C’est mardi et chaque mardi nous accueillons les conférences de l’Université du troisième âge. Au hasard des couloirs s’égaillent ainsi une joyeuse foule de septua-octo-nonagénaires avides de Savoir dont la perception spatio-temporelle se confronte parfois à notre recherche d’efficience, certes, mais dont la bonne humeur sans faille donne à notre bâtiment des allures de cours de récré.
Cet après-midi, donc, je tente de rejoindre dans un délai raisonnable l’étage inférieur où se trouve la photocopieuse-scanner hi-tec (enfin, elle le serait vraiment selon moi si, par exemple, elle pouvait trouer les feuilles… mais bon, pourquoi se priver du plaisir de trouer manuellement 153 fois quinze feuillets assemblés, hein ?). Il me faut slalomer pour éviter ceux qui s’accrochent à la rampe des escaliers ou s’appuient contre le mur à la recherche d’un équilibre précaire, ceux qui s’arrêtent pour papoter avec la dame qui se trouve juste derrière eux (enfin, c’est ce qu’ils imaginent au départ, mais ils réalisent qu’en fait, non, elle est restée en haut et du coup ils l’attendent, là, juste au milieu des marches, pour pas la rater quand elle descendra, c’est logique !), celui qui stoppe net, terrassé par une quinte de toux cathartique, celle qui trébuche, s’agrippe à sa voisine, laquelle trouve in-extremis le secours de mon bras, évitant de justesse la tamponnade avec celui qui a laissé tombé son gant et se fait une fierté de le ramasser lui-même malgré le danger que présente cet exercice pour l’ancrage de sa prothèse de hanche… Bref, après 5 minutes 24 secondes, j’ai enfin parcouru les 30 marches qui me séparent du premier étage ! (Bon chrono, faut que je pense à le noter dans les statistiques !)
Pfiouuuuu…
Parvenue saine et sauve à destination, je constate qu’un collègue a lancé l’impression des 50 exemplaires double-face de son support de cours (et vu l’épaisseur du support de cours, il a bien bossé, le bougre !).
Aaaargh !
Là, trois solutions se présentent à moi. Soit j’attends patiemment devant la machine (mais si la patience est la mère de toutes les vertus, elle n’est malheureusement pas la mienne… de vertu… ni de mère, d’ailleurs), soit je tente d’affronter en sens inverse le flux de la « joyeuse foule de septua-octo-nonagénaires avides de Savoir dont la perception spatio-temporelle se confronte parfois à notre recherche d’efficience... » (et là, franchement, c’est mission impossible !), soit je vais me faire couler un petit café à la machine à café (en priant pour qu’elle ait été nettoyée car depuis quelques jours, tout breuvage produit distille une légère amertume qui persiste en bouche !). C’est finalement l’option que je retiens, car elle me semble la plus raisonnable (bien que l’automate soit installé au rez-de-chaussée ce qui implique une nouvelle immersion dans le flux des retraités mouvants !).
Huuuuummm… J’inspire profondément, j’expire lentement et je plonge !
Trente nouvelles marches et quelques minutes plus tard, j’émerge au pied de l’escalier. L’automate est là, tout près, à portée de ma main… et je réalise que je n’ai pas sur moi la moindre piécette, objet cependant indispensable au fonctionnement dudit appareil ! (vous aurez remarqué que j’ai évité d’écrire « au bon fonctionnement » !).
Gasp…
Différentes solutions se présentent alors à moi. Soit j’attends patiemment devant la machine l’apparition d’une âme généreuse (et la patience, gnagnagna, gnagnagna…), soit je remonte, en sens inverse, « le flux de la joyeuse foule de septua-octo-nonagénaires avides de gnagnagna, gnagnagna… » pour aller chercher de la monnaie dans mon bureau, soit…
…
Le dos accolé à la machine à café, je regarde passer la foule disparate des retraités qui rejoignent la sortie par vagues successives. Quel regard portent-ils sur notre effervescence de fourmis besogneuses, eux qui ont appris la valeur du temps, le vrai, celui qui donne la mesure d’une vie, à l’approche de la mort ? Et je me sens honteuse d'avoir pu penser, ne serait-ce qu'un instant, que mon temps puisse être plus précieux que le leur.
Le hall est peu à peu redevenu désert et silencieux. Mes yeux se posent sur l'affiche, collée au pilier central, qui annonce la conférence du jour :
8 février 2008 : « La fusion : une technologie énergétique disruptive », par Minh Quang Tran, Directeur du Centre de Recherches en Physique des Plasmas Association Euratom, Confédération Suisse et École Polytechnique Fédérale de Lausanne.
