La plupart du temps il passait le dimanche sans prévenir.
Papa il voulait pas que sa voiture soit vue devant la maison.
- Laisse là au bistrot des Carabins ! Tu peux bien faire un kilomètre à pieds non ? Avec tes grandes jambes tu en as pour dix minutes.
Alors il renvoyait sa Citroën noire et son chauffeur et ils s’installaient pour parler sous la tonnelle devant leurs verres de rouge.
Invariablement le ton montait.
Staline et De Gaulle, encore et toujours, d’autres encore qu’ils semblaient avoir comme amis communs, des noms qui ne me disaient rien : London, Koestler, Epstein, Rol-Tanguy, Marty. Et puis des lieux qui revenaient souvent : les Glières, le Vercors, la Corrèze, l’Ebre, Teruel, l’escadrille España, Madrid, les Brigades Internationales.
Je comprenais qu’ils avaient fait la guerre ensemble, peut être pas vraiment ensemble mais en tout cas du même côté ou presque.
Ce type là me faisait un peu peur, son regard que je trouvais bizarre et puis sa façon de se mouvoir, un peu comme un homme en caoutchouc qui pouvait bouger dans tout les sens.
Quand papa commençait à s’énerver il lui proposait toujours d’aller se promener au bord de l’étang de Lavalduc, lui il voulait pas que papa prenne son fusil pour chasser.
- Tu crois que tu vaux le prix d’une cartouche ?
C’était très comique de les voir partir en moto, papa de petite taille au guidon et son copain très grand sur le siège arrière surélevé, sa tête dépassait bien de 60centimètres celle de papa.
Avec le temps et le goût de lire j’ai fini par comprendre qui était cet homme.
J’ai peut être aussi compris qu’il venait voir papa pour retrouver un homme courageux, un compagnon d’armes, un homme qui avait fait ce qu’il pensait être le devoir qu’il s’était fixé lui même, un de ceux qui fuyait les honneurs et qui faisait sa vie loin de tout ceux qui savaient si bien se mettre en avant après s’être si bien caché à l’arrière.
Peut être retrouvait il auprès de lui la pureté et la générosité qui avaient été les siennes avec son escadrille de Potez quelque part du côté de Teruel.
Papa il voulait pas que sa voiture soit vue devant la maison.
- Laisse là au bistrot des Carabins ! Tu peux bien faire un kilomètre à pieds non ? Avec tes grandes jambes tu en as pour dix minutes.
Alors il renvoyait sa Citroën noire et son chauffeur et ils s’installaient pour parler sous la tonnelle devant leurs verres de rouge.
Invariablement le ton montait.
Staline et De Gaulle, encore et toujours, d’autres encore qu’ils semblaient avoir comme amis communs, des noms qui ne me disaient rien : London, Koestler, Epstein, Rol-Tanguy, Marty. Et puis des lieux qui revenaient souvent : les Glières, le Vercors, la Corrèze, l’Ebre, Teruel, l’escadrille España, Madrid, les Brigades Internationales.
Je comprenais qu’ils avaient fait la guerre ensemble, peut être pas vraiment ensemble mais en tout cas du même côté ou presque.
Ce type là me faisait un peu peur, son regard que je trouvais bizarre et puis sa façon de se mouvoir, un peu comme un homme en caoutchouc qui pouvait bouger dans tout les sens.
Quand papa commençait à s’énerver il lui proposait toujours d’aller se promener au bord de l’étang de Lavalduc, lui il voulait pas que papa prenne son fusil pour chasser.
- Tu crois que tu vaux le prix d’une cartouche ?
C’était très comique de les voir partir en moto, papa de petite taille au guidon et son copain très grand sur le siège arrière surélevé, sa tête dépassait bien de 60centimètres celle de papa.
Avec le temps et le goût de lire j’ai fini par comprendre qui était cet homme.
J’ai peut être aussi compris qu’il venait voir papa pour retrouver un homme courageux, un compagnon d’armes, un homme qui avait fait ce qu’il pensait être le devoir qu’il s’était fixé lui même, un de ceux qui fuyait les honneurs et qui faisait sa vie loin de tout ceux qui savaient si bien se mettre en avant après s’être si bien caché à l’arrière.
Peut être retrouvait il auprès de lui la pureté et la générosité qui avaient été les siennes avec son escadrille de Potez quelque part du côté de Teruel.
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le courage des actes et des idées, et le ton qui montait invariablement. Respect;
Ils vivent les pieds sur terre et les yeux regardant vers le ciel, mais ils ont le mérite d'aller vers leur idéaux même s'ils n 'ont pas toujours la chance de les voir se réaliser.
Hommage à ces "grands" dont la majorité vit et disparait dans l 'anonyma,
à toi aussi Auborddufleuve, tu en fais partie.
Hommage à ces "grands" dont la majorité vit et disparait dans l 'anonyma,
à toi aussi Auborddufleuve, tu en fais partie.
