la rencontre par affinités culturelles

  1. Rencontre des femmes et des hommes qui partagent vos passions.
  2. Créez vos listes d'oeuvres et d'artistes préférés
    parmi + de 2 millions de références.
  3. Partagez vos goûts, émotions, réactions en cinéma, musique, lecture, médias.
Lire et faire lire
 Lire et faire lire
rediger un nouveau commentaire sur Comme un roman
catégorie : Non classé
corps du commentaire en taille petitecorps du commentaire en taille moyennecorps du commentaire en taille grandeimprimer ce commentaireenvoyer ce commentaire à un ami
Les mots coulent comme des flots terrifiants et grondants, emportant sur leur passage les doutes et les peines.

Les mots alignés dans des livres surtout. Qu'un auteur, illuminé, miraculé, trouve le point de départ, la première accroche et sache tenir sa barque, phrases après phrases, virgule après virgule et il vous emporte. Il vous grise. Vous voilà invincibles dans le creux de la pensée brillante et sensible ou toutes les idées s'alignent avec virtuosité sur une divine portée. "Mais, oui ! que c'est juste! Comme c'est clair, et bien agencé et rythmé avec ça. Un paragraphe se termine que déjà le suivant vous a dévoré". Un livre, ce n'est ni une histoire, ni une aventure. Ce ne sont que des mots dont le subtil assemblage vous met hors du temps. Parce que la pensée transparaît, parce que l'auteur vous parle à cet instant et qu'il est éloquent, le bonhomme.

Il parait qu'on lit de moins en moins. Vox populi me l'a dit la semaine dernière devant un ricard.

Tout ça m'échappe. Je ne sais pas si c'est une fuite, mais à bien y regarder, comment peux t on se priver de lire ? Comment peux t on laisser passer cette chance offerte, empilée par paquet, en colonnes gigantesques, d'aller droit au sensible, au savoir et à la connaissance ? Comment peux t on préférer à un livre le flou insipide de son téléviseur, dont la bouillie macérée vous éclate à la tronche des heures entières, entre deux publicités pour des détergents, et un débat minuté entre deux spécialistes qui ne savent même pas pourquoi ils sont là.

Je comprends les échanges, je comprends le dialogue, les longues discussions partagées entre deux individualités, qui tentent de clarifier leurs mots, ou leurs pensées, dans le désordre absolu, de la pensée et des idées. Il faut bien se confronter, mais je crois que la télé est définitivement rangée au plus bas de l'échelle.

J'ouvre une page après avoir regardé la couverture et je plonge. Parfois tout s'arrête. Quelques bouquins ont ce pouvoir là. Il est trois heures de l'après midi, le pavé est gros. On tourne quelques pages, le papier glisse sous les doigts. Il est trois heures du mat quand on le referme.

le livre se termine et le réel revient sans la saveur sucrée de l'histoire agencée. Il y a sans doute quelque chose de la fuite. Nietzsche disait qu'il s'interdisait le plus souvent de lire, pour de pas se perdre dans les pages et cesser de penser. J'en connais qui préfèrent se mettre quatre grammes d'éthanol dans le sang. Chacun son addiction.

Un livre fonctionne comme une ligne de cocaïne. On ne devrait jamais commencer, ou tout finira par n'avoir plus le moindre intérêt. Vous cherchez des stimuli puissants qui vont vous faire tout oublier, je n'en connais que deux. Une discussion jusqu'au bout de la nuit, et 450 pages d'un bouquin de génie. (J’avoue qu'il y en a d'autres, mais ce n'est pas le propos).

L'auteur romantique de Belleville, Daniel Pennac, livre ici son plus beau bouquin. Une ode à la lecture, au partage, à la passion de lire. Dans un style léger, jamais péremptoire et toujours juste. La lecture et soi. La lecture et la transmission de cette passion. La lecture et le droit du lecteur.

Ne le lisez pas, il va vous emporter.
réactions : 39
lectures : 197
votes : 12
Publier sur   Partager sur Wikio  Partager sur Scoopeo  Partager sur Digg  Partager sur Facebook  Partager sur Google  Partager sur Technorati  Partager sur del.icio.us  Partager sur blogmarks 
Voici les 39 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
merci pour ce commentaire; j'ai oublié à quel point ce livre était prenant.
... ce livre de Pennac est vraiment un livre pénétrant qui nous ravit.
Et vraiment comme tu le dis OPA, on pense vraiment que ce qu'il dit on aurait pu l'écrire !
Merci pour toutes ces discussions sur le livre que je partage complètement. Quoiqu'il nous arrive dans la vie (des bonheurs ou des malheurs) si on aime lire et si on sait trouver l'adresse d'une bibliothèque, on peut être vraiment heureux et encore plus heureux que cela.
Et puis, comme vous le dites, quelles rencontres et quel kaléidoscopes de sentiments, de ressentis, d'émotions, de partages, de reconnaissances, ...
 29/04/07 à 18h56
il existe aussi des bibliothèques gratuites
et titi et gros minet
et sylvestre
et mio, mao
ah bah voilà !
je rate tout !
ben tant pis.....
: o (

