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Raconter sa vie ou se la raconter ?
 Raconter sa vie ou se la raconter ?
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catégorie : Moi Moi Moi
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J'étais encore jeune lorsque « Droit de réponse » de Michel Polac fut mis au ban de la télévision par le doigt vengeur de Francis Bouygues, mécontent qu'on puisse prétendre qu'il allait faire de TF1 une « télé de merde ». Je ne m'étendrai pas sur ce qu'est aujourd'hui devenu TF1, juste préciserai-je simplement que mon opinion n'est pas celle de la ménagère de moins de cinquante ans.
A bâtir des murs, on a moins de temps pour cultiver, cela va s'en dire.

Bouygues ne souhaitait pas entendre de critiques. Au lieu de couper le son de sa télévision, il a préféré faire taire l'émission : Il était Dieu après-tout. La censure lui a permis de recréer un monde où la critique de « soi » n'est pas permise : Entre fiction et psychose ?

« Droit de réponse » c'était l'impertinence à outrance, le poil-à-gratter de la télé, la mauvaise foi cathodique, un repère de grandes gueules qui n'avaient pas leurs bouches cousues, et qui étaient prêtes à en découdre sur tout et n'importe quoi. En un mot comme en cent, c'était le bordel.
Mais qu'il était bon de pouvoir s'exprimer en choquant les bien-pensants et les bien-pensantes, tous les gens bien intentionnés, sans avoir peur de la bienséance. Qu'il était bon de réveiller le dormeur, de lui faire fourmiller le cervelet, de l'inciter à prendre les chemins de travers sans qu'il soit de traverses pour autant.
Polac donnait enfin un sens au poème d'Eluard : « Liberté [...] bien au-dessus du silence j'écris ton nom ».

Bien entendu, il y avait à boire et à manger; surtout à boire. Si l'atmosphère était enfumée, ce n'était pas la conséquence directe des esprits bouillonnants qui sévissaient, éthyliques sans étiquette invectivant des sans éthique étriqués, cyrano imbibés de syrah, non de Bergerac, guignols gais emplis de guignolet, philosophes sous herbe, au pastis assidus, plus qu'à la cigüe.
Bouillon de culture alambiqué, « Droit de réponse » c'était la vie qui s'invitait chez vous, avec toutes les discordances, non-sens et ingérences que cela pouvait comporter.

Aujourd'hui, si nous n'aimons pas ou si nous ne sommes pas d'accord, on se contente de nous dire qu'il ne faut pas lire, pas regarder, qu'on peut très bien faire l'impasse : Et pourquoi ne pas penser tant qu'on y est ? Ne pas confronter ces idées à celles de l'autre, est-ce là, lui montrer du respect ?

Tout objet, quel qu'il soit, mis sur la place publique, doit pouvoir être discuté sans que cela puisse être censuré par son créateur ou par celui qui le diffuse. C'est une atteinte à la liberté des spectateurs que de les empêcher d'écouter ou de lire les critiques d'une œuvre. Que le créateur ne souhaite pas en prendre connaissance, soit, mais qu'il se fasse censeur pour ne pas blesser son ego, je ne peux me permettre d'adhérer à cette conception de l'agora.

Guy Debord, dans « la société du spectacle » dénonce cette avalanche de spectacles contemplatifs que permettent les moyens de productions contemporains. Le spectateur subit et n'agit plus. Toutefois, Debord, en accusant les moyens de production modernes d'être à l'origine de la passivité de l'homme devant ce qu'on lui expose, faisait à mon avis fausse route.

Penser ainsi, c'est remettre en cause ce que Ricœur nomme l' « imputabilité » de chaque être humain qui constitue l'ensemble de ce qu'on peut lui attribuer.
L'individu peut toujours choisir de rester dans la contemplation, de se détourner et parfois même d'agir sur le spectacle. Le seul exemple, qui pourrait faire exception, est celui des panneaux publicitaires. En effet, le passant ne peut les éviter qu'en fermant les yeux, ce qui, vu l'état des trottoirs parisiens, peut entraîner quelques nauséabonds désagréments.
En cela, les panneaux publicitaires sont considérés par certains comme une agression et les anti-pubs qui se font une joie de les maculer ou de les détourner ne font qu'exercer leur droit de réponse sous forme de désobéissance citoyenne. Là encore, l'homme peut s'attribuer une réponse même si celle-ci n'est pas reconnue par la loi.
De plus, L'interactivité est au centre de certaines émissions de télévisions et de radios, dépassés de nos jours par ce nouveau média, internet, qui permet une réponse immédiate. Aussi, contrairement à ce que Debord déclarait, Les moyens de production modernes ne rendent pas la réponse impossible mais il est vrai, bien plus difficile. Outre une accessibilité moins évidente, c'est la solitude de l'individu face au message qu'on lui assène qui peut fragiliser sa position et l'empêcher de produire une réponse, même une simple pensée critique, à ce qui lui est proposé.

