Des carillons sonnent dans l’air du soir. Complies, je crois… Les moines vont à la messe. La nuit tombe rapidement en ce mois de Novembre. Les étals se ferment, les portent se closent. Mais parfois, ici ou là, on entend un éclat de rire, des hurlements et des cris.
Dans d’ignobles tripots, la populace parisienne vient prendre son plaisir.
Une odeur acre me prend à la gorge alors que j’entre dans l’un d’eux, et je me mets à tousser, incommodé à la fois par les odeurs, la fumée et le bruit assourdissant. J’arrive de Dijon, où ma famille a été chassée de la ville par nos nouveaux maîtres venus de France. Bah, au vainqueur les dépouilles du vaincu, et à moi la longue route vers Bruxelles où j’espère refaire la fortune et la renommée des miens. Alors, en passant, autant voir le Paris de l’Universelle Aragne, que Dieu le Maudisse !
Odeur d’homme et de bêtes, odeur de cuisine et d’ordures. De graisse, aussi : la graisse des morceaux de lards que l’on fait cuire tombe dans les braises avec un bruit de sifflement, dégageant une odeur de friture difficilement supportable pour qui arrive du grand air, comme moi. L’odeur du vin renversé, affreuse piquette venue du sud de Paris et adouci à la craie, se mêle à celle des corps : corps des hommes, couvert de la sueur de leur labeur du jour, et celle des femmes, couvertes de parfums. Certains ici n’ont pas du voir d’étuves depuis des années.
Quand a moi, j’irai demain : un bon bain et une ribaude pour me laver… Du moment qu’elle n’a pas de maladies et qu’il ne lui manque pas trop de dents, je serai satisfait !
Boudins et saucissons pendent dans un coin, guettés par les chiens qui traînent ça et là, ne récoltant au lieu de viande que des coups de pieds de clients énervés. L’aubergiste est satisfait : il fait froid dehors, et les bourgeois viennent s’encanailler dans les gargotes et tavernes comme la sienne. Demain, ses servantes auront du mal à marcher, fourbues après s’être faites besognées par des soudards, mais sa bourse, contrairement a celle de ses clients, sera pleine.
Les servantes, vieilles avant l’age, au dents déchaussées, passent de table en table, apportant du mauvais vin pour les pauvres, et du vin de Chaillot ou d’Argenteuil pour les plus riche, ceux vers qui elle trémoussent leur postérieur fatigué dans l’espoir de se faire remarquer. Elles sont pourtant joyeuses, paillardes, et elles n’hésitent pas à se moquer des hommes qui se font trop pressant avec elle, déclenchant les éclats de rire de leurs rivaux. Les putains tiennent leur cour comme des dames.
Je souris de leur minauderies, voyant bien qu’entre les bouges de Paris ou de Dijon, la différence est minime : partout la même clientèle, les mêmes blagues salaces et la même envie d’oublier sa journée de labeur.
La porte s’ouvre. Un groupe entre, qui fait froncer les sourcils du tenancier. Il la connaît, cette engeance, des étudiants, autant dire des vauriens !
Les étudiants, c’est faignant et compagnie ; ça sème le trouble le soir, ça viole les filles et surtout, surtout, c’est sans le sou. Mais les éjecter, c’est s’attirer l’ire des clients, car ces bougres de bacheliers sont appréciés dans les faubourgs ! Jusqu’à la justice du roi qui n’ose les punir ! Enfin, il faut faire avec : ils ramènent de l’animation et poussent les autres clients a la consommation…
L’aubergiste fronce les sourcils, et moi, je les regarde entrer, détaillant leur assurance, leur bonne mine, le rouge à leur joues témoigne que ce n’est pas leur première halte dans un tripots. Certains portent encore, au mépris du temps, la croix de Saint André, ce qui me renvoie a la nostalgie de mon pays.
« Jeannin !! Mon ami aubergiste !! La bonne heure de te voir ! J’espère que tu n’en veux pas trop à notre joyeuse bande de passer te voir ? »
L’aubergiste grommelle en voyant l’homme déjà fait qui s’approche de lui. Le pire de toute cette bande de caïmans ! On raconte qu’il a déjà été condamné au chanvre et qu’il s’en est sorti par la grâce du Roi. Etudiant… à son âge…
« Apporte nous du vin de Suresnes, ce soir, nous somme en veine d’argent !! », dit l’homme en sortant sous le nez de Jeannin une pièce d’argent.
