Il y a les chefs-d’œuvre, il y a les films cultes. Et quand les films cultes sont des chefs-d’œuvre, ils changent la vie de ceux qui les ont vu. Parmi ceux-là, il y a « Continental Circus » Une météorite, produite par l’ORTF en 1969 et qui va révolutionner le film documentaire mondial
Car « Continental Circus » est un documentaire, et culte. Deux mots qui ne vont pas bien ensemble, en général. Et pourtant…
Jérôme Laperrousaz, réalisateur à l’ORTF, décide de réaliser son premier long métrage. Nous sommes en 1969. Il choisit de couvrir les courses du championnat du monde moto. Il suivra les courses, de 1969 à 1971, aux cotés de Jack Findlay, le meilleur pilote privé de l’époque, et de sa femme Nanou, personnages principaux de son film.
Parti de son Australie natale vers l’Europe, en 1961, avec 25 dollars en poche, Findlay devient une figure du « continental circus », le monde des courses de moto. Sans sponsors, faisant tout lui-même, comme beaucoup à l’époque, il en est l’un des meilleurs et n’a qu’une idée en tête, qui deviendra une obsession, battre Giacomo Agostini, le plus grand pilote des années 60
« Continental circus » raconte sa quête, émouvante et hallucinée, dans un monde à part, où la passion emporte tout jusqu’à la mort. Les « circuits », bordés de murs, d’arbres ou même d’immeubles, sont des pièges mortels où beaucoup laisseront la vie.
Mais « Continental Circus » est surtout un témoignage. Celui d’une époque. Le premier documentaire de « cinéma brut » ou « cinéma vérité » de l’histoire. Deux ans avant Louis Malle, qui tournera en 1972 « Humain trop humain », un documentaire silencieux sur les ouvriers de Citroën, et bien avant Raymond Depardon, qui sera ensuite le maître du genre, notamment avec « faits divers » en 1982, Jérôme Laperrousaz pose les jalons d’un cinéma qui témoigne mais ne juge pas, ne parle pas. Il est partout, caméra à l’épaule, ou embarquée sur les motos, 20 ans avant tout le monde, mais sans jamais intervenir ni interroger, et sans voix off.
Le résultat est une immersion totale, une émotion unique. Certaines prises restituent une atmosphère digne des grands réalisateurs italiens. Le montage est parfait. La caméra, discrète et pourtant présente, capte les gestes et surtout les regards, comme rarement au cinéma. Elle se fait pudique et s’éloigne lorsqu’une femme de pilote comprend que son mari vient de se tuer dans une chute. La caméra est encore là, comme si elle n’existait pas, lorsqu’un pilote de side-car se relève après une cabriole. On l’entend dire : « j’ai le poignet cassé » alors qu’il s’éloigne, énervé
Et puis il y a la bande son. D’abord les motos. Le chant magique de la MV Agusta trois cylindres. Et la musique. Jamais celle-ci n’a été autant en osmose avec les images. Œuvre de Daevid Allen, fondateur du groupe français Gong, elle est surnaturelle. Le morceau "Blues For Findlay", avec son rythme lancinant et des solos de guitare glissando, est la meilleure évocation jamais enregistrée d’images de vitesse. La rythmique sonne comme un moteur et autorise toutes les prises de risque, comme ce monumental duo saxophone / guitare œuvre de Didier Malherbe et Daevid Allen. Ce morceau d'un quart d'heure possède un souffle épique que le solo de guitare énervé - qui dure la totalité du morceau – illumine.
La bande originale du film sortira en 1971, sous le titre Continental Circus, et deviendra culte, comme le film. Gong deviendra ensuite LE groupe français de rock planant ou « space rock » des années 70
Mais lorsque Continental Circus sort en salles en avril 1972, il n’intéresse pas grand monde. La faute sans doute au sujet, la moto. Et pourtant ! Reconnu par le monde du cinéma, Continental Circus sera sélectionné pour les Oscars à Hollywood et recevra la même année le prix Jean Vigo.
