trouve très difficile parfois .
Et si on a pas évacué ses douleurs d'Enfance , c'est encore plus dur !

Je ne sais plus qui a dit;
" on ne se remet jamais de son Enfance "

Ton texte m'a beaucoup émue !
Merci à toi !
Sois heureuse maintenant avec l'Homme que tu aimes !
C'est ça le plus important .
 09/03/08 à 16h27
si voler une boîte de coco Bauer à 7 ans conduit à devenir ce que tu es aujourd'hui, je regrette de n'en avoir pas volé des tonnes quand j'étais minot

 09/03/08 à 16h25
lacdegarance
... n'est au courant que je suis censée ranger mes papiers...
Et, que, plutôt que faire mes comptes, je préfère aider les copines à régler les leurs...
est sûrement un peu responsable du fait que je sois devenue une femme silencieuse (et oui, il y en a) qui exaspère les hommes qui lui font face !
 09/03/08 à 16h18
gourmand, le neurone vif et la langue bien pendue, on comprend que tu n'arrives pas à le détester
Il est sur pcc ?
 09/03/08 à 16h17
PaulTergeist
pardonner ? On voit pas, là ...
 09/03/08 à 16h07
lacdegarance
J'en ai déjà parlé ici, et Thétys aussi: un livre parle des conséquences sur notre vie adulte d'une enfance avec de tels passages à l'acte parentaux. C'est "Parents toxiques, comment se libérer de leur emprise". L'auteur, Suzan Forward, insiste sur l'importance d'écrire ou de dire un jour à son parent le mal qu'il a fait. Mais elle conseille vivement de ne le faire qu'après avoir travaillé cette toxicité, et quand on n'a plus l'espoir que cet acte entraine une prise de conscience chez le parent, et encore moins une contrition ou une réparation. c'est pour soi qu'on le fait, pour se débarrasser d'un fardeau encombrant.
La lecture est aisée, les cas présentés, assez lourds.
Sa conclusion, et ton texte, se rapproche de ce que je pense, à propos du pardon : accorder son pardon, c'est bien, encore faudrait-il que le parent concerné le demande...
... et que ça n'a pas toujours été de la tarte. Et que j'ai eu de la chance : qu'il se bonifie en vieillissant, qu'on ait le temps de s'apprivoiser, de s'aimer avant qu'il soit trop tard
... tout ce que je te souhaite.
quan excédée par sa parano, j'ai lâché : "mais Papa, c'est de la parano !"

Ton texte est superbe et la lettre, moi, je l'enverrais.

A donneur de leçon, leçon et demie !
le déni. Quand vous dites un truc qui les arrange pas, ils font comme s'ils n'avaient rien entendu, changent de sujet, ou encore haussent les épaules, l'air de dire "pfff, encore une de tes lubies tirées par les cheveux"
j'admire, et la forme aussi, le récit, mais c pas le plus important là pour le coup.
 09/03/08 à 15h14
quelques années pour ne plus prendre la mouche devant le silence d'un homme.
Par contre, ils font bien mouche, les accents de vérité de ton texte.

exprimer son total désaccord. Est-ce parce que c'est un parent que l'on ne peut le haïr, ne fusse que le temps de réaliser tout ce qui n'a pas été donné et dont on hurle le besoin ? Après vient la paix avec soi, puis le pardon sur l'imperfection des autres et l'acceptation de cet état de fait.

Ecrire est une bonne chose, en réalisant l'imperfection (comme la sienne d'ailleurs), l'on saura si une bataille est à mener ou pas.
à certains de mes souvenirs.
Beau témoignage.
"Les enfants commencent à aimer leurs parents, ensuite ils les jugent et il leur arrive; parfois de leur pardonner"

Hippocampe : j’ai eu droit à 1 an pour avoir parler des difficultés pour un ami à vivre son homosexualité dans la communauté où nous vivions. S’il s’était agi de la mienne, je pense que j’aurais eu droit aux trois ans !

Ery : mais si, mais si, on est là pour rigoler. Au contraire, faites !
Je croyais avoir réglé tout ça mais ce énième silence à l’orée de la mort… ça me bouleverse…

Serenity… Si ça peut nous éviter des créer des douleurs à d’autres enfants…

Agrion : ben ouais mais à deux, c'est mieux !

Lostway : ben haïr, c'est con, mais j'arrive pas.

comment ce père a-t-il pu passer à côté de l'enseignement de ses enfants ?
comment accepter que nos parents ignorent qui on est ?

beau texte !
... j'hésite à envoyer cette lettre. Je crois qu'il me suffit de l'avoir écrite...
 09/03/08 à 14h40
passé à l'âge adulte, on devrait avoir réglé tout ça ... enfin, quoique garder une âme d'enfant, ça a du bon aussi !
C'est plus que " déjà ça", c'est fondamental.
Et on ne peut faire cette paix en lieu et place de ceux qui préfèrent vivre dans leur propre conflit .
 09/03/08 à 14h36
savoir tuer l'image du père pour renaitre de ses (les nôtres) cendres.
D'abord haïr puis pardonner l'incapacité de l'autre à aimer.
que courir après les erreurs d'éducation de leurs parents...

En grandissant on ne fait que mettre du baume sur les douleurs de l'enfance.

Compréhension... et *****
oups, excuses, on n'est pas là pour rigoler !
3 ans après l'annonce de mon homosexualité

"ton silence pèse plus que ton absence
parce qu'une absence ne pèse rien
et que ton silence pèse aussi lourd que
10 tonnes de béton crochetées à ma langue"

cornu - piercing