« Par Dieu, François, tu a volé un évêque ?! »
« Non, un chanoine. Mais l’affaire est là, et nous avons grande soif ! Du vin te dis-je ! Et va chercher Céline, celle que tu caches depuis une semaine, la nouvelle dont on m’a dit grand bien ! »
La soirée se poursuit alors que, un à un, les étudiants commencent à lutiner les serveuses, n’hésitant pas à passer une main sous leur jupe avant de se respirer les doigts d’un air grivois.
Soudain, François, le chef de cette bande, se dresse avant de tituber, le visage rouge et congestionné par le vin. Il grimpe d’un air qui se veut important sur la table et se met à chanter une chanson de sa composition. « Car cet imbécile chante en plus… », se dit l’aubergiste, qui ne l’ignore pourtant pas.
Mais les clients ont l’air d’apprécier, et certains, habitués des bas fonds de Paris, reprennent en cœur en même temps que François, créant une cacophonie de voix éraillées. Je me surprends à battre du pied sous la table, ignorant les paroles.
Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ? »
« François ! Plutôt que de causer des louves d’avant, pourquoi tu viens pas lutiner celles d’aujourd’hui ! Puceau !!! » S’exclame une catin en remontant sa jupe au dessus de son nombril, exposant aux yeux de tous sa toison abondante.
« Foutre Dieu, la friponne, tu va pas parler, tu va crier !! » lui rétorque François en se jetant à genoux devant elle. Sa tête disparaît dans la jupe qu’elle rabat sur lui d’un air paillard, alors que retentissent les rires des soudards…
Mais ces rires s’arrêtent alors qu’entre une troupe d’hommes en arme. L’un d’eux abats son poing ganté sur une table. Lourdement armés, et les épées dégainés, ils savent qu’ils ne sont pas chez eux dans ces tripots.
« Aubergiste, on nous a dit qu’on pourrait trouver ici un bachelier, un écorcheur. François de Montcorbier, dit Villon. »
« Il n’est pas ici… »
Un remue-ménage se fait entendre et une catin bas des bras alors qu’un homme la porte sur ses épaules.
« Je suis là, capitaine, ou bien est ce sergent d'armes ! Entre les cuisses de la Grosse Margot ! Que puis je faire pour toi ? »
« Nous accompagner… sans faire d’histoire… »
« Je te suis, Messire, je me demandais justement ou je pourrais dormir ce soir, et le Châtelet me semble un lieu commode. Qui plus est, je n’ai rien fait dont j’eus à rougir… cette semaine ! »
Je regarde les gens d’armes avec mépris alors qu’ils emmènent le soudard, qui continue de chanter une chanson ou il est dit qu’ « il n’est de bon bec qu’a Paris »
Quelques jours plus tard, à la prison du Chatelet….
« Par ma foi, on dirait bien que cette fois ci je doivent finir pendu… Maudit soit les amis, c’est d’eux que viennent toujours vos peines. Foutu vin ! Et foutu notaire ! Avait tu besoin de venir aider tes valets que nous rossions ! Bah, la vie est éphémère et j’aurai bien vécu !
Enfin... J’espère que Père Guillaume réussira son appel au parlement… Sinon, et bien on me passera le dernier collier que je porterais…
Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! »
Quelques jours de plus, et François apprendra que le parlement, soucieux de calmer les faubourgs qui s’agitaient, commuait sa peine en bannissement. Paris lui était désormais interdite.
Il disparaît de l’histoire à ce moment là. Nul ne sait ce qu’il est devenu, nul ne sait ou il est mort. Un autre François, Rabelais, affirmera dans l’une de ses lettres qu’il serait mort dans un monastère non loin de Poitiers. Mais aucune preuve n’existe.
Quand à moi, je pars pour les Flandres, au service de Monseigneur de Bourgogne et de son père, le Roi des Romains. Adieu, Paris, Adieu la France, Adieu François et ses chants !
