Bujumbura 1990
Retour au bord du lac six ans plus tard.
En ville par hasard je rencontre Théophile et on tombe dans les bras l’un de l’autre et on se pose tout de suite dans un bar.
Rencontre de vieux soldats où on prend des nouvelles d’anciens amis, de la famille, on se raconte ce qu’on a foutu toutes ces années, on se marre de nos vieilles histoires, on cause de Bukavu, de Kinshasa et du Nord Kivu.
On déquille plein de bouteilles de Primus, la bière qui fait mousser la vie, ça fait bien plus d’une heure qu’on jacte et je trouve mon Théo un peu bizarre, presque pâlichon pour tout dire.
- Dis donc Théo tu vas bien ? Je te trouve un peu cassé, juste après trois bières ça m’étonne de toi.
- M’en parle pas, je suis dans un vrai merdier. Mon petit frère a fait une connerie et j’essaie de réparer sa connerie.
- Ah bon, et il a fait quoi le frangin ?
- Et bien il a baisé une paralytique, les pattes marchaient plus mais les organes oui et il l’a enceintée. Maintenant c’est moi qui paye l’amende à la belle famille pour qu’il puisse continuer ses études et pas aller en prison.
- Et c’est ça qui te saoule aussi vite ?
- Non ce qui me saoule c’est que j’ai pas mangé depuis deux jours………..
J’en suis resté muet d’admiration.
Le petit blanc dur au mal que je suis mais qui à rarement dépassé 24 heures sans bouffer, la première chose qu’il aurait dit à un pote infiniment plus riche que lui, c’est bien qu’il était affamé.
Evidemment j’ai payé l’amende pour le petit frère, le repas et de quoi envisager la vie calmement pour les trois mois à venir.
Mon vieux Théo que je n’ai plus revu depuis toutes ces années pourries qui ont suivi pour ton peuple, où que tu sois je sais que tu m’aimes autant que je t’aime.
Retour au bord du lac six ans plus tard.
En ville par hasard je rencontre Théophile et on tombe dans les bras l’un de l’autre et on se pose tout de suite dans un bar.
Rencontre de vieux soldats où on prend des nouvelles d’anciens amis, de la famille, on se raconte ce qu’on a foutu toutes ces années, on se marre de nos vieilles histoires, on cause de Bukavu, de Kinshasa et du Nord Kivu.
On déquille plein de bouteilles de Primus, la bière qui fait mousser la vie, ça fait bien plus d’une heure qu’on jacte et je trouve mon Théo un peu bizarre, presque pâlichon pour tout dire.
- Dis donc Théo tu vas bien ? Je te trouve un peu cassé, juste après trois bières ça m’étonne de toi.
- M’en parle pas, je suis dans un vrai merdier. Mon petit frère a fait une connerie et j’essaie de réparer sa connerie.
- Ah bon, et il a fait quoi le frangin ?
- Et bien il a baisé une paralytique, les pattes marchaient plus mais les organes oui et il l’a enceintée. Maintenant c’est moi qui paye l’amende à la belle famille pour qu’il puisse continuer ses études et pas aller en prison.
- Et c’est ça qui te saoule aussi vite ?
- Non ce qui me saoule c’est que j’ai pas mangé depuis deux jours………..
J’en suis resté muet d’admiration.
Le petit blanc dur au mal que je suis mais qui à rarement dépassé 24 heures sans bouffer, la première chose qu’il aurait dit à un pote infiniment plus riche que lui, c’est bien qu’il était affamé.
Evidemment j’ai payé l’amende pour le petit frère, le repas et de quoi envisager la vie calmement pour les trois mois à venir.
Mon vieux Théo que je n’ai plus revu depuis toutes ces années pourries qui ont suivi pour ton peuple, où que tu sois je sais que tu m’aimes autant que je t’aime.
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Voici les 7 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
13/05/08 à 22h50
un sourire une main chaleureuse sur une épaule de la bienveillance et pas de jugement hâtif que sais je ,un peu d'humanité et d'imagination !
Il est terrible - le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain - Il est terrible ce bruit - quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim.
Jacques Prévert
Jacques Prévert
12/05/08 à 23h55
dont je faisais le boulot pendant qu'il allait draguer les délégués des autres pays...
Le boulot consistait, entre autres, à refuser des bourses aux étudiants qui venaient en demander, vu qu'elles étaient déjà toutes attribuées aux mômes des petits copains et copines du personnel de l'Ambassade.
Partout pareil sous le soleil...
Le boulot consistait, entre autres, à refuser des bourses aux étudiants qui venaient en demander, vu qu'elles étaient déjà toutes attribuées aux mômes des petits copains et copines du personnel de l'Ambassade.
Partout pareil sous le soleil...
A Courbevoie y'a que moi et une bouteille de champ' au frais pour faire du bien !!!


il y a parfois beaucoup d'amour réciproque
et on peut faire du bien pour pas cher.

et on peut faire du bien pour pas cher.




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auborddufleuve
publié le 12 mai 08