Kranky, le label post-rock/électronica qui figurait parmi les meilleurs à la fin des 90’s (avec Thrill Jockey), reprend régulièrement du poil de la bête après de longues périodes de somnolence lysergique. Cette fois c'est avec Strategy et son Future Rock totalement allumé, que la structure de Chicago nous surprend. Etrange objet dub porté sur le funk en apesanteur bordé de ritournelles pop au vocoder, Strategy fait dans l'abolition des barrières de genre, d'école et de style. Sur les compositions remarquables de ce projet transgenre, l'Américain Paul Dickow aka Strategy, nous livre ici un passionnant moment de divagations sonores, en dehors du temps et des sentiers battus. Les neuf tracks de Future Rock sont essentiellement bâties autour de longs instrumentaux à base de laptop, basse, guitare, batterie, piano et orgues électriques, synthétiseurs et boucles électroniques, qui s'envolent rapidement vers les contrées de plus en plus explorées, du funk spatial, du dub et d'une forme alanguie de transe urbaine et d'ambiant. Ce qui différencie les travaux de Dickow de "l'armée des clones" généralement proposée par le label de Chicago, c'est cette assise rythmique implacable carrément groovy, qui le rapproche largement de la scène ambient-techno et electronica, plutôt que de l'ambient-molle-du-genou et drones ordinaires. Et puisque Dickow utilise également beaucoup d'enregistrements d'atmosphères capturées live (rues, enfants, hall d'aéroport...) comment ne pas évoquer Brian Eno et ses stratégies obliques, que l'on pourrait facilement rapprocher de la démarche de Strategy. Vous me suivez toujours ?
Les "stratégies obliques" font partie d'une sorte de tarot divinatoire destiné à l'artiste contemporain. Inventées par Brian Eno, il s'agit d'un jeu de cent dix cartes comportant une idée par carte, sensée aider le créateur dans son travail, lui glisser de nouvelles idées et l'orienter vers de nouvelles voix, à la manière de l'art divinatoire du Y-King, il a largement influencé et aidé les artistes contemporains. Strategy invente donc humblement un futur pour le rock, qui laisserait de côté la légende trash et glamour, pour insister sur l‘improvisation, le plaisir et l'élan provoqué par sa transe spatiale dans un joyeux foutoir, où le funk de Parliamente, le dub de Lee Perry, le post-punk bordélique du Metal Box de PiL et la techno se rencontrent, pour former une mixture sonore totale. Une vision toute personnelle d'un hypothétique "rock" qui ne se dément pas à l'écoute des hypnotiques "Can't Roll Back", "Future Rock" ou de l'incroyable "I Have To Do This Thing (Planete Sauvage Mix)". En ce sens, on pourrait rapprocher les efforts de Dickow sur Strategy des trips hallucinés de Out Hud, également signé chez Kranky (même si le projet semble être aujourd'hui à court de participant pour cause de !!!-queries) sur leur album S.T.R.E.E.T. D.A.D., avec ses basses dubby qui répondent aux boucles synthétiques, le tout soutenu par une rythmique bancale rappelant les meilleurs moments de Pole ou de Tortoise en plus dynamique. L'ensemble reste tout à fait abordable et on pourrait même dire cinématique, tant son univers sonore est personnel et imagé. Dans le genre transe urbaine et psychédélique, nous devions déjà à Kranky la découverte de Loscil, de Out Hud et de Bird Show, avec Strategy le label récidive dans l'univers des musiques "dansables" déglinguées et c'est un coup de maître. C'est pourquoi je me permettrais de vous conseiller une petite visite sur la page de Dickow/Strategy sur le site de kranky afin de vous en mettre plein les oreilles.
Strategy - Future Rock (Kranky/Differ-ant, mai 2007)
http://www.myspace.com/strategymusic
Les "stratégies obliques" font partie d'une sorte de tarot divinatoire destiné à l'artiste contemporain. Inventées par Brian Eno, il s'agit d'un jeu de cent dix cartes comportant une idée par carte, sensée aider le créateur dans son travail, lui glisser de nouvelles idées et l'orienter vers de nouvelles voix, à la manière de l'art divinatoire du Y-King, il a largement influencé et aidé les artistes contemporains. Strategy invente donc humblement un futur pour le rock, qui laisserait de côté la légende trash et glamour, pour insister sur l‘improvisation, le plaisir et l'élan provoqué par sa transe spatiale dans un joyeux foutoir, où le funk de Parliamente, le dub de Lee Perry, le post-punk bordélique du Metal Box de PiL et la techno se rencontrent, pour former une mixture sonore totale. Une vision toute personnelle d'un hypothétique "rock" qui ne se dément pas à l'écoute des hypnotiques "Can't Roll Back", "Future Rock" ou de l'incroyable "I Have To Do This Thing (Planete Sauvage Mix)". En ce sens, on pourrait rapprocher les efforts de Dickow sur Strategy des trips hallucinés de Out Hud, également signé chez Kranky (même si le projet semble être aujourd'hui à court de participant pour cause de !!!-queries) sur leur album S.T.R.E.E.T. D.A.D., avec ses basses dubby qui répondent aux boucles synthétiques, le tout soutenu par une rythmique bancale rappelant les meilleurs moments de Pole ou de Tortoise en plus dynamique. L'ensemble reste tout à fait abordable et on pourrait même dire cinématique, tant son univers sonore est personnel et imagé. Dans le genre transe urbaine et psychédélique, nous devions déjà à Kranky la découverte de Loscil, de Out Hud et de Bird Show, avec Strategy le label récidive dans l'univers des musiques "dansables" déglinguées et c'est un coup de maître. C'est pourquoi je me permettrais de vous conseiller une petite visite sur la page de Dickow/Strategy sur le site de kranky afin de vous en mettre plein les oreilles.
Strategy - Future Rock (Kranky/Differ-ant, mai 2007)
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publié le 30 mai 08