Ce texte est la nouvelle version d’un vieux texte que j’avais écrit sur ce même site il y a deux ans a peu prêt. Etant en ce moment en panne d’inspiration, je reprend mes vieux écrits et les remanie quelque peu. J’espère que l’on ne m’en voudra pas.
Dans d’ignobles tripots, la populace parisienne vient prendre son plaisir.
Une odeur acre me prend à la gorge alors que j’entre dans l’un d’eux, et je me mets à tousser, incommodé à la fois par les odeurs, la fumée et le bruit assourdissant. J’arrive de Dijon, où ma famille a été chassée de la ville par nos nouveaux maîtres venus de France. Bah, au vainqueur les dépouilles du vaincu, et à moi la longue route vers Bruxelles où j’espère refaire la fortune et la renommée des miens. Alors, en passant, autant voir le Paris de l’Universelle Aragne, que Dieu le Maudisse !
Odeur d’homme et de bêtes, odeur de cuisine et d’ordures. De graisse, aussi : la graisse des morceaux de lards que l’on fait cuire tombe dans les braises avec un bruit de sifflement, dégageant une odeur de friture difficilement supportable pour qui arrive du grand air, comme moi. L’odeur du vin renversé, affreuse piquette venue du sud de Paris et adouci à la craie, se mêle à celle des corps : corps des hommes, couvert de la sueur de leur labeur du jour, et celle des femmes, couvertes de parfums. Certains ici n’ont pas du voir d’étuves depuis des années.
Quand a moi, j’irai demain : un bon bain et une ribaude pour me laver… Du moment qu’elle n’a pas de maladies et qu’il ne lui manque pas trop de dents, je serai satisfait !
Boudins et saucissons pendent dans un coin, guettés par les chiens qui traînent ça et là, ne récoltant au lieu de viande que des coups de pieds de clients énervés. L’aubergiste est satisfait : il fait froid dehors, et les bourgeois viennent s’encanailler dans les gargotes et tavernes comme la sienne. Demain, ses servantes auront du mal à marcher, fourbues après s’être faites besognées par des soudards, mais sa bourse, contrairement a celle de ses clients, sera pleine.
Les servantes, vieilles avant l’age, au dents déchaussées, passent de table en table, apportant du mauvais vin pour les pauvres, et du vin de Chaillot ou d’Argenteuil pour les plus riche, ceux vers qui elle trémoussent leur postérieur fatigué dans l’espoir de se faire remarquer. Elles sont pourtant joyeuses, paillardes, et elles n’hésitent pas à se moquer des hommes qui se font trop pressant avec elle, déclenchant les éclats de rire de leurs rivaux. Les putains tiennent leur cour comme des dames.
Je souris de leur minauderies, voyant bien qu’entre les bouges de Paris ou de Dijon, la différence est minime : partout la même clientèle, les mêmes blagues salaces et la même envie d’oublier sa journée de labeur.
La porte s’ouvre. Un groupe entre, qui fait froncer les sourcils du tenancier. Il la connaît, cette engeance, des étudiants, autant dire des vauriens !
Les étudiants, c’est faignant et compagnie ; ça sème le trouble le soir, ça viole les filles et surtout, surtout, c’est sans le sou. Mais les éjecter, c’est s’attirer l’ire des clients, car ces bougres de bacheliers sont appréciés dans les faubourgs ! Jusqu’à la justice du roi qui n’ose les punir ! Enfin, il faut faire avec : ils ramènent de l’animation et poussent les autres clients a la consommation…
L’aubergiste fronce les sourcils, et moi, je les regarde entrer, détaillant leur assurance, leur bonne mine, le rouge à leur joues témoigne que ce n’est pas leur première halte dans un tripots. Certains portent encore, au mépris du temps, la croix de Saint André, ce qui me renvoie a la nostalgie de mon pays.
« Jeannin !! Mon ami aubergiste !! La bonne heure de te voir ! J’espère que tu n’en veux pas trop à notre joyeuse bande de passer te voir ? »
L’aubergiste grommelle en voyant l’homme déjà fait qui s’approche de lui. Le pire de toute cette bande de caïmans ! On raconte qu’il a déjà été condamné au chanvre et qu’il s’en est sorti par la grâce du Roi. Etudiant… à son âge…
« Apporte nous du vin de Suresnes, ce soir, nous somme en veine d’argent !! », dit l’homme en sortant sous le nez de Jeannin une pièce d’argent.
