C’est du noir, du très noir même.
Oh, ce n’est pas du noir style quarante trucidés par page et des hectolitres d’hémoglobines pour 10 euros.
Non, du noir, du vrai, comme ce tunnel en train de ce creuser à mains d’hommes sous l’East River à New-York. Entre Mahattan et Brooklin.
En ce début de siècle, point d’excavatrice. Des pelles, des pioches, de la sueur, le fleuve tout près, trop près au-dessus des têtes, et, parfois, une fissure qui s’ouvre trop vite, des corps aspirés par la dépression et projetés hors du fleuve avec une force inouïe.
Noir aussi comme le destin de ce garçon, agile comme un chat, insensible au vertige, qui rêve de vivre là-haut en équilibre sur les poutrelles des gratte-ciel en construction.
Noir comme cette communauté de sans abris qui finissent leur sale vie, qui au milieu de détritus immondes, qui dans une cavité humide et froide avec pour seule compagnie sa chatte « Castor » et pour seule occupation le dessin de cartes de niveau de sa caverne dont il palpe inlassablement les irrégularités avec ses doigts.
Noir comme la couleur de la peau de ce mineur qui a l’audace inouïe, dans cette Amérique du début du siècle d’épouser la fille blanche de son meilleur pote, enterré vivant dans ce putain de tunnel.
Noir comme ce blues que fredonne Nanthan dans le noir de son trou : « Seigneur, J’suis tellement au fond du trou, quand je lève les yeux, il me semble que j’vois que le fond. »
Noir comme le malaise que laisse ce bouquin, qui fait mieux que de raconter ; il nous prends par le bras et nous emmène dans ce maudis tunnel, sur les structures des buildings, dans la grotte inaccessible de Treefrog, dans ce métro de New-York où le vieux de 86 ans, perclus de rhumatismes retrouve quelques instants suffisamment d’énergie pour s’engouffrer dans le tunnel pour saluer une dernière fois son compagnon d’infortune et se faire exploser par le monstre d’acier.
Un roman qui remue, comme on dit.
D’humeur plutôt optimiste j’ai envie de dire : demain, il fera beau !
J’ai pourtant très envie de remplacer ce foutu point d’exclamation que j’aime tant par un point d’interrogation.
Au fait, après cette lecture que je vous recommande chaudement, auriez-vous quelque chose à me proposer ? Je file au Hall du livre cette après-midi
:-)
Oh, ce n’est pas du noir style quarante trucidés par page et des hectolitres d’hémoglobines pour 10 euros.
Non, du noir, du vrai, comme ce tunnel en train de ce creuser à mains d’hommes sous l’East River à New-York. Entre Mahattan et Brooklin.
En ce début de siècle, point d’excavatrice. Des pelles, des pioches, de la sueur, le fleuve tout près, trop près au-dessus des têtes, et, parfois, une fissure qui s’ouvre trop vite, des corps aspirés par la dépression et projetés hors du fleuve avec une force inouïe.
Noir aussi comme le destin de ce garçon, agile comme un chat, insensible au vertige, qui rêve de vivre là-haut en équilibre sur les poutrelles des gratte-ciel en construction.
Noir comme cette communauté de sans abris qui finissent leur sale vie, qui au milieu de détritus immondes, qui dans une cavité humide et froide avec pour seule compagnie sa chatte « Castor » et pour seule occupation le dessin de cartes de niveau de sa caverne dont il palpe inlassablement les irrégularités avec ses doigts.
Noir comme la couleur de la peau de ce mineur qui a l’audace inouïe, dans cette Amérique du début du siècle d’épouser la fille blanche de son meilleur pote, enterré vivant dans ce putain de tunnel.
Noir comme ce blues que fredonne Nanthan dans le noir de son trou : « Seigneur, J’suis tellement au fond du trou, quand je lève les yeux, il me semble que j’vois que le fond. »
Noir comme le malaise que laisse ce bouquin, qui fait mieux que de raconter ; il nous prends par le bras et nous emmène dans ce maudis tunnel, sur les structures des buildings, dans la grotte inaccessible de Treefrog, dans ce métro de New-York où le vieux de 86 ans, perclus de rhumatismes retrouve quelques instants suffisamment d’énergie pour s’engouffrer dans le tunnel pour saluer une dernière fois son compagnon d’infortune et se faire exploser par le monstre d’acier.
Un roman qui remue, comme on dit.
D’humeur plutôt optimiste j’ai envie de dire : demain, il fera beau !
J’ai pourtant très envie de remplacer ce foutu point d’exclamation que j’aime tant par un point d’interrogation.