De ce premier postulat, Debord en déduisait un second. Cette société du spectacle, par l'intégration du spectaculaire au sein de l'homme, a transformé en simulacres les rapports humains.
Là encore, Debord oublie la responsabilité de l'homme. Celui-ci n'a pas été changé, il s'est adapté.
L'homme a de tout temps, à mon avis, intégré le spectacle en lui. Nous sommes en constante représentation, adaptant nos comportements en fonction des situations et du public présent.

Paul Ricœur va même encore plus loin avec son concept d' « identité narrative ». L'homme se construit en se racontant. C'est l'histoire qu'il se raconte, en l'adaptant bien évidemment aux éléments extérieurs, qui fait de l'homme ce qu'il est. Bien entendu, son appartenance à une société et à des groupes distincts, lie l'homme, comme le pensait Foucault, à des « systèmes de pensées. ». Ces liens constituent les contraintes établies de son récit auxquelles se rajoutent celles de la situation dans laquelle il se trouve. Dès lors, l'homme se tricote une histoire qui rend compte de ces multiples appartenances, cherchant ainsi à donner une cohérence à cet ensemble.
Il est souvent difficile pour celui-ci de mettre à jour cette construction complexe et chaotique car elle est en constante reformulation.

La confession de ses désirs et exigences à autrui peut apparaître comme une solution permettant de mieux se connaître et donc de mettre à jour ce tissu que constitue notre histoire. L'aveu chez Ricœur est une source de savoir, même s'il est constitué d'interprétations.
Michel Foucault, pense toutefois que cette « société de l'aveu », qui puise ses origines dans nos racines chrétiennes, ne permet pas pour autant de s'émanciper des pouvoirs sociétaux et groupaux qui s'exercent sur l'individu. Cette dépendance de l'homme à son milieu ne doit pourtant pas lui faire oublier qu'il est responsable de sa propre existence. En tout savoir réside du pouvoir, et c'est l'utilisation de la confession fait à soi et aux autres qui peut permettre de faire avancer l'homme dans sa construction.

Savoir que l'on se construit sous une forme narrative est une première étape.
Ensuite, il s'agit de « déconstruire » le récit et de comprendre ses mécanismes. Comprendre les choix effectués et comprendre pourquoi ils se sont présentés à nous comme des évidences permet d'effectuer une forme d'auto-critique.
Mais là encore, il serait insuffisant de se contenter d'une confession qui permet d'absoudre tous les pêchés. Si nous ne sommes pas satisfait de nos attitudes ou de nos comportements, alors, il ne suffit pas de le reconnaître pour changer les choses mais il s'agit bien évidemment d'agir. Le contemplatif doit prendre fin. Il faut se donner les moyens d'agir sur le spectacle que l'on donne.

Foucault préconise pour cela un retour aux « arts de l'existence ». Il ne s'agit plus de chercher qui on est mais de chercher à travailler sur soi. Je n'opposerai pas pour ma part les deux actions : La seconde proposition ne pouvant à mon avis être pleinement efficiente que si la première est accomplie. L'homme se fait expert de lui-même, avec un diagnostic dans un premier temps et ensuite par l'application d'une méthode permettant de se construire en fonction de ses propres exigences et valeurs : former une éthique. L'aveu à l'autre peut évidemment être un plus dans la rédaction du diagnostic si son avis est pris en compte.

