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Ici, blanc est une couleur.
 Ici, blanc est une couleur.
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Ici, blanc est une couleur. Celle du froid qui m’entoure, des nuages, d’une peau trop fragile et de certaines nuits où frissonnent les âmes.


• Première écoute.

Ma première écoute est une évocation.

Dans mes mains, « judu bék » de Wasis Diop, disque en forme d’album de photos. Esquisse d’une histoire, celle des absents, des disparus qui habitent le cœur d’un petit Sénégalais devenu l’une des voix de l’Afrique. Et sur les images, des mots, comme autant d’hommages à ses chers fantômes.

« Judu bék. La joie de vivre, l’alchimie bienfaisante de nos vies. Naître, veut dire : Bonheur, mais si on était heureux sur terre, on n’aurait rien à y faire. Naître veut dire bonheur, nous sommes nés pour le conquérir. »

Ici, blanc est une couleur. Celle du papier photo sur lequel se reflètent les yeux des enfants d’Afrique.


• Deuxième écoute et suivantes…

« So lala ! »

Et je me prends à rêver d’un Léonard Cohen né quelque part entre le 12e et le 17e parallèles nord… Quelque chose sans doute que je crois reconnaitre dans cette voix un peu cassée, suave, profonde et inspirée.


« Gudi diop »

Ah, la voici donc, l’Afrique. Est-ce l’intonation de la voix, le rythme discret du djembe que l’on devine à peine ? Mais déjà la guitare aux intonations latines m’entraîne vers d’autres rives.


« Let it go »

S’il fallait un instant évoquer Youssou N’Dour, ce serait ici, au cœur de cette ballade agréablement ponctuée par les interventions vocales de Grace, qui lui donne une patine très particulière. Influence positive de la soul américaine sur le standard sénégalais.


« L’ange Djibril »

Énième version d’un célébrissime Hallelujah. Hommage de Wasis Diop à son frère, le cinéaste Djibril Diop Mambéty, décédé en 1998. J’éprouve quelques difficultés à entrer dans cet univers sans relief et je le regrette. Parce que le texte qui accompagne la photo des deux frères, au cœur de l’album me touche particulièrement.

« Ceux qui voyagent n’arrivent jamais quelque part par hasard. »


« Dans l’arène »

Voix profonde pour raconter cette triste corrida qui voit le taureau « foncer vers le soleil » comme nous fonçons vers nos sombres destins. Musicalement l’un des morceaux les plus aboutis de l’album. Dosage subtil de rythmes latinos adoucis par les langueurs africaines.


« Judu bék »

Ici, blanc est une couleur. Celle du prisme qui révèle les teintes variées d’une musique métisse dont les origines africaines ne se perdent cependant jamais tout à fait.

Dans quelques heures, dans quelques jours, d’autres saveurs viendront enrichir ma perception. Je pourrais alors peut-être vous dire pourquoi le regard d’« Anna Mou » est si triste ou qui était « Ndiago Pop », qui sait ?

À cette heure, je préfère vous laisser tourner par vous-même les pages de l’album de Wasis et moi, je poursuis mon voyage.



Ici, blanc est une couleur. Quelques rythmes d’Afrique, d’ailleurs aussi et maintenant, autour de moi, il fait moins froid.


Louise
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Voici les 17 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 25/05/08 à 20h04
Ici, plus que nulle part ailleurs lorsque tu tisses avec les mots l'histoire d'une peau sur de SI beau contraste entre le noir du LA, majeur d'émotions et de sons, ceux qui te font voyager par de là, les univers verts, les univers d'air et de désert qu'ils savent nous compter, qu'ils savent nous caresser, qu'ils savent nous aimer et nous faire aimer. C'est l'âme tout entière qui rebondit dans la musique.

 22/05/08 à 23h19
le blanc c'est toutes les couleurs en même temps ...
bah, moi j'aime pas les noirs, c'est tous des foutus feignants, mais pour la zic (ça s'écrit pas comme ça feignants ?? ben quoi ??), si en plus sont cultivés !), bref, je voulais juste dire que bah là, oui... cette sérénité, louiise, je vous l'envie. Sérénité n'est pas le bon mot d'ailleurs, je vais chercher et je reviens...

Plénitude.

paf !
Un quatre main...
 22/05/08 à 14h14
je peux faire aussi en version sans pattes :^)
sinon tout va bien, je pars à singapour !
... donner envie d'écouter une musique qu'on ne connaît pas. Et quand, en prime, Blackcatwhitecat vous dégote une petit lien, on se dit qu'on n'a pas perdu sa matinée !
 22/05/08 à 10h45

LN… Surtout, ne pas se presser. Wasis te dirait que le temps africain n’est pas celui du reste du monde, « l’Afrique prend sont temps ». Bonne journée.

Black Cat… Merci pour le lien !

Incorrigible… La vie est blanche comme les myosotis, c’est bien connu !

Invenies… Euh… merci.

Catamalo… Goethe disait que « les couleurs sont des actions de la lumière ».

Arba… Sans douleur, j’espère… ?

Syrielle… Le frigo à deux pattes ? Hum… ça m’inspire, ça !

Romnia… Le monde est sans doute trop petit…

Voltuan… Je vous en prie.



*****
 22/05/08 à 07h26
...joliment dit...
 22/05/08 à 01h02
www.retouragoree.com

votre frigo à deux pattes
mais je ne suis pas déçu : cette critique va droit au but, direct à l'âme.
merci aussi pour le lien BlackCat
Je ne peux pas voter mais sinon c'était 5
 21/05/08 à 23h08
incorrigible
 21/05/08 à 23h06
BlackCatWhiteNight
 21/05/08 à 22h34