Quand à ceux qui l’ont vu au cinéma cette année-là, ils s’en rappellent encore : « Un souvenir incroyable lors de la projection de ce film. C'était la première fois qu'il y avait une caméra embarquée sur une moto et toute la salle penchait la tête à droite ou à gauche dans les virages. Il faut vraiment avoir vu ça au moins une fois dans sa vie »
Et puis il y ceux qui ne l’ont jamais vu justement, les plus nombreux. Et qui le cherchent toujours aux quatre coins de la terre, même s’ils n’étaient pas nés à l’époque. Car Continental Circus est culte dans le monde entier. Sorti en VHS chez Fox Pathé Europa et réédité aussi il y a quelques années par Canal Jimmy, il est épuisé. Alors, ils sont des milliers à le chercher aujourd’hui sur Internet.
« un film qui se distingue des autres par un rapport particulier qu'il entretient avec les spectateurs qui l'ont vu, par l’aura qui l’entoure, l'influence qu'il a eu sur le cinéma et qui touchent même ceux qui ne l'ont pas vu. Ce qui est culte est rare, et ce qui est rare devient également signe de ralliement culturel d'une communauté »
Telle est la définition du film culte. Et Continental Circus, c’est exactement ça, une heure et quarante deux minutes de voyages dans l’espace
Bientôt 40 ans après son tournage, on le reçoit comme un coup de poing dans l’âme.
Quand à Jack Findlay, devenu célèbre grâce à Continental Circus, il arrêtera sa carrière après une dernière chute en 1978, qui le laissera plusieurs heures entre la vie et la mort. Il est décédé chez lui, il y a tout juste un an, dans sa maison du sud de la France, sa patrie d’adoption, à l’âge de 71 ans, veillé par Nanou, toujours là.
Mais l’histoire était déjà écrite
Quelques extraits :
http://fr.youtube.com/watch?v=VIr4K4RH1w4
http://fr.youtube.com/watch?v=W9hBaTuvV5g
http://fr.youtube.com/watch?v=a3yv81q7B8o
http://fr.youtube.com/watch?v=uXy32NwZBCM
Car « Continental Circus » est un documentaire, et culte. Deux mots qui ne vont pas bien ensemble, en général. Et pourtant…
Jérôme Laperrousaz, réalisateur à l’ORTF, décide de réaliser son premier long métrage. Nous sommes en 1969. Il choisit de couvrir les courses du championnat du monde moto. Il suivra les courses, de 1969 à 1971, aux cotés de Jack Findlay, le meilleur pilote privé de l’époque, et de sa femme Nanou, personnages principaux de son film.
Parti de son Australie natale vers l’Europe, en 1961, avec 25 dollars en poche, Findlay devient une figure du « continental circus », le monde des courses de moto. Sans sponsors, faisant tout lui-même, comme beaucoup à l’époque, il en est l’un des meilleurs et n’a qu’une idée en tête, qui deviendra une obsession, battre Giacomo Agostini, le plus grand pilote des années 60
« Continental circus » raconte sa quête, émouvante et hallucinée, dans un monde à part, où la passion emporte tout jusqu’à la mort. Les « circuits », bordés de murs, d’arbres ou même d’immeubles, sont des pièges mortels où beaucoup laisseront la vie.
Mais « Continental Circus » est surtout un témoignage. Celui d’une époque. Le premier documentaire de « cinéma brut » ou « cinéma vérité » de l’histoire. Deux ans avant Louis Malle, qui tournera en 1972 « Humain trop humain », un documentaire silencieux sur les ouvriers de Citroën, et bien avant Raymond Depardon, qui sera ensuite le maître du genre, notamment avec « faits divers » en 1982, Jérôme Laperrousaz pose les jalons d’un cinéma qui témoigne mais ne juge pas, ne parle pas. Il est partout, caméra à l’épaule, ou embarquée sur les motos, 20 ans avant tout le monde, mais sans jamais intervenir ni interroger, et sans voix off.
Le résultat est une immersion totale, une émotion unique. Certaines prises restituent une atmosphère digne des grands réalisateurs italiens. Le montage est parfait. La caméra, discrète et pourtant présente, capte les gestes et surtout les regards, comme rarement au cinéma. Elle se fait pudique et s’éloigne lorsqu’une femme de pilote comprend que son mari vient de se tuer dans une chute. La caméra est encore là, comme si elle n’existait pas, lorsqu’un pilote de side-car se relève après une cabriole. On l’entend dire : « j’ai le poignet cassé » alors qu’il s’éloigne, énervé
Et puis il y a la bande son. D’abord les motos. Le chant magique de la MV Agusta trois cylindres. Et la musique. Jamais celle-ci n’a été autant en osmose avec les images. Œuvre de Daevid Allen, fondateur du groupe français Gong, elle est surnaturelle. Le morceau "Blues For Findlay", avec son rythme lancinant et des solos de guitare glissando, est la meilleure évocation jamais enregistrée d’images de vitesse. La rythmique sonne comme un moteur et autorise toutes les prises de risque, comme ce monumental duo saxophone / guitare œuvre de Didier Malherbe et Daevid Allen. Ce morceau d'un quart d'heure possède un souffle épique que le solo de guitare énervé - qui dure la totalité du morceau – illumine.