Louise, en direct du deuxième étage.
Cet après-midi, donc, je tente de rejoindre dans un délai raisonnable l’étage inférieur où se trouve la photocopieuse-scanner hi-tec (enfin, elle le serait vraiment selon moi si, par exemple, elle pouvait trouer les feuilles… mais bon, pourquoi se priver du plaisir de trouer manuellement 153 fois quinze feuillets assemblés, hein ?). Il me faut slalomer pour éviter ceux qui s’accrochent à la rampe des escaliers ou s’appuient contre le mur à la recherche d’un équilibre précaire, ceux qui s’arrêtent pour papoter avec la dame qui se trouve juste derrière eux (enfin, c’est ce qu’ils imaginent au départ, mais ils réalisent qu’en fait, non, elle est restée en haut et du coup ils l’attendent, là, juste au milieu des marches, pour pas la rater quand elle descendra, c’est logique !), celui qui stoppe net, terrassé par une quinte de toux cathartique, celle qui trébuche, s’agrippe à sa voisine, laquelle trouve in-extremis le secours de mon bras, évitant de justesse la tamponnade avec celui qui a laissé tombé son gant et se fait une fierté de le ramasser lui-même malgré le danger que présente cet exercice pour l’ancrage de sa prothèse de hanche… Bref, après 5 minutes 24 secondes, j’ai enfin parcouru les 30 marches qui me séparent du premier étage ! (Bon chrono, faut que je pense à le noter dans les statistiques !)
Pfiouuuuu…
Parvenue saine et sauve à destination, je constate qu’un collègue a lancé l’impression des 50 exemplaires double-face de son support de cours (et vu l’épaisseur du support de cours, il a bien bossé, le bougre !).
Aaaargh !
Là, trois solutions se présentent à moi. Soit j’attends patiemment devant la machine (mais si la patience est la mère de toutes les vertus, elle n’est malheureusement pas la mienne… de vertu… ni de mère, d’ailleurs), soit je tente d’affronter en sens inverse le flux de la « joyeuse foule de septua-octo-nonagénaires avides de Savoir dont la perception spatio-temporelle se confronte parfois à notre recherche d’efficience... » (et là, franchement, c’est mission impossible !), soit je vais me faire couler un petit café à la machine à café (en priant pour qu’elle ait été nettoyée car depuis quelques jours, tout breuvage produit distille une légère amertume qui persiste en bouche !). C’est finalement l’option que je retiens, car elle me semble la plus raisonnable (bien que l’automate soit installé au rez-de-chaussée ce qui implique une nouvelle immersion dans le flux des retraités mouvants !).
Huuuuummm… J’inspire profondément, j’expire lentement et je plonge !
Trente nouvelles marches et quelques minutes plus tard, j’émerge au pied de l’escalier. L’automate est là, tout près, à portée de ma main… et je réalise que je n’ai pas sur moi la moindre piécette, objet cependant indispensable au fonctionnement dudit appareil ! (vous aurez remarqué que j’ai évité d’écrire « au bon fonctionnement » !).
Gasp…
Différentes solutions se présentent alors à moi. Soit j’attends patiemment devant la machine l’apparition d’une âme généreuse (et la patience, gnagnagna, gnagnagna…), soit je remonte, en sens inverse, « le flux de la joyeuse foule de septua-octo-nonagénaires avides de gnagnagna, gnagnagna… » pour aller chercher de la monnaie dans mon bureau, soit…
…
Le dos accolé à la machine à café, je regarde passer la foule disparate des retraités qui rejoignent la sortie par vagues successives. Quel regard portent-ils sur notre effervescence de fourmis besogneuses, eux qui ont appris la valeur du temps, le vrai, celui qui donne la mesure d’une vie, à l’approche de la mort ? Et je me sens honteuse d'avoir pu penser, ne serait-ce qu'un instant, que mon temps puisse être plus précieux que le leur.
Le hall est peu à peu redevenu désert et silencieux. Mes yeux se posent sur l'affiche, collée au pilier central, qui annonce la conférence du jour :
8 février 2008 : « La fusion : une technologie énergétique disruptive », par Minh Quang Tran, Directeur du Centre de Recherches en Physique des Plasmas Association Euratom, Confédération Suisse et École Polytechnique Fédérale de Lausanne.
Louise, en direct du deuxième étage.
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J'aime beaucoup l'épisode des 5 minutes 24 secondes de courses ...
@+
@+
c'est une bonne petite canicule....
Tu m'offres un café?
Tu m'offres un café?

hé hé !
