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Contre la société du spectacle
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catégorie : critique ou information sur l'oeuvre ou l'artiste
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Super, une émission péchu sur france-culture :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php?di
ffusion_id=62320
Pour ma part et pour l'avoir lu,
depuis longtemps, je pense du mal de Guy Debord.
De plus, par d'autres sources plus proches de lui,
je me le représente comme
* un ivrogne certes flamboyant mais surtout prétentieux,
* ayant gout à son hyper-sectarisme,
* qui se voyait comme Le Clairvoyant.
Dans cette émission le présentateur, Raphaël Enthoven,
abandonnant toute neutralité se livre à un combat assez réjouissant
avec son invité, Stéphane Zagdanski, à propos de "La société du spectacle".
Entre autre joyeuseté, le sectateur situationniste assène plusieurs fois que le monde dans lequel nous vivons est catastrophique.
Une des attaques, lu par l'animateur, est :
"La société du spectacle, formule heureuse sans doute, à laquelle se réduit à peu près toute sa pensée,
"............
"il a publié un livre faisant foi, (...) de ces rares livres qui ne sont pas fait pour être lu mais pour être là
"..........
"son succès tient largement au malaise des professionnels des médias
"... ah Debord soupirent-ils dans les coulisses de 'qui veut gagner des millions'.
"Debord est le repos du producteur, le dédouanement de l'animateur"
Il qualifie aussi Debord de maître des demi-habiles.

QUE DU BONHEUR (youpi)

sinon un autre commentaire assez malin :) à propos des situationnistes :
http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=67550

-brunooz (content de médire de ses ennemis) -
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moi je reste à bosser devant mon ordi
pour ton conseil de lecture, je te remercie.
pas sûr de le lire mais je tacherai au moins de le feuilleter et puis qui sait, peut-être plus si affinités
 12/05/08 à 13h33
je te recommande la lecture de "L'insurrection qui vient", édité par La Fabrique, rapport aux situ repensés aujourd'hui,
voilà la maigre contribution d'une lâche qui croupit au fond de la piscine... a ciao et noblesse oblige!
 12/05/08 à 10h22
moi qui rêvait de polémique, de concours d'insultes ...

ces gauchistes ne sont que des tigres de PQ
 12/05/08 à 10h18
l'idée situationniste que l'on ne devait pas séparer l'action politique de la vie même, que la politique doit aussi s'interpréter à l'aune de nos corps à pu produire des formes d'actions nouvelles, intéressantes.
et il y a surement là des choses à sauver, un gout pour le déplacement, un talent pour le spectaculaire provocateur.
la question se pose d'autant plus de savoir comment un tel plâtras idéologique à pu engendrer des choses valables :
parce que nos mots ne sont qu'un babillage de peu de rapport avec nos actes ?
parce que ce discours répondait à d'autres et que l'on doit d'abord évaluer son sens en terme d'écart par rapport à ceux-ci ?
ou bien les situs étaient porteurs de ce discours ET d'une théorie de l'action qui n'étaient somme toute que faiblement reliés ?
ou bien c'est le mystère de la contradiction dialectique et spectaculaire qui n'est accessible qu'à quelques rares élus ?
...
 12/05/08 à 10h10
c'est convaincant, ce que tu dis. Bon, maintenant que j'ai installé realplayer, je m'en va écouter ces braves gins disserter. Merci brunooz.
son défenseur, malgré les attaques du présentateur, s'est vraiment bien débrouillé.

Si un labeur modeste et rigoureux est nécessaire,
il me semble que la joute verbale fait aussi partie des plaisirs de la vie.
Et pourquoi bouder son plaisir ?

