A quelle occasion, je n'en sais rien, mais hier, je me revoyais me dirigeant vers la sortie d'une grande surface, quelques années auparavant et m'arrêtant net, stoppée par un battement qui venait à la fois de l'intérieur et de l'extérieur.
Mon coeur s'était-il extirpé de ma cage thoracique et me narguait-il étendu comme un pacha sur le banc public ?
Non.
Il me semblait entendre quelque chose, mais entre les appels au micro pour la petite Julie qui recherchait sa maman, le vendeur Bruno tenu de se présenter d'urgence au rayon crème à raser, le tic tac des talons de toute sorte et le bruit des charriots enfournés les uns dans les autres, la pulsation devenait aussi mystérieuse qu'inquiétante.
Alors je tendis l'oreille.
Un rif, mais oui, j'entendais un rif de basse.
Il faut dire qu'à l'époque, je ne respirais plus que pour ça, les rifs de basse, toujours à tenter d'en créer un ou de décortiquer ceux existant.
Simple, clair, efficace, grave, celui-ci me plut aussitôt.
Mais quelle était donc la chanson qui entre deux rifs faisait percevoir une voix masculine pleine de finesse, assez chaude mais sans excès, tout en délicatesse et en harmonie ?
Le diable au paradis ?
Quoi ?
Mais qu'est-ce qu'elle raconte encore cette paumée à moitié tarée ?
Le diable au paradis, je vous dis !
Mais si, rappelez-vous ?....
"Personne, ne veut de moi au paradis,
Personne,
alors je reste ici.
Comme on,
Comme on est bien par ici,
Comme on,
Et au diable le paradis."
C'est tout ce que j'ai retenu, ces quelques paroles et bien sur le rif de basse.
Et j'ai toujours gardé ce souvenir sonore comme l'emblème d'un plaisir sensuel et secret, quelque chose de non salissant, d'invisible, qui ne concernait que moi, dont nul ne pouvait se douter puisqu'invisible.
Une relation allant de l'oreille au cerveau, mais offrant tous les possibles spéculatifs.
Le son de ce rif s'était introduit subrepticement en moi par le conduit le plus fin qui soit, le conduit auditif.
On tua bien Mac Beth en faisant de promener un serpent le long du sien, de conduit.
Je vous le dis, l'oreille est le lieu de tous les dangers.
Ce rif m'avait prise par défaut, sans crier gare et s'était implanté à jamais dans mon esprit. Comme tatoué.
Un rif, trois phrases et une voix.
Point barre.
J'ai attendu une dizaine d'années si ce n'est plus pour retrouver le coupable.
Un certain Doriand.
C'est alors que je me rappelais avoir également été interpelée par une autre de ses chansons, intitulée "l'eau minérale".
Un mec bien sans nul doute ce Doriand.
Je ne sais ce qu'il est devenu, j'espère qu'il se porte bien.
Avec les Chinaski, voilà tout à fait le genre de personnes que j'aurais voulu rencontrer; histoire d'écrire quelques nouvelles ou d'avoir quelque à raconter que mes com' sur mes entretiens de non embauche.
Mais un doute me vient soudain....
On sait que lorsque l'on fait passer des sonorités dans les supermarchés et autres grandes surfaces, le cerveau les enregistre plus facilement car occupé à autre chose.
On croit mettre le son au rang des informations inutiles, reléguées aux oubliettes alors qu'en réalité, il est tapis, et ressort une fois l'esprit libéré du menu fretin, pour nous tirailler sur les dents tout le reste du jour....
Ce pourrait-il que ce rif de basse, ces 3 phrases et cette voix ne soient restées ancrées dans mon esprit que par le simple effet d'une stratégie marketing ?
Mon dieu... comme cela serait regrettable...
Cela ne peut être.
Quoiqu'il en soit, je me revois revenue à la maison et branchant ma Jazz bass, chercher le rif avec un plaisir cette fois non dissimulé, et non dissimulable.
Bien à vous,
Sarah
Mon coeur s'était-il extirpé de ma cage thoracique et me narguait-il étendu comme un pacha sur le banc public ?
Non.
Il me semblait entendre quelque chose, mais entre les appels au micro pour la petite Julie qui recherchait sa maman, le vendeur Bruno tenu de se présenter d'urgence au rayon crème à raser, le tic tac des talons de toute sorte et le bruit des charriots enfournés les uns dans les autres, la pulsation devenait aussi mystérieuse qu'inquiétante.