par contre, je préfère très largement rester ici
c'est beaucoup plus intéressant
: o ) ) )

djeh
j'ai regardé dans ma bibliothèque et pas une trace de pennac
va donc falloir que j'aille acheter le livre que tu m'as conseillé
: o ) ) )
QUOI ? même Tom (et Jerry) ?! gnia gnia gnia !
bon, on va se faire accuser de détournement de "sujet"... je retourne chez Douce...
c'est la faute à Loopy, ça ! et Enigme, aussi !
(et là, sainte sourit comme ça : )
 29/04/07 à 18h17
je n'ai jamais mis mes tits chats dans une télé
les pauvres !
: o )
 29/04/07 à 17h40
djeh2
merci mam'selle ...
même pas pour regarder/admirer tes tits chats ???!!!
Salut, Djeh...2, bon retour !!!
 29/04/07 à 16h52
vidépleins
il nous aide à nous évader quand on en a besoin, à nous consoler, à découvrir d'autres points de vues, expériences, à nous comprendre, à combler parfois le besoin de frissons (peurs, suspens), à réver, à dormir, à exprimer, à apprendre, à nous ouvrir, à échanger....
plus intelligente maintenant que tu l'as donné à lire !!!!
Merci chère éditrice télépathe ! friendly yours
 29/04/07 à 13h17
 29/04/07 à 13h10
 29/04/07 à 13h08
djeh2
un sourire ... commence par la Fée Carabine ...
 29/04/07 à 13h04
et comme les voyages, les livres nous permettent parfois de nous évader, parfois de nous retrouver. On se découvre souvent soi-même au travers des mots de l'autre, c'est alors un révélation. Et puis il y a le livre, posé là sur un étagère, celui dont on se dit qu'on l'ouvrira un jour, quand on sera prêt...tellement on sait à l'avance qu'il est celui qu'on attendait.
Mais c'est aussi, comme pour les voyages, s'enrichir de nouvelles connaissances et entrer dans un monde tout neuf.
Oui, les livres sont des trésors !
et que je n'ai toujours pas lu de pennac
honte à moi !
: o (

pour ce qui est de la télé, chuis entièrement d'ac' avec toi !
mieux vaut s'en débarrasser que de s'embarrasser avec ce sale truc
non seulement, elle ne sert pas à grand chose, elle prend de la place et en plus, c'est carrément pas beau du tout
mieux vaut être accro aux livres et à l'art en général qu'à la télé et à l'ordino
mais pour la plupart des gens, c'est bien évidemment plus facile et moins fatiguant de gober des images comme un tebé que de se plonger dans un livre pour laisser vaquer son imaginaire

soyons accro aux livres ! ! ! !

: o ) ) ) )


le problème pour l'artiste de passer de la cave au "au grand jour" est le même pour tous les domaines de la culture
quand on est artiste, on n'est pas commercial
si on ne connait pas truc ou machin, c'est mort ou alors, il faut se débattre comme un taré pour pouvoir se faire une tite place parmi les grands, ce qui n'est pas évident pour tout le monde

: o )
 29/04/07 à 12h06
ça va me permettre de tester ton mail :^)
 29/04/07 à 11h58
j'ai assisté la semaine dernière à une sculpture de fruits transformés en roses et dragons - on n'ose plus y toucher après
 29/04/07 à 11h49
djeh2
comme ma réponse était un peu brouillone ...
je te propose cette version là...webloguée donc ...

http://www.planete-fantome.net/page/mars2005/pour_commencer.htm
 29/04/07 à 11h48
djeh2
non, c'est plutôt que là, un dimanche à 11:50 l'idée de manger un plat thaï, ça me reste un peu sur l'estomac, je pense plutôt à un mug de café et à des tartines au chocolat, la seule chose qui arrivera à entrer dans mon estomac....
 29/04/07 à 11h41
j'ai pas dit kaï kaï kaï !
sinon, d'accord avec tes propos "brouillons"
tu vas te faire des oeufs sur le plat ?
 29/04/07 à 11h41
fais moi penser à te filer une adresse thaïe
 29/04/07 à 11h38
djeh2
oui, avec correction des bugs j'espère ...au plaisir de te lire.
 29/04/07 à 11h37
djeh2
arghhh ... faut tuer soi même la bête ?
 29/04/07 à 11h37
toujours les freins intérieurs ? pourquoi ne veut-on pas ou ne peut-on s'exprimer finalement ? à noter la technologie qui a entraîné une prolifération des blogs, il s'en crée paraît-il 100 000 par jour...
 29/04/07 à 11h36
djeh2
on lit peut être pour se rassurer d'être soi même lisible ... le peut-être est sans le moindre doute, en trop.

ecrire est un acte, il est libératoire, éminent et sincère. Il se fonde sur le désir qu'on a de se confronter, avec soi même avant tout.

