Ils m’ont toujours fait peur, les autres.
Si vite, je les ai sentis différents, apparemment sûrs d’eux, indifférents aux regards, puérils quand je sentais déjà la sagesse des années, assurés quand je doutais de ma force.
Je ne saurais vivre repliée sur moi, mais leur contact nécessaire est aussi, et toujours, don –perte ?- d’énergie.
Il me faut passer la frontière que j’ai moi-même édifiée, et si je baisse l’armure, il me semble qu’à leur contact mon identité se disperse, part en échardes. Peut-on se perdre à force de s’ouvrir à autrui ?
Parfois, au milieu de la foule, d’une conversation un peu superficielle, l’animation tombe et du plus profond remonte, inhérente à moi-même, la tristesse de l’isolement.
J’ai toujours vécu d’allers-retours entre eux, dont je supportais l’intrusion un temps, et cette part de moi qui ne peut s’épanouir que dans la contemplation d’un coucher de soleil le soir au bord d’une rivière.
Et je ne leur confiais rien, que prudemment, après les avoir apprivoisés, après en avoir fait des éléments de mon paysage intérieur, inoffensifs à petites doses.
Mais tu n’es pas un autre. Tu es partie inhérente de mon intimité. Si différent que je renonce parfois à te comprendre. Si proche que la frontière a disparu et que je n’ai pas laissé un seul recoin de mes pensées secret. Et lorsque je me tiens au soleil couchant au bord de la rivière, tu es là, toi aussi, dans ma solitude.
Et par ce pont qui me relie au reste du monde, il me semble que les autres pourront enfin trouver leur chemin en moi, non plus comme des ombres projetées par mes propres appréhensions, mais pour ce qu’ils sont, tout simplement.
Si vite, je les ai sentis différents, apparemment sûrs d’eux, indifférents aux regards, puérils quand je sentais déjà la sagesse des années, assurés quand je doutais de ma force.
Je ne saurais vivre repliée sur moi, mais leur contact nécessaire est aussi, et toujours, don –perte ?- d’énergie.
Il me faut passer la frontière que j’ai moi-même édifiée, et si je baisse l’armure, il me semble qu’à leur contact mon identité se disperse, part en échardes. Peut-on se perdre à force de s’ouvrir à autrui ?
Parfois, au milieu de la foule, d’une conversation un peu superficielle, l’animation tombe et du plus profond remonte, inhérente à moi-même, la tristesse de l’isolement.
J’ai toujours vécu d’allers-retours entre eux, dont je supportais l’intrusion un temps, et cette part de moi qui ne peut s’épanouir que dans la contemplation d’un coucher de soleil le soir au bord d’une rivière.
Et je ne leur confiais rien, que prudemment, après les avoir apprivoisés, après en avoir fait des éléments de mon paysage intérieur, inoffensifs à petites doses.
Mais tu n’es pas un autre. Tu es partie inhérente de mon intimité. Si différent que je renonce parfois à te comprendre. Si proche que la frontière a disparu et que je n’ai pas laissé un seul recoin de mes pensées secret. Et lorsque je me tiens au soleil couchant au bord de la rivière, tu es là, toi aussi, dans ma solitude.
Et par ce pont qui me relie au reste du monde, il me semble que les autres pourront enfin trouver leur chemin en moi, non plus comme des ombres projetées par mes propres appréhensions, mais pour ce qu’ils sont, tout simplement.
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Evidemment, en s'attardant ainsi sur une impression, un fragment de vécu, on a un peu tendance à l'exagérer et à le caricaturer. Les choses ne sont sans doute jamais aussi tranchées, mais malgré tout le sens général correspond à ce que je ressents, je crois.
Et c'est vrai qu'il m'a fallu beaucoup de temps pour réaliser que nous éprouvons tous à des degrés divers cette appréhension de l'autre comme l'évoque philosofia.
Et c'est vrai qu'il m'a fallu beaucoup de temps pour réaliser que nous éprouvons tous à des degrés divers cette appréhension de l'autre comme l'évoque philosofia.
...de confiance.
et plus dans la dépendance
5!!
joli texte intime et public a present ...
en explorant ces méandres que l'on se découvre tous les jours un peu plus, traverser la solitude, la vivre pleinement en acceptant ses propres felures, passage ardu et pourtant obligé pour s'apprivoiser totalement.
merci pour ce partage émouvant et finalement lumineux, contrairement à philosofia j'y vois une ouverture !
merci pour ce partage émouvant et finalement lumineux, contrairement à philosofia j'y vois une ouverture !
25/10/06 à 21h02
25/10/06 à 20h21
tout en vous comprenant fort bien, en ayant ressenti ce que vous exprimez quelquefois, j'ai travaillé "dessus" depuis...., mais je pense chacun un tant soit peu conscient éprouve ce sentiment d'étrangeté face aux autres....or tous les "moi" sont les autres, nous sommes les autres. Pourquoi se perdrait-on au contact des autres si l'on est "entier" et fidèle à soi-même ? Trop d'armure, de murs, vous enferment inexorablement... IL faut savoir laisser sa porte ouverte ou alors au moins entrebaillée pour laisser passer la lumière des autres. Nous sommes tous "seuls" car différent,s uniques, avec chacun son univers intérieur personnel, son vécu, ses blessures. Mais il faut vouloir faire partager cet univers, répandre ce qui nous a enrichi pour enrichir les autres, et si la porte se referme, se claque même brutalement par manque d'osmose, de compréhension, de sensibilité différente, eh bien, il y en aura d'autres qui auront compris et perçu ce qu'on avait à faire passer, à partager... Le vrai contact, la vraie rencontre est un don, une lumière, même si elle est fugace, elle a été là ! elle nous a éclairé et nous gardons en nous sa trace et c'est ce qui nous doit nous rendre fort ou disons nous conforter dans nos perceptions qu'on avait sues donner et recevoir... là où il y a perte d'énergie c'est quand on veut faire passer une sensibilité, un partage de nos propres perceptions et que l'autre est sourd et aveugle. Il est différent tout simplement et il aussi savoir l'accepter et se retirer.. pourquoi forcer quand il y a incommunicabilité ? mais il faut essayer toujours, apprivoiser l'autre et se laisser apprivoiser. Lisez Christian Bobin, Pessoa, ils en parlent mieux que moi... et d'autres encore...

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brassempouy
publié le 25 oct. 06