La bande originale du film sortira en 1971, sous le titre Continental Circus, et deviendra culte, comme le film. Gong deviendra ensuite LE groupe français de rock planant ou « space rock » des années 70
Mais lorsque Continental Circus sort en salles en avril 1972, il n’intéresse pas grand monde. La faute sans doute au sujet, la moto. Et pourtant ! Reconnu par le monde du cinéma, Continental Circus sera sélectionné pour les Oscars à Hollywood et recevra la même année le prix Jean Vigo.
Quand à ceux qui l’ont vu au cinéma cette année-là, ils s’en rappellent encore : « Un souvenir incroyable lors de la projection de ce film. C'était la première fois qu'il y avait une caméra embarquée sur une moto et toute la salle penchait la tête à droite ou à gauche dans les virages. Il faut vraiment avoir vu ça au moins une fois dans sa vie »
Et puis il y ceux qui ne l’ont jamais vu justement, les plus nombreux. Et qui le cherchent toujours aux quatre coins de la terre, même s’ils n’étaient pas nés à l’époque. Car Continental Circus est culte dans le monde entier. Sorti en VHS chez Fox Pathé Europa et réédité aussi il y a quelques années par Canal Jimmy, il est épuisé. Alors, ils sont des milliers à le chercher aujourd’hui sur Internet.
« un film qui se distingue des autres par un rapport particulier qu'il entretient avec les spectateurs qui l'ont vu, par l’aura qui l’entoure, l'influence qu'il a eu sur le cinéma et qui touchent même ceux qui ne l'ont pas vu. Ce qui est culte est rare, et ce qui est rare devient également signe de ralliement culturel d'une communauté »
Telle est la définition du film culte. Et Continental Circus, c’est exactement ça, une heure et quarante deux minutes de voyages dans l’espace
Bientôt 40 ans après son tournage, on le reçoit comme un coup de poing dans l’âme.
Quand à Jack Findlay, devenu célèbre grâce à Continental Circus, il arrêtera sa carrière après une dernière chute en 1978, qui le laissera plusieurs heures entre la vie et la mort. Il est décédé chez lui, il y a tout juste un an, dans sa maison du sud de la France, sa patrie d’adoption, à l’âge de 71 ans, veillé par Nanou, toujours là.
Mais l’histoire était déjà écrite
Quelques extraits :
http://fr.youtube.com/watch?v=VIr4K4RH1w4
http://fr.youtube.com/watch?v=W9hBaTuvV5g
http://fr.youtube.com/watch?v=a3yv81q7B8o
http://fr.youtube.com/watch?v=uXy32NwZBCM
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Voici les 43 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
24/05/08 à 08h11
LE début c'est comme mon pseudo public Xavier651. Pour le fourniseur d'espace: il est en France donc en point fr. Quant à son nom , il sera en MP à lire en vertical...la première lettre de chaque mot...
ta boite ne figure pas dans ton message...
c'est encore mieux la nuit!
tu faiblis grave!
oui, avec plaisir mais je ne suis pas abonné. Si tu l'es, envoie moi un message!
à la mort ! Ca fait bizarre de découvrir cet ovni de bon matin.
bon ok
elle est pas terrible
mais là tout de suite maintenant, j'ai pas mieux...
elle est pas terrible
mais là tout de suite maintenant, j'ai pas mieux...
http://www.grandprix-originals.com/shop/index.php?cPath=30&language=en
Des trucs genre Continental Circus (mais en moins bien...soyons réaliste) sur les Bugatti
Si tu as une boite Mail perso je peux envoyer un ou deux bout d'essais de 3,6 M0 pour 5 minutes et d'autre trucs de 4minutes
Des trucs genre Continental Circus (mais en moins bien...soyons réaliste) sur les Bugatti
Si tu as une boite Mail perso je peux envoyer un ou deux bout d'essais de 3,6 M0 pour 5 minutes et d'autre trucs de 4minutes
tu tournes quoi?
http://www.josiffert-film.ch/fr/film.php
Ah oui, je tourne filme monte , et suis motard et automobiliste (en ancienne) passionné... Donc je ne pratique pas de sectarisme en général et surtout pas entre deux trois ou quatre roues...