La publication n'est qu'une affaire de reconnaissance. Mais je dis souvent que je suis mon premier lecteur. et si je me reconnais, c'est souvent très suffisant. Se savoir lu repose sur d'autres principes.

Dont la vanité n'est pas exempte.

Lorsqu'on lit, je crois, on installe un dialogue entre soi et l'auteur. Il m'arrive souvent d'entendre ou d'inventer la voix qui se trouve derrière les mots. Si le timbre me plait, si le tonet le sens me touchent, alors nous devenons amis, lui et moi. Même si cette amitié est éphémère.

jusqu'au prochain passage devant un rayon de libraire, où je vais piocher un autre titre du même auteur, parce que je suis fidèle en amitié.

Quelle réalité attribuer à l'écrit ? probablement rien d'autre que la valeur des instants vécus par celui qui écrit, celui qui le lit, et le dialogue instantané qui s'installent entre eux deux. Ce n'est pas lourd sans doute, mais lédification n'est probablement rien d'autre que ça.

(ce que je suis embrouillé ce matin, c'est pas croyable ... il me faut vraiment mon petit dèj')

G
 29/04/07 à 11h30
la version 2.0 de djeh nous revient...

:^)
 29/04/07 à 11h26
mon brunch est prévu à 13h et il sera thaï
 29/04/07 à 11h26
djeh2
mouais ... un peu loin ... mais merci quand même.
écrivent "dans leur coin" durant des années, sans chercher à publier ou n'y parvenant pas.
Qu'ils aient ou non du talent, des relations souvent indispensables, quand j'avais crée ma maison d'édition, j'ai été surprise par une sorte de décalage entre la capacité à concevoir des idées, et le fait que toutes ces idées, tant que non publiées, n'existaient pas.
C'est comme si elles n'avaient pas eu lieu. Comme un meurtre dont on n'aurait pas retrouvé le cadavre.

C'est-à-dire que pour celui qui écrit, l'effort de persistance doit être parfois au-delà du supportable pour seulement prouver qu'il existe.
Mais une fois publié, le livre devient un livre parmi des milliers d'autres. Il passera neuf fois et demi trois quarts sur dix inaperçu... Quelle réalité de l'écrit attribuer alors ?

Alors quand soi-même on lit, n'est-ce pas ce sentiment de décalage qui saisit le plus, autrement nommé sublimation : le fait que quelqu'un ait su franchir les étapes que l'on n'a pas franchi soi-même ? N'est-ce pas toujours une manière de se dire : moi aussi je l'ai pensé, donc moi aussi j'existe ? Et si l'auteur a su s'exprimer, c'est que ma propre pensée est formulable.

On lit peut-être pour se rassurer d'être soi-même lisible.
Enfin, j'ai bien dit "peut -être".

Bien à vous,
OPA
 29/04/07 à 11h25
djeh2
mouettes, cela dit pas tout de suite, là c'est l'heure du Brunch ... (rassure toi, vox populi, je l'ai renvoyé lire son journal...)
Book Addict's Guide to Planning & Promoting Bookstore Road Trips for Bibliophiles & Other Bookshop Junkies
 29/04/07 à 11h24
djeh2
merci Feather ... d'avoir laché ton aspirateur ...
 29/04/07 à 11h19
De toute façon , le ricard très peu pour les Mouettes.

Non ne l'écoutons pas et lisons. Pennac ou d'autres, celui qui nous chamboule, qui nous émeut, qui transperce, qui nous emmène ailleurs, quinous enrichit. C'est selon.

Tous à vos librairires, tous à vos bibliothèques.
 29/04/07 à 11h16
C'est vrai que c'est un bouquin très libérateur, passionné et passionnant. Pennac donne envie de lire et désacralise l'objet- livre en montrant la liberté du lecteur.
 29/04/07 à 11h15
djeh2
et non ... juste quelques aventures professionnelles et une ou deux raisons de fuite. rebonjour
 29/04/07 à 11h13
est-ce la comédie humaine en 244546461 volumes qui t'avait kidnappé ?