Alors je tendis l'oreille.
Un rif, mais oui, j'entendais un rif de basse.
Il faut dire qu'à l'époque, je ne respirais plus que pour ça, les rifs de basse, toujours à tenter d'en créer un ou de décortiquer ceux existant.
Simple, clair, efficace, grave, celui-ci me plut aussitôt.
Mais quelle était donc la chanson qui entre deux rifs faisait percevoir une voix masculine pleine de finesse, assez chaude mais sans excès, tout en délicatesse et en harmonie ?
Le diable au paradis ?
Quoi ?
Mais qu'est-ce qu'elle raconte encore cette paumée à moitié tarée ?
Le diable au paradis, je vous dis !
Mais si, rappelez-vous ?....
"Personne, ne veut de moi au paradis,
Personne,
alors je reste ici.
Comme on,
Comme on est bien par ici,
Comme on,
Et au diable le paradis."
C'est tout ce que j'ai retenu, ces quelques paroles et bien sur le rif de basse.
Et j'ai toujours gardé ce souvenir sonore comme l'emblème d'un plaisir sensuel et secret, quelque chose de non salissant, d'invisible, qui ne concernait que moi, dont nul ne pouvait se douter puisqu'invisible.
Une relation allant de l'oreille au cerveau, mais offrant tous les possibles spéculatifs.
Le son de ce rif s'était introduit subrepticement en moi par le conduit le plus fin qui soit, le conduit auditif.
On tua bien Mac Beth en faisant de promener un serpent le long du sien, de conduit.
Je vous le dis, l'oreille est le lieu de tous les dangers.
Ce rif m'avait prise par défaut, sans crier gare et s'était implanté à jamais dans mon esprit. Comme tatoué.
Un rif, trois phrases et une voix.
Point barre.
J'ai attendu une dizaine d'années si ce n'est plus pour retrouver le coupable.
Un certain Doriand.
C'est alors que je me rappelais avoir également été interpelée par une autre de ses chansons, intitulée "l'eau minérale".
Un mec bien sans nul doute ce Doriand.
Je ne sais ce qu'il est devenu, j'espère qu'il se porte bien.
Avec les Chinaski, voilà tout à fait le genre de personnes que j'aurais voulu rencontrer; histoire d'écrire quelques nouvelles ou d'avoir quelque à raconter que mes com' sur mes entretiens de non embauche.
Mais un doute me vient soudain....
On sait que lorsque l'on fait passer des sonorités dans les supermarchés et autres grandes surfaces, le cerveau les enregistre plus facilement car occupé à autre chose.
On croit mettre le son au rang des informations inutiles, reléguées aux oubliettes alors qu'en réalité, il est tapis, et ressort une fois l'esprit libéré du menu fretin, pour nous tirailler sur les dents tout le reste du jour....
Ce pourrait-il que ce rif de basse, ces 3 phrases et cette voix ne soient restées ancrées dans mon esprit que par le simple effet d'une stratégie marketing ?
Mon dieu... comme cela serait regrettable...
Cela ne peut être.
Quoiqu'il en soit, je me revois revenue à la maison et branchant ma Jazz bass, chercher le rif avec un plaisir cette fois non dissimulé, et non dissimulable.
Bien à vous,
Sarah
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et mes smarties...? )


je te trouve un air de ressemblance avec Patrick 

http://www.youtube.com/watch?v=LK0CJqMK6f0
ou alors ça
http://www.youtube.com/watch?v=Wl19YbSyc5U
bon ok ça
http://www.youtube.com/watch?v=JGb5IweiYG8
mais bon c'est surtout ça non ?
http://tinyurl.com/23atol
07/11/07 à 19h00
peaux de saucissons devant leurs yeux (smile)
elle n'est pas équipée de paupières!


07/11/07 à 17h24
Bon, ceci dit, merci professeur, je tacherai de m'en souviendre.
07/11/07 à 17h09
pourquoi les riffs ont-ils deux f ? parce que nous avons deux oreilles ! 

Qu'il puisse s'agir d'une stratégie marketing de supermarché.
A coté du plaisir bien réel que tu as eu de jouer de ta basse.
A coté du plaisir bien réel que tu as eu de jouer de ta basse.


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objet-petit-a
publié le 7 nov. 07