« Par Dieu, François, tu a volé un évêque ?! »
« Non, un chanoine. Mais l’affaire est là, et nous avons grande soif ! Du vin te dis-je ! Et va chercher Céline, celle que tu caches depuis une semaine, la nouvelle dont on m’a dit grand bien ! »
La soirée se poursuit alors que, un à un, les étudiants commencent à lutiner les serveuses, n’hésitant pas à passer une main sous leur jupe avant de se respirer les doigts d’un air grivois.
Soudain, François, le chef de cette bande, se dresse avant de tituber, le visage rouge et congestionné par le vin. Il grimpe d’un air qui se veut important sur la table et se met à chanter une chanson de sa composition. « Car cet imbécile chante en plus… », se dit l’aubergiste, qui ne l’ignore pourtant pas.
Mais les clients ont l’air d’apprécier, et certains, habitués des bas fonds de Paris, reprennent en cœur en même temps que François, créant une cacophonie de voix éraillées. Je me surprends à battre du pied sous la table, ignorant les paroles.
Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ? »
« François ! Plutôt que de causer des louves d’avant, pourquoi tu viens pas lutiner celles d’aujourd’hui ! Puceau !!! » S’exclame une catin en remontant sa jupe au dessus de son nombril, exposant aux yeux de tous sa toison abondante.
« Foutre Dieu, la friponne, tu va pas parler, tu va crier !! » lui rétorque François en se jetant à genoux devant elle. Sa tête disparaît dans la jupe qu’elle rabat sur lui d’un air paillard, alors que retentissent les rires des soudards…
Mais ces rires s’arrêtent alors qu’entre une troupe d’hommes en arme. L’un d’eux abats son poing ganté sur une table. Lourdement armés, et les épées dégainés, ils savent qu’ils ne sont pas chez eux dans ces tripots.
« Aubergiste, on nous a dit qu’on pourrait trouver ici un bachelier, un écorcheur. François de Montcorbier, dit Villon. »
« Il n’est pas ici… »
Un remue-ménage se fait entendre et une catin bas des bras alors qu’un homme la porte sur ses épaules.
« Je suis là, capitaine, ou bien est ce sergent d'armes ! Entre les cuisses de la Grosse Margot ! Que puis je faire pour toi ? »
« Nous accompagner… sans faire d’histoire… »
« Je te suis, Messire, je me demandais justement ou je pourrais dormir ce soir, et le Châtelet me semble un lieu commode. Qui plus est, je n’ai rien fait dont j’eus à rougir… cette semaine ! »
Je regarde les gens d’armes avec mépris alors qu’ils emmènent le soudard, qui continue de chanter une chanson ou il est dit qu’ « il n’est de bon bec qu’a Paris »
Quelques jours plus tard, à la prison du Chatelet….
« Par ma foi, on dirait bien que cette fois ci je doivent finir pendu… Maudit soit les amis, c’est d’eux que viennent toujours vos peines. Foutu vin ! Et foutu notaire ! Avait tu besoin de venir aider tes valets que nous rossions ! Bah, la vie est éphémère et j’aurai bien vécu !
Enfin... J’espère que Père Guillaume réussira son appel au parlement… Sinon, et bien on me passera le dernier collier que je porterais…
Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! »
Quelques jours de plus, et François apprendra que le parlement, soucieux de calmer les faubourgs qui s’agitaient, commuait sa peine en bannissement. Paris lui était désormais interdite.
Il disparaît de l’histoire à ce moment là. Nul ne sait ce qu’il est devenu, nul ne sait ou il est mort. Un autre François, Rabelais, affirmera dans l’une de ses lettres qu’il serait mort dans un monastère non loin de Poitiers. Mais aucune preuve n’existe.
Quand à moi, je pars pour les Flandres, au service de Monseigneur de Bourgogne et de son père, le Roi des Romains. Adieu, Paris, Adieu la France, Adieu François et ses chants !