Syrielle... un clin d'œil à nos appareils pas toujours domestiques !
LN... tête dure et mollet ferme, oui !
Skyy... les Suisses sont lents, mais ils sont aussi... ouais, lents, d'accord.
Echt... Aaaaaah !
Prunelle... si t'as des places à céder, je suis preneuse !
Catamalo... des ascenseurs, ben si, évidemment, mais ces jours-là, l'ascenseur, c'est la cohue de l'escalier en plus confiné !
Bon week-end, Paradoxe !
Arbaces... Je sais, je sais...
Caramiyatcherry... merci.
Albireo... Oh ! Je ne me permettrais pas !
Westfarmer... Skyy, un faux quinqua, peut-être, mais un vrai gentlejedi !
Homotopie... En 1977, les vieux me semblaient encore plus vieux alors qu'en réalité ils étaient nettement plus jeunes. Comme quoi...
Pola... je voudrais pas dire mais... t'es bleue !
Continent noir... on parle toujours du bon fonctionnement des appareils quand ils cessent justement de bien fonctionner !
LN... tête dure et mollet ferme, oui !
Skyy... les Suisses sont lents, mais ils sont aussi... ouais, lents, d'accord.
Echt... Aaaaaah !
Prunelle... si t'as des places à céder, je suis preneuse !
Catamalo... des ascenseurs, ben si, évidemment, mais ces jours-là, l'ascenseur, c'est la cohue de l'escalier en plus confiné !
Bon week-end, Paradoxe !
Arbaces... Je sais, je sais...
Caramiyatcherry... merci.
Albireo... Oh ! Je ne me permettrais pas !
Westfarmer... Skyy, un faux quinqua, peut-être, mais un vrai gentlejedi !
Homotopie... En 1977, les vieux me semblaient encore plus vieux alors qu'en réalité ils étaient nettement plus jeunes. Comme quoi...
Pola... je voudrais pas dire mais... t'es bleue !
Continent noir... on parle toujours du bon fonctionnement des appareils quand ils cessent justement de bien fonctionner !
Hier après-midi, un génie malin a remplacé tous les "?" par des "NULL", donnant à nos textes une teinte... particulière ! Tout semble maintenant être rentré dans l'ordre.
prend plus mes votes!!!
5, bien entendu
5, bien entendu
On dirait qu'ils ont été supprimés ou bien j'hallucine?
non paske le dernier paragraf c 1 peu du noich koi 
En 1977 j'ai assisté à une conférence sur la fusion, elle n'était pas encore disruptive à l'époque, on a fait des progrès à ce que je vois...
Mais on n'a toujours pas réussi à créer de l'énergie stable...Même en filant le bébé à Minh Quang Tran !
En 1977 , il y avait déjà des vieux, mais pas les mêmes.
Mais on n'a toujours pas réussi à créer de l'énergie stable...Même en filant le bébé à Minh Quang Tran !
En 1977 , il y avait déjà des vieux, mais pas les mêmes.
(15 par 15) c'est le temps qu'il faut pour vieillir...
Belle histoire en relativité, mais point d'échanges, demain la machine sera toujours là , les trous toujours à faire mais les vieux ptet plus.
Ben alors Louise, tu pensais à quoi ?
Belle histoire en relativité, mais point d'échanges, demain la machine sera toujours là , les trous toujours à faire mais les vieux ptet plus.
Ben alors Louise, tu pensais à quoi ?
plus on me cherche et moins on me trouve.
à moins que ce soit l'inverse
à moins que ce soit l'inverse
avides de te lire ....
de te lire
bien à toi
pas encore centenaire mais l'esprit scientifique : je veux tester :est- ce que 6 couples de points d'interrogations donnent 6 " NULL" ??
08/02/08 à 21h50
Maman en maison de retraite, je vois bien tes courses folles dans l'escalier et leurs éclats de voix pour interpeller. . ils sont encore alertes ces septua- octa- nona. . n'y a-t-il d'ascenseur en Suisse ? c'est vrai que l'escalier est un bon exercice
Avec cette joyeuxe foule de... , non NULL
En tout cas, le suspense est suisse sans aucun doute
En tout cas, le suspense est suisse sans aucun doute

nous ne sommes pas mardi, nous sommes vendredi !
tssss, sont tellements lents ces Suisses qu'en une semaine on leur met 3 jours dans la vue
(heu sinon, Louise, je t'aime)
tssss, sont tellements lents ces Suisses qu'en une semaine on leur met 3 jours dans la vue

(heu sinon, Louise, je t'aime)




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louise_brooks
publié le 8 février 08