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J'ai longtemps eu une vision limitée de Jack London, au travers de l'Appel de la Forêt que j'ai étudié au collège et de Croc-Blanc que j'ai lu plus jeune.

Mais Jack London dépasse de très loin les romans animaliers ou épiques de la bibliothèque verte.
Lorsqu'on découvre certains romans comme "La petite dame et la grande maison", on ne peut qu'être frappé par la modernité des positions de l'auteur qui a pourtant vécu dans le puritanisme américain du début du XXème siècle.
London un auteur complet et engagé, d'autant plus intéressant qu'il a été à la fois adulé et mal compris de son vivant, ses positions parraissant parfois contradictoires :
Il déteste par exemple l'occultisme (sa mère se piquait de spiritisme), mais semble pourtant défendre la thèse de la réincarnation dans "Le voyageur des étoiles"...
Farouchement socialiste, il s'oppose à l'individualisme nietzschéen. Mais avec "Martin Eden" il offre une des plus belles incarnations littéraires du mythe du surhomme.


L'homme marque à la fois par son génie littéraire, sa modernité, sa concience politique... et par ses oeuvres parfois émaillées de renoncements moins reluisants.

Le cas du "Voyageur des étoiles" évoqué plus haut est représentatif : Avec ce roman, London est le premier à dénoncer le traitement des prisonniers régulièrement soumis dans les prisons américaines à toutes sortes de sévices.
La dénonciation sociale est avant-gardiste, le style du roman flamboyant quand il évoque les injustices et les tortures à la camisole.
Mais le roman pêche en s'égarant trop volontiers sur le thème de la réincarnation, qui est l'occasion d'une série de descriptions de voyages astraux (le petit robot) à l'intérêt discutable.
En fait l'explication est simple : fortement endetté, il semblerait que London se soit laissé aller à utiliser le thème du voyage astral comme d'une astuce lui permettant de refourguer à son éditeur toute sortes d'histoires inachevées qui trainaient dans ses fonds de tirroirs. Le résultat est un très beau roman, interrompu en son milieu d'histoires hétéroclytes, parfois inachevées et de qualités très inégales.

À noter que London a de plus publié une bonne partie de son oeuvre dans des journaux sous formes d'épisodes ; ce format impose un style particulier, et semble l'avoir parfois poussé à réutiliser des formules déjà aprouvées. Quitte à se répéter...



Au final l'oeuvre de London m'a d'autant plus marqué qu'elle m'a accompagné au fur et à mesure de mon parcour personnel, ne dévoilant toute sa richesse que progressivement, sans jamais me perdre.

Si vous êtes déjà initié à London, je vous conseille les derniers romans de sa vie ainsi que son autobiographie "John Barleycorn" évoquant sa vie au travers de son alcoolisme.
Pour des lecteurs plus jeunes, je vous recommande de commencer simplement par un ou deux classiques comme "Croc-blanc", histoire de découvire et d'apprécier le style de l'auteur. Puis de vous précipiter sur le sublime "Martin Eden" que je ne me lasse jamais de relire.
réactions : 3
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Voici les 3 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 31/08/07 à 04h19
c est vrai martin eden, aussi le loup des mers,contes des mers du sud et la face perdus ainsi que le peuple des abimes
rien a dire en ce qui concerne le style fougeux du mec , mais bon moi je suis de ceux qui ont decouvert tard qu il etais rasciste , donc decu depeuis
je l ai lacher pour hemingway
 31/08/07 à 04h14
 31/10/05 à 11h38
ellapol
croc blanc a mangé Martin Eden.