La comédie humaine devient vaste théâtre d'improvisation où l'homme ne peut se vivre qu'en fonction des contraintes que le milieu extérieur lui impose. Néanmoins, il reste responsable du rôle qu'il se construit et ne doit pas oublier de s'évaluer pour s'améliorer encore et encore car il reste constamment en devenir.
Raconter à l'autre et se raconter, vivre donc, doit permettre de construire une critique de soi en tenant compte des réactions et des réflexions que ce récit peut susciter chez les autres et du dialogue qui peut en découler. Si la production du « soi » dépend de lui, l'homme ne doit pas oublier de « se produire un « soi », digne et respectable, jamais purement individualiste dans la mesure où il se construit dans un certain rapport aux autres. »
Vivre en ne souhaitant entendre que le bien qu'on pense de nous, n'est-ce pas se raconter « la fin de l'histoire et le dernier homme » ?
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Voici les 120 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 09/05/08 à 08h19
...
Debord, je m'en doutais, mais Foucault, ça ne me disait rien dans ce que j'ai lu, et Ricoeur, c'est tellement vaste...Tu veux dire entre guillemets ?
m'en vla à pas "dire" "J'aime beaucoup" pour pas baisser la note... ridicule vraiment effectivement (ma réaction, il s'entend)
 08/05/08 à 23h32
"La société du spectacle" Debord
Surveiller et punir, naissance de la prison" et "histoire de la sexualité II : l'usage des plaisirs" Foucault
"... Car la culture donne forme à l'esprit" de Bruner et "Paul Ricoueur" d'Olivier Mongin pour Ricoeur
Et ce fameux numéro hors-série du point : "Penser l'Homme"

Voilà Tiger ! Et sinon, j'avoue, les textes entre parenthèses, c'est du copier-coller
 08/05/08 à 17h08
d'avoir renversé l'apéro hier soir sur le clavier, ça fait des doublons sur certaines letttres dont les touches sont collées
et facilement (je devais être vraiment fatiquée hier soir, pour n'avoir rien pigé!)
ett relu aussi les réactions, avec l'impression qu'elles ne sontt pas vraiment dans la question du comm, mais je ne saurai expliquer clairement pourquoi, faut que je précise ça dans l'espace déserté de mon cerveau en vacances
 08/05/08 à 11h53
J'vois qu't'es sur tous les bons coups
Je me connecte en soirée, j't'y retrouverai avec plaisir pour refaire notre monde intérieur...
Merci d'héberger mes coucous echt'
 08/05/08 à 11h40
Heureusement qu'on n'a pas toutes les réponses, y'aurait plus qu'à mourir...
Dommâge comm' même pour la blondasse botoxée, ça peut rendre des services !

Sinon, je pense pas que les nouveaux modes de comm' favorisent la mixité sociale ou la diversité culturelle... En fait tu recherches juste avec des critères encore plus sélectifs des personnes de ton "niveau" (sens large, je sais pas quoi dire d'autres, des pairs, des potes, des inféodés aux mêmes dépendances...) toujours plus loin de toi... Je pense que ça favorise pas les échanges avec les gens de ta rue. Le temps que tu passes sur le net', tu le passes pas dehors, et quand tu fais le ratio entre les gens que tu connais uniquement sur le net' par site interposé, et ceux que finalement tu rencontres dans la vraie vie, c'est désespérant... (enfin si t'es de mauvais poil, sinon, c'est juste un peu triste et ça devient un but de faire changer le truc...).
On recherche surtout nos alter egos, mais pas trop alter quand même, quoi, t'vois
Bref, on est d'accord, et re-bref y a du taf !

Sinon, ça me rappelle un peu le stade du miroir et les théories du jeu pour les gamins, tout ça... genre on expérimente "pour du beurre", pour se faire une large palette d'émotions et de situations sociales possibles... Est-ce que finalement on dépasse ce stade ? On se constitue un petit répertoire d'actions/réactions qui nous apporte probablement le plus de plaisir ou le moins de déplaisir, et au fil du temps on tricote notre petit noyau dur... Ceci dit, pour avoir fait de belles rencontres récemment, je trouve qu'on peut tout aussi bien être détricotée (oh, oui... détricote moi ) et retournée comme une crêpe (oh, oui.... ......) par l'immiscion dans ton petit système de pensée d'une personne qui n'avait l'air de rien (par rapport à tes critères antérieurs)...
La vie, c'est bôôôôôôôôôô !
 08/05/08 à 11h22
... L'homme ne saurait être libre. Il ne peut que gagner de l'indépendance en s'ouvrant aux autres. C'est ce que fait gadjo quand il vient ici... Il vient se confronter à l'alter dans toute sa splendeur
Juste il faudrait qu'il enlève sa chasuble de missionnaire.
 08/05/08 à 11h20
... Tout pareil... on est vraiment une bande !!!
 08/05/08 à 10h38
pour la comprenette comme pour le reste, l'autonomie ce n'est pas la "non-dépendance" mais la variété des liens, des pouvoirs et des interactions... ça crée des espaces, des failles où peut surgir un peu de neuf...