Comme je suis encore plus modeste que toi , je ne me sens pas capable de trouver moi-même toutes les démonstrations. C'est déjà beau si je les comprends.
Et puis, si toute théorie forme système, ne faut-il pas aussi la saisir dans sa globalité. De même qu'on ne traduit pas une langue mot à mot, en la reconstruisant mais bien en la comprenant, comme un tout.
 12/05/08 à 05h09
c'était des jeunes intellos qui annonçaient 68 les situationnistes.
ils ont bossé sur la ville, le jeu, les médias et participé aux occupations étudiantes.
je n'ai ni l'age ni le bagage pour appréhender tout ça. utile à son époque sans doute.
Vanheighein est plus contemporain, concret, vivant que Debord à mon avis.
ton commentaire me fait penser à ce qu'on disait d'André Breton sur l'époque des surréalistes.
un pape sectaire mais un mouvement qui a fait avancer les idées.
dans les soirées mondaines : je n'ai pas même vu les Ch'tis.

Bon, tu as raison, il faut quand même connaître un peu de quoi il s'agit. Quand on ne lit pas tous les livres, il y a des critiques, notamment d'autres auteurs, qui en parlent.

Mais dans le principe, je vois les choses ainsi. Il y a deux sortes de gens qui tirent satisfaction d'être au fait de tout ce qui sort : ceux qui ont un esprit de synthèse leur permettant de comprendre les rapports entre les choses, et les demi-savants, qui peuvent faire illusion mais dépassent difficilement la maîtrise des relations entre les noms des choses. Bien sûr, on se situera tous un peu entre les deux, mais il y a une troisième voie.

D'un côté, je n'ai jamais beaucoup lu, à mon grand regret; de l'autre je n'ai pas la vanité de donner à penser que je connais tout. Alors je me contente de l'orgueil de bien exploiter ce que je connais. Comme le stoïcien Chrysippe, je demande qu'on m'indique seulement les premières propositions, et je trouverai tout seul les démonstrations. Si je ne comprends pas par moi-même, c'est que je suis dépassé et qu'il me faut vraiment travailler, si j'en ai le temps, ou bien c'est qu'il n'y a rien à comprendre.

Je crois qu'en toutes choses nous devons d'abord montrer que nous maîtrisons les bases. Si par ailleurs nous pouvons briller par notre connaissance des nouveautés, c'est agréable sur le moment, sans plus. J'irais jusqu'à dire que l'authenticité intellectuelle réclame deux dispositions qui vont rarement ensemble : la modestie et l'ascétisme. (J'en suis loin, évidemment.)

Paul : merci, mais le talent, c'est parfois la langue elle-même qui semble l'avoir, quand on la cherche (en plus j'aurais dû écrire « moins soucieux » plutôt que « qui se souciaient moins »)..
parfois ça vaut la peine de lire des auteurs dont 'on' parle, comme de voir Les Ch'tis, pour pouvoir en causer. Et puis il y a parfois des bonnes surprises.
En plus comme la plupart de ceux qui en parlent ne l'ont pas lu, on se retrouve à armes inégales dans les discussions. c'est plus avantageux
 11/05/08 à 15h43
PaulTergeist
"une petite société du spectacle idéologique que la France a livré à un monde de badauds intellectuels (je pense aux États-Unis en particulier) qui se souciaient moins de comprendre que d'adhérer".

Formulation : 5 ! vrai talent !
ben parce qu'en dehors de quelques jolies formules, si son livre contient quelques vérités, elles sont engluées dans une dialectiques oscillant à mon sens entre la fatuité et l'erreur.
je pense bien sur qu'il faut agir, contre la propagande commerciale, contre l'idée que la consommation est l'aboutissement ultime de l'homme, pour la richesse de la pensée et de la culture, mais pour agir il faut disposer d'analyses correctes ...
pas simplement de livres spectaculaires.
La liste retenue est éloquente : Foucault, Debord, Bourdieu, Derrida et Barthes. L'animateur semble sauver le dernier, pourquoi pas ? Pour ma part j'ai acheté des livres de tous ces auteurs; ils sont restés dans ma bibliothèque à prendre la poussière depuis une quinzaine d'années. C'est un tort, sans doute, mais j'ai toujours estimé que j'avais mieux à lire.