Ce texte est la nouvelle version d’un vieux texte que j’avais écrit sur ce même site il y a deux ans a peu prêt. Etant en ce moment en panne d’inspiration, je reprend mes vieux écrits et les remanie quelque peu. J’espère que l’on ne m’en voudra pas.
réactions : 26
lectures : 1222
votes : 10
Voici les 26 dernières réactions à ce commentaire
Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
c'est François Rabelais, notre illustre prédécesseur, qui le dit... et Rabelais était un menteur fameux !
Grand merci pour le tuyau, je vais creuser ça. Avec un peu de chance, je devrais trouver la tombe et, qui sait, un vieux parchemin?
D'abord, merci a tous.
Soleil : l'hypocras, j'en fait moi meme. j'ai trouvé un endroit ou ils vendent un sachet avec les epices. reste a rajouter le vin (un macon rouge va tres bien), et du sucre brun.
Gadjo : si tu y étais en 68, il a escaladé la façade de la résidence Macon, dans les résidence Mansart. pour ceux qui ne le savent pas, cette résidence était a l'époque (et même après, mais pas officiellement), strictement réservée au filles.
Mysteryy : merci pour Brassens. Et non, pour ballade, c'est une bête faute d'orthographe, qui sont nombreuses dans mes textes, j'en suis désolé, mais moi et l'orthographe, on est fâché depuis le primaire.
Botticella : on est plutôt au bas moyen age, le haut moyen age étant antérieur au bas moyen age. Et a l'époque, la renaissance commence en Italie et en Flandres.
cither : je vais en réécrire d'autres, si mon inspiration ne revient pas rapidement. A la santé du cappuc' !!!
Aragorn : apparemment tu es le seul a trouver ca trop long. Mais bon, les livres ca doit te faire peur, leur longueur, donc ?
Albireo : les comtes de flandres étaient aussi duc de bourgogne, surtout, gardant le titre malgré la spoliation dont ils furent victimes par Louis XI. Ils devinrent par la suite roi d'Espagne. D'ailleurs, quand Philipe le Beau, comte de flandre et duc de bourgogne, arriva en Espagne, on ne parla pas de l'arrivée des flamands mais de l'arrivée des bourguignons (alors qu'il etait né en flandres, et que quasi toute son escorte etait flamande).
Live and Let Live : c'est aussi l'idée. C'est une copine du site qui m'a dit que je devrai faire ca car elle aimait bien certains de mes textes.
Imari : hear me Roar !
voila !!!
Soleil : l'hypocras, j'en fait moi meme. j'ai trouvé un endroit ou ils vendent un sachet avec les epices. reste a rajouter le vin (un macon rouge va tres bien), et du sucre brun.
Gadjo : si tu y étais en 68, il a escaladé la façade de la résidence Macon, dans les résidence Mansart. pour ceux qui ne le savent pas, cette résidence était a l'époque (et même après, mais pas officiellement), strictement réservée au filles.
Mysteryy : merci pour Brassens. Et non, pour ballade, c'est une bête faute d'orthographe, qui sont nombreuses dans mes textes, j'en suis désolé, mais moi et l'orthographe, on est fâché depuis le primaire.
Botticella : on est plutôt au bas moyen age, le haut moyen age étant antérieur au bas moyen age. Et a l'époque, la renaissance commence en Italie et en Flandres.
cither : je vais en réécrire d'autres, si mon inspiration ne revient pas rapidement. A la santé du cappuc' !!!
Aragorn : apparemment tu es le seul a trouver ca trop long. Mais bon, les livres ca doit te faire peur, leur longueur, donc ?
Albireo : les comtes de flandres étaient aussi duc de bourgogne, surtout, gardant le titre malgré la spoliation dont ils furent victimes par Louis XI. Ils devinrent par la suite roi d'Espagne. D'ailleurs, quand Philipe le Beau, comte de flandre et duc de bourgogne, arriva en Espagne, on ne parla pas de l'arrivée des flamands mais de l'arrivée des bourguignons (alors qu'il etait né en flandres, et que quasi toute son escorte etait flamande).
Live and Let Live : c'est aussi l'idée. C'est une copine du site qui m'a dit que je devrai faire ca car elle aimait bien certains de mes textes.