bon sinon, Debord, décidément, ce vieux platonicien nostalgique n'apporte pas grand chose au débat, sinon un indéniable sens de la formule : l'aurait réussi dans la pub...
 08/05/08 à 10h03
Je me contente de me vautrer ( mais avec quelle délectation ! ) dans une fange niaiseuse
 08/05/08 à 09h59
... Moi qui croyais que tu allais être jalouse et aigrie...
 08/05/08 à 09h58
... je fais grêve ! Bon d'accord pas tout de suite.

Euh, j'ai pas toutes les réponses loustique, juste des débuts d'indice st surtout pas de certitudes, sinon j'aurais déjà écrit des livres, je m'habillerais en chemise blanche et je serais marié à une pouff blonde à grosses lèvres...

Bon alors, pour les nouveaux modes de comms, je sais pas... Après tout, je crois que c'est dans l'échange que l'homme peut se départir de certaines appartenances trop ancrés aux groupes. Est-ce que finalment la multiplicité des échanges avec des personnes qui ne sont pas de son milieu ne permet pas justement de faire la aprt des choses et donc de voir ce qui lui est hérité de ses groupes d'appartenances... Là j'attends Camio sur le sujet car il a une théorie très intéressante. Bref, les nouveaux modes de comms isolent l'homme parce que celui ne rentre pas dans une démarche réflexive et se contente de rester en sécurité dans sa toutr d'ivoire. Là encore, si les nouveaux modes de comms sont un terrain facilitateur à la paresse, ils ne l'induisent pas. A l'homme d'aller chercher ce qui lui manque et aussi de demander autre chose que ce qu'on essaie de lui vendre. Internet propose encore cette possibilité de trouver des solutions alternatives mais il faut s'armer d'un bon esprit critique pour faire face à la profusion d'informations que l'on y trouve.

Sinon, se décentrer, non ce n'est pas évident d'où l'interêt de l'appel à l'autre pour le diagnostic. Il ne s'agit pas non plus d'aller trouver un coach qui te dira comment être mais bien de trouver des gens qui te diront comment ils te perçoivent... A toi de faire un retour sur toi et d'en tirer les conséquences. Plus facile à dire qu'à faire, bien évidemment mais là encore, c'est je trouve quelque chose vers lequel il faut tendre pour éviter de se laisser piéger par la force des images.

Bref, y'a du taf
dsl (l'enthousiasme de l'imputabilité
reste toutefois une gageure... et ce probablement de plus en plus avec l'élargissement des relations humaines créées par les "nouveaux modes de comm'"

A force de coller aux projections des autres et aux contre-projections qui en résultent, t'en finis parfois à plus savoir trop bien où t'en es

L'homme peut-il se décentrer de soi-même suffisamment pour se produire un soi ? quelle zone de la conscience est capable de ça à ton avis, Echt' ?

Et je suis d'accord, ça renvoie ensuite beaucoup au bien et au mal, à l'aspect moral ? et au suis-je apte à être un homme ? et tout ça reste bien relatif à l'environnement ? Bref, y a du taf

(Au fait, finalement, l'était lisible ta bafouille , j'retire tout c'que j'ai dit)
Lui qui surfe sur nos culpabilités passées et à venir pour asseoir sa main-mise sur les consciences
 08/05/08 à 09h27
Si la réponse est possible sur les émissions TV, elle reste extrêmement formatée (tapez 1, tapez *... on va jusqu'à taper les étoiles, faut l'faire, remarque, merci la télé) ; s'agit-il toujours d'une
Un où des opinions diverses peuvent se confronter, s'affronter, sans censure, sans flagornerie, un DÉBAT koâ...
Même que machimacha a failli réfléchir, c'est dire !