J’ai appris qu’il est facile de se battre quand les camarades sont là, ou que les yeux de la femme que vous aimer vous observent, en vous donnant force et courage. Ce qui est difficile c’est de lutter seul dans l’obscurité, sans autres témoins que son honneur et sa conscience.
Sans récompense et sans espoir.
Il eût été plus supportable sans doute qu’au lieu de l’amère lucidité qui imprègne chacun de mes gestes, chacune de mes pensées, que j’eusse joui des dons magnifiques de la stupidité, du fanatisme ou de la méchanceté.
Parce que seul les stupides, les fanatiques et les canailles vivent libres de rêves ou de remords.
Sans récompense et sans espoir.
Il eût été plus supportable sans doute qu’au lieu de l’amère lucidité qui imprègne chacun de mes gestes, chacune de mes pensées, que j’eusse joui des dons magnifiques de la stupidité, du fanatisme ou de la méchanceté.
Parce que seul les stupides, les fanatiques et les canailles vivent libres de rêves ou de remords.
04/07/08 à 08h01
la_petite_850
03/07/08 à 22h45
alors...ne reste qu'une photo et le dessin en toile peinte qui était fixée à l'avion...je n'ai plus le nom...
03/07/08 à 22h26
la_petite_850
03/07/08 à 22h01
allez voir sur Google : claude szkolnik pilote de chasse.
Le papa de la petite;
Merc pour lui et pour tous!
Le papa de la petite;
Merc pour lui et pour tous!
Auborddufleuve : Tel père , tel fils!
Les forces réactionnaires ont toujours lutté contre les idéalistes par la guerre, les autres elles s'en accomode en négociant.
La guerre d'espagne c'est la quintescence de l'idéalisme républicain ET anarchiste, qui sont quand même les deux modes politiques essentiels desquels se réclament les vrais idéalistes. Les moins idéalistes virent communistes et vont nettoyer (comme l'a montré de manière remarquable Ken Loach dans land of freedom) les idéalistes quite a les trahir...Les pragmatiques eux (centre gauche) vont négocier avec le camp en face. Donc l'idéal ne gagne jamais , c'est une constante... Mais il renait à chaque fois de ses cendres pour emmerder les nantis de la tête...
La guerre d'espagne c'est la quintescence de l'idéalisme républicain ET anarchiste, qui sont quand même les deux modes politiques essentiels desquels se réclament les vrais idéalistes. Les moins idéalistes virent communistes et vont nettoyer (comme l'a montré de manière remarquable Ken Loach dans land of freedom) les idéalistes quite a les trahir...Les pragmatiques eux (centre gauche) vont négocier avec le camp en face. Donc l'idéal ne gagne jamais , c'est une constante... Mais il renait à chaque fois de ses cendres pour emmerder les nantis de la tête...
mais je vais bientôt commencer le sevrage!!!!
je serais ton Ingrid Bergman alors ! Bon je rigole, je suis ignorante sur l'Espagne, j'en étais restée à la Movida 
avec les tripes d'un curé !
la guerre d'espagne c'est encore la partition du monde actuel, sauf qu'on est dans une phase ou franco a encore gagné, mais on repart à l'assaut...
j'ai lu " pour qui sonne le glas". Un oncle aussi parti dans les brigades internationales, mais comme tu le dis très bien à ta façon, il n'en a jamais parlé.
03/07/08 à 19h30
mais les hommes qui s'asseyaient dans ces zincs avaient l'esprit chevillé au corps quand il fallait tirer sur le manche pour y aller...
Langueurs_estivales....
La bonne taille est quand les pieds touchent parterre !
La bonne taille est quand les pieds touchent parterre !

*****
Tu m'énerves avec tes références à la noix dans lesquelles je me reconnais cent pour cent.
T'é ki toi pour me piquer ma vie ?
D'abord en plus ton père il était pas petit, c'est la moto qui avait la salle en contrebas ! Pff faut tout lui expliquer à ce gars là ....
Ensuite y avait pas qu'à Teruel que ça tiraillait, mon grand-père de l'autre coté des pyrénées allait chercher les réfugiés à travers la montagne pour les rapatrier du coté français.
Il les égorgeait dans la montagne : non je rigole...
C'est beau l'espagne quand même dans le coeur des hommes fiers et dignes.
T'é ki toi pour me piquer ma vie ?
D'abord en plus ton père il était pas petit, c'est la moto qui avait la salle en contrebas ! Pff faut tout lui expliquer à ce gars là ....
Ensuite y avait pas qu'à Teruel que ça tiraillait, mon grand-père de l'autre coté des pyrénées allait chercher les réfugiés à travers la montagne pour les rapatrier du coté français.
Il les égorgeait dans la montagne : non je rigole...
C'est beau l'espagne quand même dans le coeur des hommes fiers et dignes.




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auborddufleuve
publié le 3 juillet 08