Je pense qu'ils sont révélateurs d'une époque, d'un point de vue sociologique, dans le meilleur des cas pour leur contribution à la sociologie. Mais les considérer comme des philosophes, maîtres à penser de surcroît, ou des écrivains, et destinés à une grande audience, voilà qui me paraît douteux. Aussi différentes soient-ils, eux et leurs semblables ont constitué une petite société du spectacle idéologique que la France a livré à un monde de badauds intellectuels (je pense aux États-Unis en particulier) qui se souciaient moins de comprendre que d'adhérer.

Je revendique la liberté ne pas connaître le nom des marques de voitures ou de vêtements. C'est un peu pareil.
waoooh !
je suis un non-évènement, objet des forces qui me meuvent ?
je suis dans la redite comme tout le monde, comme vous ?

enfin si cette analyse est correcte, au moins ce n'est pas une maladie que j'ai attrapé avec quelque 'spectaculaire' qu'il soit 'diffus' ou 'intégré'
 11/05/08 à 14h39
vous avez une pensée de droite qui se reconnaît immédiatement à la manière dont vous vous posez en "sujet". Le sujet est rare parce qu'il est d'abord un événement et je ne vois son émergence nulle part dans vos commentaires: vous êtes dans la redite comme tout le monde, dans un psittacisme qui faisait rigoler Flaubert dans son Dictionnaire des Idées reçues.
Je n'ai pas la prétention d'être spécialiste de Debord. Encore moins de me faire son avocat.
Mais, au fond, il sert à quoi, ce type ?
Dans "La société du spectacle", il y a, me semble-t-il, un geste qui relève d'une certaine lucidité désespérée. Il y a une vision de certaines formes d'aliénation, qui ne relèvent pas de la "sphère productive" à proprement parler. Quelque chose qui relève d'une forme de domination "symbolique" (comme disait l'autre)

"L'aliénation du spectateur au profit de l'objet contemplé s'exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit. Plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir". Voila une phrase qui me revient en mémoire lorsque j'allume la télé, ou que je mets les pieds dans un Centre Commercial ...

Certes, d'aucuns tentent de le récupérer, de le neutraliser. Et certains révolutionnaires de 68 qui sont devenus des prébendiers du système. En confondant parfois le "malaise" que vous évoquez ... avec une lucidité courageuse, qui permettrait d'agir sur le réel.

Faut-il pour autant dénigrer Debord ?
pour dire qu'on est d'abord responsable de soi
et que c'est à chacun de construire sa propre noblesse
et que ceux qui se complaise dans la vulgarité,
c'est dommage pour eux mais c'est leur droit et leur problème.
Bien entendu, c'est aussi le rôle de la société, et donc de la politique, de donner cette possibilité à chacun.
 11/05/08 à 12h37
j'écoute toujours l'émission, mais je l'ai ratée toute cette semaine. Séance de rattrapage en vue.

"scotcher les abrutis à leurs appareils", ça veut dire quoi, exactement?
et maintenant plus personne ne pense ?
et puis est-ce qu'on a pas autant besoin de têtes de linotte que de têtes pensantes ?
ceci dit, il y a bien sur de nombreux problèmes de l'industrie de l'image,
* son effet sur notre perception du monde et par conséquent sur nos manières de vivre.
* son contrôle par les pouvoirs politiques et/ou économiques.
* ...
mais peut-être ça servira de tamis pour scotcher les abrutis à leurs appareils.
on se reconnaitra alors plus facilement entre hommes libres
sociétés modernes...Le culte de l'image fait des jeunes ( et moins jeunes ) de la génération actuelle, des handicapés de la réflexion, de la différence, de la mémoire,etc. Plutôt Hannah Arendt ou Camus que Carlettina, Loana et
Brice de Nice...

@@@@@
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php
?diffusion_id=62320


en espérant que ça marche.
saleté de machine.
sinon c'est "les nouveaux chemins de la connaissance" du mardi 6 mai
 11/05/08 à 11h06
l'émission (c'est bien mais ça dure quand même une demi-heure) :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php
?diffusion_id=62320


un autre commentaire (de moi) sur un autre situationniste (Vaneigrmlgem) :
http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=67550