( sinon, j'ai pas d'avis sur la question, Echty, mais je vais essayer aussi d'y réfléchir si machi veut bien me louer un ou deux neurones, à vil prix bien sûr ! )
 07/05/08 à 23h29
 07/05/08 à 23h14
tout de même je tiens à le dire, je remercie Fougueuse Ritale pour autre chose. Suis tombée à contrepoint. Allez, je m'en vais va.
comme quoi, tout fait ventre.
(moi non plus je sais pas de quoi je parle)
 07/05/08 à 22h57
je suis juste polémique et un peu à cran sur ces questions; je vous embrasse!
 07/05/08 à 22h57
Je suis sûr que sous le signe du V. tu te susceptibilises même pas !
C'est un vilain défaut.
Enfin ça dépend de qui me susceptibilise, en fait.
 07/05/08 à 22h53
... C'est gentil de me soutenir. Ceci dit, je peux d'ores et déjà te dire que ça ne tue pas.
 07/05/08 à 22h48
 07/05/08 à 22h48
(je te réponds ici, ça me permet de continuer de penser du côté droit tout en regardant la nouvelle star du côté gauche) (euh, ici on parle d'être passif, de se la raconter aux autres et de faire de son mieux pour devenir meilleur, c'est ça?). Bon, alors vaut mieux que je file.
j'ai pas lu ta réac Figolu...
 07/05/08 à 22h45
et je le dis sans animosité
 07/05/08 à 22h44
je ne me soustrait pas à l'influence de la pub. Vraiment, "tous" ceux que tu interrogeais déclaraient s'y soustraire ? Quel manque de discernement de leur part : il y a le message "direct", évident, genre "cette lessive est la plus efficace". Et il y a d'autres niveaux de persuasion : les couleurs utilisées, le joli emballage, les associations d'idées... j'ai voulu être publicitaire quand j'étais ado, et j'avais réalisé quelques créations manipulatrices du genre. Très excitant d'exercer ainsi son pouvoir. Mais pourri : j'ai vite refusé de continuer.

Sinon, la rébellion a toujours été à la mode, depuis les films de gangsters ou d'outlaws, et même avant dans les romans racontant les tribulations des persécutés et des incompris. Depuis la fin du règne des religions, en Occident en tout cas. Ce qui n'empêche pas d'avoir un impact dans la rébellion. Aucune rébellion n'est vaine si elle part d'un besoin de justice réel. Elle n'est pas vaine si elle est sincère.
Je ne m'isole pas en me rebellant, j'existe à travers l'expression de ça.

Et, si ! ça sert de grimer les affiches : ça exprime quelque chose que d'autres pensent, et qu'ils n'auraient pas cru que l'on soit nombreux à le penser. la preuve : même s'il a parfois été récupéré, le mouvement antipub a été reconnu et bien reconnu, il a fait débat.

La rébellion, si elle sert à quelque chose, sert à débattre. A construire, à concevoir de nouvelles voies. Enfin, j'dis ça, mais c'est sans doute parce que je suis optimiste !
 07/05/08 à 22h40
... insuffisant c'est une chose mais c'es tout de même permettre de récupérer du fric que les mutinationales confisquent à la collectivité et c'est également leur faire reconnaître que la pub n'est pas de l'art, pas plus qu'il n'est là pour informer mais qu'elle est bien là pour faire vendre.

Quant au message anti-pubs, y'a l'idée de mettre en évidence l'action de la pub de véhiculer des schémas de vie où la contestation n'a pas sa place. C'est pas assez mais c'est un début. On minimise un peu trop souvent les petites actions qui peuvent faire boule de neige.
 07/05/08 à 22h32
C'est insuffisant! eu égard à la machine en face... c'est de l'épi phénomène... faut du gros mon lou! n'oublie pas la puissance des multinationales! tu veux grimer de l'affiche? zy va, ça fait plaisir à la "démocratie" (tiens tu devrais lire Rancière aussi)
 07/05/08 à 22h28
ok; j'explicite: ce qui constitue le "sujet" c'est l'événement, sinon on est dans la redite et on se compare les bretelles de nos chaussures...
si le "sujet" est politique, quel est le lieu de son assomption? La grève!
et pour te provoquer je cite "le sujet c'est le parti" hi
 07/05/08 à 22h26
... multipliez les procès contre les antipubs, ça permet de mettre les publicitaire face à leurs contradictions. Il déclarent que l'espace publicitaire c'est le support de l'affiche et ils récament des commes astronomiques pour le manque à gagner. C'est bien là une preuve que l'affiche a une influence. A défaut de mettre foin à la pub... y'aurait moyen de taxer la pub en fonction des environnements dans lesquels elle s'expose.Ca ferait au moins des sous pour la collectivité.
 07/05/08 à 22h21
la dictature du discours publicitaire n'existe pas! quand je bidonnais des sondages pour payer mes études, tous les gens interrogés prétendaient échapper au discours publicitaire et le critiquaient comme infamie, tous! ... et pourtant, aux résultats des sondages, apparaissait l'évidence de l'efficacité de la pub: tout le monde chie sur la pub mais elle fait le boulot. Ca ne sert à rien de grimer les affiches. C'est même dans l'air du temps qui exige que chacun se constitue en rebelle : le système s'en sert pour mieux nous isoler.
 07/05/08 à 22h11
... faut que tu développes aprce que là, je suis pas.
 07/05/08 à 22h09
... Pour Debord, ben il aurait du le penser plus fort et aussi centrer le débat sur l'homme... mais bon, c'est mon avis.

