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Brassens ou la pudeur des sentiments (hors concours)
 Brassens ou la pudeur des sentiments (hors concours)
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catégorie : critique ou information sur l'oeuvre ou l'artiste
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Bonjour PCC,

Je viens de m'apercevoir béatement qu'un concours Brassens avait été organisé et qu'il est clôt (ça m'apprendra à quitter pcc), mais pour l'hommage (et le fun) je tiens à poser ma petite pierre sur ce chemin mal fréquenté dont parle la chanson. Etant un inconditionnel de Georges je ne pouvais faire autrement... Pour ce qui est des lauriers je m'en tiendrais aux marches du palais...

Les lumières tamisées, l'arrière-salle d' un cabaret-restaurant de la butte avec ses tables qui dansent sous les lumières blafardes, sa scène famèlique et l' atmosphère nuageuse des rêves de gloire à peine esquissés des débutants transis d' angoisse...
Un homme le regard hagard, le pas incertain, hésitant entre la curiosité et la farouche envie de fuir, pousse la porte de l' estaminet convaincu par quelques amis de "tenter sa chance"... pour l' heure, il lui semble plutôt que l' on met à rude épreuve sa timidité et sa modestie.
Nous sommes en 1953 et le cabaret "Chez Patachou" depuis 1948 appartient à Henriette Ragon, qui se verra affublée quelques années plus tard par les journalistes parisiens du nom de son établissement.

L' ami Georges monte sur scène et plaît infiniment à Patachou il débute sa carrière aux "Trois Baudets" autre salle mythique en entonnant avec conviction "La mauvaise réputation", acte de naissance fracassant et qui dès le départ donne un ton irrévérencieux et "moraliste" qui ne plaît pas à certains des auditeurs présents, qu' à cela ne tienne "...je suis d' la mauvaise herbe brave gens, braves gens, c' est pas moi qu' on ramasse et c' est pas moi qu'on met en gerbe...!", les "fesses-mathieu" peuvent sortir sans se retourner, ils ne manqueront à personne et la salle se vide d' oreilles chastes qui reviendront quelques temps plus tard pour réentendre "la mauvaise réputation"...

Un grand poète vient de naître, un homme de chair et d' os, un homme du refus des compromissions, de la révolte, un justicier des mots pourfendeur de la bétise humaine.
Brassens parolier engagé qui par le "Gorille" fustige la peine de mort et rejette la justice aveugle des hommes "... et viole ce juge qui "...criait "Maman", pleurait beaucoup - comme l' homme auquel le jour même - il avait fait trancher le cou", tout est dit.

Brassens est aussi à travers certains de ces textes "homme de pitié", ou comme dans les quatre poèmes qu' il emprunte à Paul Fort "Le p' tit cheval dans le mauvais temps... qu' il avait donc du courage !".

Brassens homme de "l' anarchie", mais fustigeant le désordre et maugréant contre ceux qui durant son tour de chant lui assénaient sans discontinuer des "vive l' anarchie"... "... quelle bande de c...", répliquait il alors en sortant de scène, "ils ne savent même pas de quoi ils parlent !", ce mot ne sera plus jamais inséré dans aucun autre texte que celui d' "Hécatombe".
Il chante beaucoup l' amour, mais celui perdu, celui des arrières-cours, des ruisseaux, pour ainsi dire l' amour champêtre, chez lui "...il n' y a pas d' amour heureux"..., mais toujours la recherche du premier amour et la volonté de mettre sur le même pied d' égalité toutes les femmes "... qu' elles soient pucelles ou qu' elles soient putains...", d' aucuns y voient de la mysoginie, rien n' est moins sûr.

L' ami Georges était passionnée de littérature et fit à travers ses chansons oeuvre de vulgarisation, de quelle manière nous restitua-t-il les poèmes de François Villon, les textes d' Aristide Bruant, "les passantes" de Paul Fort ou le "Gaztibelza" de Victor Hugo.
Il fut un formidable mélodiste "n' en déplaise aux jeteurs de sorts...".

L' homme était comme ses galettes de vyniles à double face, révolté et sensible, provocateur et profondément humain, certains non voulu par facilité entrevoir que "l' ours", en fait il était à la fois celui qui faisait crier au vieux maréchal des logis "...Mort aux vaches, mort aux lois, vive l' anarchie !" et l' homme délicat qui allait à la "chasse aux papillons"... "... Sur sa bouche en feu qui criait "sois Sage !" - il posa sa bouche en guise de baillon !"

Qui veut connaître Brassens doit comprendre que ces deux attitudes sont indissociables.
Nous pourrions aussi jeter un regard complice sur le brassens anti-clérical, mais c' est un lieu commun...

La mairie de Paris, il y a quelques temps avait souhaité sous l' emprise de certains promoteurs immobiliers "bien intentionnés" raser la maison de l' impasse Florimont dans le 14 ème arrondissement, aux dernières nouvelles elle tient toujours debout.
Lui-même n' aurait sans doute pas apprécier qu' on lui voue un culte, il possèdait une qualité rare de nos jours, la pudeur des sentiments.

S' il fallait retenir quelques titres : "Mourir pour des idées", "Saturne", "La marche nuptiale", "Supplique pour être enterré à la plage de Sète", "la princesse et le croque-notes", "Le mouton de Panurge", "Vénus callypige", "Les passantes" et tant d' autres...
En fait, rien ne sert de trop en parler, la meilleure façon de comprendre Brassens est encore de l' écouter et de le lire...

Serenity.
réactions : 8
lectures : 234
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Voici les 8 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
Serenity.
 09/11/07 à 18h36
 09/11/07 à 17h22
ça veut souvent dire : au-dessus du lot. Je ne suis pas loin de le penser. Merci.
 09/11/07 à 12h15
PaulTergeist
de ne pas lire ; désolé !
 09/11/07 à 12h08
 09/11/07 à 11h48

Brassens eut sûrement apprécié ton côté rebelle d'écrire un comm' après ce concours !
j'en arrive à me demander maintenant que le doute s'installe si c'est bien moi qui suis devant mon écran.

Serenity.
 09/11/07 à 11h41

il y a un eu un concours Brassens ?..