Ah oui, je tourne filme monte , et suis motard et automobiliste (en ancienne) passionné... Donc je ne pratique pas de sectarisme en général et surtout pas entre deux trois ou quatre roues...
est par contre le titre d'un docu sur Jo "Seppie" Siffert.
Ul est disponible par les TV Suisses. (enfin moins cher que par les gars qui font les blousons cuirs façon Steve Mc Queen dans "Le Mans"...)
Le second DVD est une compil de film super huit extraordianaire toruné par un gars de la même trempe que Lapperoussaz,(je sais : c'est rare!) un des méécanos de l'époque (encore mieux...) A voir aussi et à collectionner tant que c'est dispo....
Ul est disponible par les TV Suisses. (enfin moins cher que par les gars qui font les blousons cuirs façon Steve Mc Queen dans "Le Mans"...)
Le second DVD est une compil de film super huit extraordianaire toruné par un gars de la même trempe que Lapperoussaz,(je sais : c'est rare!) un des méécanos de l'époque (encore mieux...) A voir aussi et à collectionner tant que c'est dispo....
Bonne question pour les droits!
Copie de sauvegarde.
Mais je me demande qui a les droits du film...
Mais je me demande qui a les droits du film...
le seul moyen que je connaisse est le P2P
On le trouve par exemple grâce à Emule. Evidemment, il ne faut pas être pressé...
On le trouve par exemple grâce à Emule. Evidemment, il ne faut pas être pressé...
Un 5 pour le comm'
c'est le nom du groupe. Un groupe qui a vu passer toutes les pointures du jazz-rock ensuite, comme Malherbe, Lokwood etc...
tu veux une brosse?
tu veux une brosse?

camembert electrique qui est sorti juste après si je ne m'abuse
Dans laquelle il y a un ou deux morceaux communs avec l'album de Gong sorti aussi en 71 : "Camembert Electrique"
oui, et contrairement au film, on la trouve encore!
parce qu'ils aimaient aller vite 

... mais pourquoi ces gentils garçons ne font-ils pas tout simplement du vélo comme tout le monde ?
Enfin, comme moi, en tout cas.
22/05/08 à 10h49
on retrouve les "cromwell" les "triplex" quelques "bayard" futuristes..toute une époque..
je n'ai pas réessayé depuis! tiens j'y cours!
syrielle: oui et made in jamaïca a été encencé par la critique
albireo: quelle sensation une course de moto à 7h du mat'? gros bisous
voltuan: c'est la méthode oui, qui fait toute la différence avec continental circus
mgaic: j'étais trop jeune mais j'en ai toujours entendu parler!
albireo: quelle sensation une course de moto à 7h du mat'? gros bisous
voltuan: c'est la méthode oui, qui fait toute la différence avec continental circus
mgaic: j'étais trop jeune mais j'en ai toujours entendu parler!
22/05/08 à 10h40
( au fait tu arrives à lire le lien des 500 albums rolling stones?)
22/05/08 à 10h37
comme la moto..comme beaucoup de choses qu aimaient les jeunes à ce moment là..
22/05/08 à 09h43

*****
et merveilleux jack findlay....tres bonne idée de parler de ce film temoin de ces "privés" qui malgré les nombreuses difficultés preceverainet dans le continetal circus. Et ne pas oublier que sans sa compagne, nanou, findlay n'aurai aps reussi. Ja ck findlay, mort l'année derniere etait un vrai heros,....homme efficace, tenace, simple , humble et discret.
et des motards qui se congratulent à 7hdu matin.. si c'est pas de l'amour ça
!
coucou toi
*
!coucou toi
*viens juste de percuter sur le réal de ce docu
le magnifique hommage à la musique jamaïcaine 'made in jamaïca'
en avais fait un comm', mais je l'ai caché :^)
le magnifique hommage à la musique jamaïcaine 'made in jamaïca'
en avais fait un comm', mais je l'ai caché :^)
je me disais
aussi...
aussi...

... qu'il y a la vhs qui trône sur ta tête de lit?



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genese
publié le 22 mai 08