Le choix de pouvoir se relacher parfois, ben pourquoi pas. Un bon divertissement ça ne fait de mal à personne. J'suis sûr que Foucault aurait kiffé "fast and furious"... Nan bon d'accord. Ceci dit, on peut aussi appliquer son sens critique à des crétineries... ça marche !

Tout à fait d'accord sur ce que tu dis concernant les détournements.
je dois placer ailleurs liberté et responsabilité, peut- être dans des choix chaque fois uniques, ponctuels, qui finissant par dessiner une ligne de vie, quand je regarde par- dessus mon épaule le chemin parcouru...
Une ligne que je n'ai ni souhaitée ni imaginée a priori.
 07/05/08 à 22h04
les modalités de son apparition qui sont, elles, historiques... tu débordes donc la pensée de Debord et tu demeures dans une "métaphysique du sujet"
 07/05/08 à 22h02
...ben oui, mais ce que tu dis, c'est accepter de ne pouvoir rien maîtriser, c'est donc ne rien pouvoir s'imputer et pourquoi pas totalement se déresponsabiliser. Il y a plein de choses qui m'échappent mais même contre le vent, je veux continuer d'avancer même si sans m'en rendre compte, je tourne en rond. Je sais que la vie me transforme mais à moi de faire en sorte d'essayer de placer quelques tuteurs pour continuer à pousser vers le haut. Je n'ai pas la prétention de réussir mais d'essayer.
 07/05/08 à 21h59
Le système Fogiel permettait au moins un peu de débordement car l'émission "on ne peut pas plaire à tout le monde" était en direct.
Contrairement à tous les autres talk-shows de lépoque et ceux d'aujourd'hui ou tout est en différé, monté pour filtrer les saletés, les éclats indésirés, les débats trop profonds, etc.
Je me souviens que sur le plateau de Fogiel, il y a eu des petites perles génératrices de débat : Dieudonné, les Wampas...
 07/05/08 à 21h58
anima naturaliter christiana ! (Bon, je vais me coucher avec les Cahiers de Malte Lauris Brigge plutôt que de faire entendre des propos aussi subversifs)

Arba, les gnocchi, c'est bon avec la daube provençale, le thon, je préfère plat, à la plancha, avec un filet d'huile d'olive...

Soir à toutti...(et tatoo, et à mon loup trop beau qui doit rôder dans les parages)
 07/05/08 à 21h57
moi j'aime pas les catho, fussent-ils théoriciens de la Bible comme discours sur le monde... il reste un substrat nauséabond; ceci dit Ricoeur est beau!
 07/05/08 à 21h56
Tu penses que Debord, en accusant les moyens de production modernes d'être à l'origine de la passivité de l'homme devant ce qu'on lui expose, faisait à mon avis fausse route. Je crois qu'il savait très bien que ces moyens de prod n'engendraient pas la passivité des gens, mais flattaient cette passivité, de sorte qu'au lieu d'être acteur de sa vie, le spectateur se permet, en regardant les divertissements de masse, de ne plus penser, de ne plus se socialiser.
La passivité, comme l'intelligence, tout le monde en a. Et comme l'intelligence ou l'esprit critique, elle se cultive : à force de ne se contenter que des Cauet, des tubes en vogue et des divertissements à sensations, on émousse son propre sens critique. En disant ça, on est en phase, me semble-t-il, avec Ricoeur.
Oui, les gens ont des cerveaux disponibles dès le départ. Heureusement ! Ils intègrent ainsi les discours possibles, adaptant leurs comportements en fonction des situations et du public présent", comme tu le dis.

