Mon cher Jacques,
cela fait 7 jours aujourd'hui que je vis au milieu de cette colonie,
sur cet ilot isolé. J'avais tellement nagé, j'étais tellement
fatigué, après toutes ces terres surpeuplées où je n'avais pu accoster.
Pas la confiance ni l'arrogance qu'il fallait.
Ici, je suis bien, au milieu de tous ces gens bigarrés, jeunes et vieux mêlés.
Le soir, tout le monde se rassemble, aile contre aile serrés, au pied
du promontoire où chacun peut grimper. On peut y exposer ses idées roses
ou bleues à volonté. Après, par petits groupes, ça discute, ça plaisante,
pour aider à supporter la froideur de l'été.
Et puis, il y a le "monde immergé".
Ils en parlent parfois à mots voilés, abrégés.
Certains, parait-il, vont s'y baigner, s'y ébattre en privé.
Moi, je n'y suis encore jamais allé.
Par contre, le promontoire, et bien, tu ne vas pas me croire, j'y suis monté.
J'y ai dit mes élans, mes faiblesses, mes regrets.
Au début, les femelles doucement sont venues me renifler, elles m'ont aidé,
m'ont encouragé. Bien sûr, très vite les gros mâles se sont interposés,
ils m'ont montré leur force, leur habileté. Moi, tu me connais, je ne suis
pas de taille à lutter. Alors, j'ai gardé le bec baissé, le cou bien rentré.
Je voulais te parler de cette petite au surnom déjanté. Ici, tout le monde
connait les failles de sa vie cabossée, elle monte parfois pour en parler.
Tout à l'heure, elle m'a envoyé le signe secret, pour
m'inviter à la rejoindre ce soir dans le "monde immergé".
Cela m'a fait repenser au titre de cette chanson que tu chantais,
le jour où au large on s'était rencontrés. Pour rire,
c'est comme ça que tu m'avais baptisé.
Et bien tu vois, rien n'a changé, une fois encore,
je vais plonger.
Allez, Jacques, je te fais un becquot.
Ringolo, ton ami manchot.
Le titre de la chanson :
Les coeurs tendres. Jacques Brel. 1967. Pour le film "Un idiot à Paris"
http://fr.youtube.com/watch?v=f_6MlUcg0B4
cela fait 7 jours aujourd'hui que je vis au milieu de cette colonie,
sur cet ilot isolé. J'avais tellement nagé, j'étais tellement
fatigué, après toutes ces terres surpeuplées où je n'avais pu accoster.
Pas la confiance ni l'arrogance qu'il fallait.
Ici, je suis bien, au milieu de tous ces gens bigarrés, jeunes et vieux mêlés.
Le soir, tout le monde se rassemble, aile contre aile serrés, au pied
du promontoire où chacun peut grimper. On peut y exposer ses idées roses
ou bleues à volonté. Après, par petits groupes, ça discute, ça plaisante,
pour aider à supporter la froideur de l'été.
Et puis, il y a le "monde immergé".
Ils en parlent parfois à mots voilés, abrégés.
Certains, parait-il, vont s'y baigner, s'y ébattre en privé.
Moi, je n'y suis encore jamais allé.
Par contre, le promontoire, et bien, tu ne vas pas me croire, j'y suis monté.
J'y ai dit mes élans, mes faiblesses, mes regrets.
Au début, les femelles doucement sont venues me renifler, elles m'ont aidé,
m'ont encouragé. Bien sûr, très vite les gros mâles se sont interposés,
ils m'ont montré leur force, leur habileté. Moi, tu me connais, je ne suis
pas de taille à lutter. Alors, j'ai gardé le bec baissé, le cou bien rentré.
Je voulais te parler de cette petite au surnom déjanté. Ici, tout le monde
connait les failles de sa vie cabossée, elle monte parfois pour en parler.
Tout à l'heure, elle m'a envoyé le signe secret, pour
m'inviter à la rejoindre ce soir dans le "monde immergé".
Cela m'a fait repenser au titre de cette chanson que tu chantais,
le jour où au large on s'était rencontrés. Pour rire,
c'est comme ça que tu m'avais baptisé.
Et bien tu vois, rien n'a changé, une fois encore,
je vais plonger.
Allez, Jacques, je te fais un becquot.
Ringolo, ton ami manchot.
Le titre de la chanson :
Les coeurs tendres. Jacques Brel. 1967. Pour le film "Un idiot à Paris"
http://fr.youtube.com/watch?v=f_6MlUcg0B4
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Voici les 19 dernières réactions à ce commentaire
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celui-là ! 

c'est beau...
ton écriture poétique et tout ce qu'elle suggère
pélican ou albatros nous sommes tous des oiseaux qui se cherchent un nid à partager, pour quelques heures, quelques jours, quelques années
ça y est je m'envole...
pélican ou albatros nous sommes tous des oiseaux qui se cherchent un nid à partager, pour quelques heures, quelques jours, quelques années
ça y est je m'envole...
j'ai bien fait de venir 

Une autre sur laquelle je bosse :
http://www.deezer.com/track/33891
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berceuse, si cela peut t'aider.
http://www.deezer.com/track/16508
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le leirum et la barbie !
merci
merci
Le monde virtuel est plein de surprises.
Je vous en souhaite de belles.
Je vous en souhaite de belles.
comme quoi, ce qu'on écrit peut aller plus loin que ce qu'on pensait en le rédigeant.
Non, non, vas
Non, non, vas
faut que je me méfie en plongeant ?
de jolies images et un écriture toute légère qui apaise.
merci pour le lien et cette jolie chanson toujours émouvante
merci pour le lien et cette jolie chanson toujours émouvante
quand on n'y est pas, tout un monde immergé.
Mais "y en a des qui" aiment avoir toujours pied,
Mais "y en a des qui" aiment avoir toujours pied,
*****


Je réagis à ce commentaire en
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ringolo
publié le 3 août 08