Imari : hear me Roar !
voila !!!
nous plonge dans l'ambiance qu'il dégaqge et nous donne très très très soif.
tiens, je boirais bien un pti verre d'hypocras
))
tiens, je boirais bien un pti verre d'hypocras
))je vais finir par te trucider (tu l'auras pas volé
) !!
) !! 28/05/08 à 10h29
Tant mieux, parce que comme ça ceux qui n'étaient pas sur PCC il y a 2 ans peuvent profiter de ta verve 

Comme Louise ,je dis : Villon ,passage incontournable de la poésie de tous les temps .
A vous lire ,je m'y serais cru ,dans ce haut Moyen Age ,que j'aime en imagination.... pour le mystère de cette période de l'Histoire ,et ses poètes ,peintres qui nous insufflent l'étrangeté de ces temps reculés...
Mais... de Dieu (oh!pardon) ,ça ripaillait sec, avec les" soudards "et les " ribaudes "!
Merci pour ces deux "ballades " dédiées aux gentes "Dames " et aux "Pendus"
A vous lire ,je m'y serais cru ,dans ce haut Moyen Age ,que j'aime en imagination.... pour le mystère de cette période de l'Histoire ,et ses poètes ,peintres qui nous insufflent l'étrangeté de ces temps reculés...
Mais... de Dieu (oh!pardon) ,ça ripaillait sec, avec les" soudards "et les " ribaudes "!
Merci pour ces deux "ballades " dédiées aux gentes "Dames " et aux "Pendus"
Bonne idée de réécrire ce texte.
Superbe évocation haute en couleurs de cette époque lointaine, pleine de bruit, de fureur et d'odeurs... à laquelle je n'aurais pas aimé vivre.
Que la peste enserre l'Universelle Aragne et ses ignobles fillettes, certes.
Et je suis bien d'accord avec Tiger, Villon est indispensable. C'est l'un des plus grands poètes de toute l'histoire de la littérature.
Que la peste enserre l'Universelle Aragne et ses ignobles fillettes, certes.

Et je suis bien d'accord avec Tiger, Villon est indispensable. C'est l'un des plus grands poètes de toute l'histoire de la littérature.
tu fais ce que tu veux avec tes textes.
( sinon comme imari ! )
(entre nous : nouveau tome anglais du trône de fer prévu pour septembre, selon le site de l'auteur... si c'est vrai, promis, je viendrai te narguer et te faire pleins de révélations !! Je sais, je suis une ordure)
plaisir de te relire
!
!ca fait longtemps que je veux parler de Omar Khayyam et impossible d'ecrire quoi que ce soit.
28/05/08 à 06h36
ça fait du bien.
28/05/08 à 00h41
sur le comm de Pivert...Balayer Villon, non mais...
Et
Dame du ciel, régente terrienne
Empérière des infrenaux paluts...
Moi j'ai tété Villon au berceau...C'est le lait que je préfère...
Et
Dame du ciel, régente terrienne
Empérière des infrenaux paluts...
Moi j'ai tété Villon au berceau...C'est le lait que je préfère...
y'avais mon père, a Dijon, en fac de droit, mais il était a l'UNEF.
28/05/08 à 00h33
mais c'est la vie.
Dijon, pour moi, c'est les années 90, de 92 a 99 pour être précis !
Et la fontaine, pour nous, c'etait celle du bas reuset, ou bien celle de la place emile zola.
Mais là, mon com se place a Paris.
Et la fontaine, pour nous, c'etait celle du bas reuset, ou bien celle de la place emile zola.
Mais là, mon com se place a Paris.
28/05/08 à 00h15
entrions à la Concorde, les dimanche soir, en chantant, "NOn, NOn, le DUC n'est pas mort ...", JP brandissait notre totem, deux ballons ovales, rouge et bleu, au bout d'une longue perche. Et quand le temps était clément et l'humeur joyeuse, nous nous dénudions et tournions autour de la fontaine qui, alors, ornementait la place Darcy. Nous étions un peu con, disons le! La patronne de la Concorde le pensait, elle appelait les flics.


Je réagis à ce commentaire en
Je réagis à ce commentaire en 









lucifer_morningstar
publié le 27 mai 08