Sinon, moi aussi j'ai pris l'habitude, pendant plusieurs années (dès 1999-2000) de transformer en débat public les affichages de pub : en les détournant, en les tournant en dérision... Ca fait du bien, ça parle pour certains d'entre nous, et ça casse la dictature du discours publicitaire.

Je crois qu'il ne s'git pas seulement de se donner le moyen de refuser le message pub (ou le discours de masse), parce qu'individuellement, en faisant ça, on ne construit pas de débat contradictoire. D'où la nécessité d'afficher son opinion, de l'afficher au plus grand nombre, en invitant les autres à afficher les leurs. En détournant une affiche par un message au public, on partage cette pensée : et en l'offrant à ceux qui se reconnaissent dedans, on commence à construire un discours "à contre-courant". Le débat public a déjà lieu quand il y a quelqu'un pour lire ton graffiti.

En toute forme d'expression réside du pouvoir !
(et effectivement, quand cette expression est imposée comme étant la seule, ce pouvoir est illégitime).
 07/05/08 à 21h55
... être celui que l'on se raconte... alors persévérer dans son être. C'est une façon de progresser vers l'Etre... Moi, moi, je veux être grand et beau tout en sachant que l'atteihndre est impossible et non souhaitable.
 07/05/08 à 21h54
bon, je retourne réfléchir
... oui tu as bien raison, on ne ratait aucune de ces émissions même si parfois il fallait renoncer à une partie importante de la nuit.
Si cette interactivité, ces partis pris et ces controverses revenaient dans le même désordre, à coup sûr, pour des tranches de vraie vie, je rebrancherais ma télé !
 07/05/08 à 21h54
 07/05/08 à 21h53
et hasards de l'existence provoquent des torsions inattendues dans nos visions du monde et nos choix, et ce sont ces torsions selon moi qui font la qualité "baroque" et unique de chaque histoire de vie.
Mais j'aime aussi, pour son harmonie, la rectitude toute classique d'une vie menée fermement par des principes souverains... une vie un peu kantienne, qui jamais ne dé- vie
 07/05/08 à 21h50
 07/05/08 à 21h48
le discours sur la sexualité est contemporain de la naissance des confessionnaux, les curés sont dans la place et on a une sévère nomenclature des pratiques in /out aujourd'hui, ce qui, paradoxalement permet au "sujet" de se croire mieux jouisseur quand il est "out" ; yeap
 07/05/08 à 21h47
... à chaque défaut sa qualité et à chaque qualité son défaut... La perfection n'existe pas et je ne la souhaite à personne... C''est se construire en fonction de ces convictions que je trouve intéressant. Faire des choix et surtout les assumer.
 07/05/08 à 21h45
... tu crois que moi aussi ? pour le fond chrétien... Mon Dieu !
 07/05/08 à 21h45
on n'a pas la même recette mais j'veux bien essayer !
 07/05/08 à 21h44
... je n'ose te le demander.. où ça te parle...
 07/05/08 à 21h44
.. d'accord !
 07/05/08 à 21h42
je suis en train de relire ton com et ce qui me vient c'est que l'on n'a pas la même "philosophie du sujet"... il faut que tu lises Badiou...
 07/05/08 à 21h41
Tu pourrais quand même le dire en grec ! Gnoti seauton, en fin, quoi...
 07/05/08 à 21h41
... Pourtant je sens bien que ça me parle quelque part, mais où?
l'examen de conscience, et en plus j'ai un fond chrétien incurable, que faire? ^^
 07/05/08 à 21h39
Entre "nosce te ipsum" et "deviens ce que tu es", l'art de cultiver ses failles et ses défauts, "comme ces grotesques", etc. etc. une conception baroque de soi comme individuation par l'imperfection
 07/05/08 à 21h39
... je fais qu'est ce que je veux car je suis jaloux !
 07/05/08 à 21h38
... On parle d'un idéal vers lequel tendre... comme la liberté ou plein d'autres concepts du même acabit...

Et pour DDR, tout à fait d'accord avec toi.
 07/05/08 à 21h35
... pourtant je l'ai souvent eu dans la mêlée, la tête.. . Mais merci
C'est la place à la vie, l'interaction, même si Michel Polac savait organiser le débats, l'émission débordait toujours du cadre (espace et temps), en début de semaine, on en parlait encore. (aucune comparaison avec le système Faugiel où tout est cloisonné et aucun débordement possible). D'où pour " droit de réponse ", un lieu propice à l'improvisation dans les échanges verbaux et dessins de presse " sur le vif " (improvisation : mélange de culture, de savoir répartir, de l'empathie avec son auditoire, et aussi un peu d'imagination ).

Je ne sais pas si on peut être maître de la vie qu'on s'improvise au jour le jour.
Peut-être que le coeur a ses raisons ...
Oups, c'est comm d'à côté qui déteint d'un coup.

Ceci dit, tu peux répondre à une question que je n'ai pas posé. Ce serait de la totale impro.


mais je te préviens : tu ne devrais pas écrire tout ça.
 07/05/08 à 21h33
deux têtes au dessus de la mêlée
 07/05/08 à 21h29


Ceci dit, je crois que Debord l'a pas entendu chanter... un partout balle au centre... Icare a l'avantage, l'autre est mort
il a pas lu debord, il connait rien au spectacle.
 07/05/08 à 21h23
... pas faux... j'y reviendrai pour la biblio...

Sinon, moi j'aime bien l'examen de conscience (ce n'est pas incompatible avec la jouissance) mais bon, c'est vrai que ce n'est qu'une voie possible ! Ceci dit Levinas admettait qu'il n'y avait pas de sens à la vie car elle terminait de toutes les façons par la mort. Du coup, il reste quoi à part vivre et bien vivre en respectant un tant soit peu ses idéaux.
Moi je vois bien un examen de conscience avec une vision un peu plus holiste.
 07/05/08 à 21h17
café bouillu, café foutu !
 07/05/08 à 21h16
... c'est pas une obligation et je comprends tout à fait. De toute façon il est là, alors libre à toi
 07/05/08 à 21h15
... oui, oui, je sais bien mais c'est mon côté Saint-Bernard !
 07/05/08 à 21h15
... Faut que tu développes... Quand on te demande de répondre à une question à laquelle tu ne t'attendais pas, c'est quoi ?
L'improvisation pure n'existe pas, à aucun moment de notre vie.

Il est impossible d'être à la fois spectateur et acteur simultanément, ou alors appelez-moi John Malkovich.


je crains fort, malheureusement, que "tout-le-monde"n'en soit pas capable...
 07/05/08 à 20h48
j'ai eu la flemme de lire jusqu'au bout, j'ai commencé, j'ai senti que j'étais pas concentrée, c'est pas le soir, j'ai pas envie de réfléchir.
Pi en plus, c'est long
Peut-être demain?

mais c'est pas l'essentiel : l'essence est dans le halo, pas dans le centre !

super texte je trouve, faudrait que je réfléchisse plus, mais il me semble que globalement tout se tient !

 07/05/08 à 20h44
mais je sais pas si ça va donner quelque chose
 07/05/08 à 20h39
Non, tu n'es pas confus...Le reproche que je te ferais c'est de ne pas citer les oeuvres, les articles précis de Ricoeur, de Foucault (ces notions-là ne me disent rien, j'aime aller à la source)...Une seule chose : que l'"examen de conscience" soit donné comme fin suprême à nos errances post-moderne me ravit, me fait mourrir de rire...Ahlala, Saint Ignace, la partie n'es pas perdue !
 07/05/08 à 20h37
arrivée au 6ème paragraphe, je crois sentir venir de quoi il retourne et autour de quel objet véritable on s'agite

mais si je ne me trompe, je corrige à priori : j'ai bien peur que tu t'addresses à peu pensant....

un genre de vache, quoi (ou sa soeur !)

bon, je continue
 07/05/08 à 20h31
... ben quoi, c'est pas drôle ?
 07/05/08 à 20h31
... C'est quoi être soi-même ? Nan parce que bon... c'est un peu vague, non ? De plus être soi-même c'est certainement être moins libre que de chercher à s'améliorer... enfin c'est mon avis.
des choses... Echty, çà fait du bien quelquefois de rire... et tu sais faire çà très bien aussi

http://youtube.com/watch?v=qDW_3QAqhc0
ça manque de gratuité et d'anarchie, cette conception d'un moi à sculpter, peaufiner, selon un idéal du "soi" qu'on serait bien en peine de définir !

Be yourself, et libère- toi des modèles : c'est déjà assez dur !
 07/05/08 à 20h20