Au fait, après cette lecture que je vous recommande chaudement, auriez-vous quelque chose à me proposer ? Je file au Hall du livre cette après-midi
:-)
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Voici les 32 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
21/04/08 à 10h39
Yes, tomorrow is another day...
livre magnifique en effet. Un des plus beaux à mon avis.
J'ai eu l'occasion d'en parler ici:
http://www.pointscommuns.com/lombre-du-vent-commentaire-lecture-56936.html
merci
J'ai eu l'occasion d'en parler ici:
http://www.pointscommuns.com/lombre-du-vent-commentaire-lecture-56936.html
merci

Un raconteur d'histoires qui sait s'y bien y faire, que dès les premiières pages, tu ne le lâches plus
et "Le chant des berlines" de Lucien Thomas .... qu'une amie m'a conseillée est intéressant aussi, en tant que témoignage d'une époque dure, angoissante .... à la limite de l'horreur pour ne pas dire l'horreur absolue :
le sacrifice d'un soldat, galibot dès l'âge de douze ans ... pendant la guerre de 39/40 de vivants tableaux, peignant le quotidien de mineurs du bassins lansois ... Un récit réel : un pan de vie ....
Le tien a l'air cependant beaucoup plus sombre .... et même si je sais que cela existe et qu'il faut en parler ... il me semble qu'il faut laisser aussi une place à la vie ... à sa vie ... en gardant ceux qui nous ont quittés dans un coin de notre coeur ... A+
le sacrifice d'un soldat, galibot dès l'âge de douze ans ... pendant la guerre de 39/40 de vivants tableaux, peignant le quotidien de mineurs du bassins lansois ... Un récit réel : un pan de vie ....
Le tien a l'air cependant beaucoup plus sombre .... et même si je sais que cela existe et qu'il faut en parler ... il me semble qu'il faut laisser aussi une place à la vie ... à sa vie ... en gardant ceux qui nous ont quittés dans un coin de notre coeur ... A+
20/04/08 à 22h00
tu devrais aimer et te changer du noir ....
20/04/08 à 20h20
les socquettes ... donc plus tard.
A c't'heure, je voyage en Bourgogne avec Aubertin d'Avallon ....
Bien que ce ne soit pas de ces plus romantiques non plus.
Je note Croq.
De toutes façons ce que tu lis m'intéresse.
Et tu en parles bien ... donc ça me fait envie.
Si tu voyais la hauteur de la pile des "à lire" ...
Chez moi y'a des murs de livres et dans les intervalles, je place un meuble !!!!
Bises Conscrit.
A c't'heure, je voyage en Bourgogne avec Aubertin d'Avallon ....
Bien que ce ne soit pas de ces plus romantiques non plus.
Je note Croq.
De toutes façons ce que tu lis m'intéresse.
Et tu en parles bien ... donc ça me fait envie.
Si tu voyais la hauteur de la pile des "à lire" ...
Chez moi y'a des murs de livres et dans les intervalles, je place un meuble !!!!
Bises Conscrit.
j'avais lu ton com sur Hélène Grimaud. Si elle s'exprime aussi bien à l'écrit que sur son clavier nul doute que cette lecture soit passionnante.
celle de cette terrible aventure humaine que nous vivons .... m'a déjà été contée et parfois ... montrée ... il y a très longtemps .... peut-être dans une autre vie .... mais le souvenir ne s'évanouit jamais complètement ...
Par contre, pour un moment de pur bonheur dans la joie ... je te recommande "Leçons Pariculières" d'hélène GRIMAUD aux éditions Robert Laffont .. j'ai fait un com. la-dessus ...
Ses questions ont rapport avec la vie : sa vie "Comment surmonter ses doutes ? Comment élever son âme ? Comment définir la passion, voir l'Amour ...... ou comment unir, dans la même ferveur, la musique, le monde sauvage et une passion absolue pour l'existence .... " C'est comme tu le sens croqui !! Bonne soirée ...
Par contre, pour un moment de pur bonheur dans la joie ... je te recommande "Leçons Pariculières" d'hélène GRIMAUD aux éditions Robert Laffont .. j'ai fait un com. la-dessus ...
Ses questions ont rapport avec la vie : sa vie "Comment surmonter ses doutes ? Comment élever son âme ? Comment définir la passion, voir l'Amour ...... ou comment unir, dans la même ferveur, la musique, le monde sauvage et une passion absolue pour l'existence .... " C'est comme tu le sens croqui !! Bonne soirée ...
petite faute de frappe: "noir, c'est noir"
tu peux lire le bouquin, il vaut vraiment le coup
tu peux lire le bouquin, il vaut vraiment le coup

20/04/08 à 18h36
Sinon je n'ai pas lu ce livre.
Mais bon en ce moment... ça n'est pas le moment.
Bises de la Chris.
Mais bon en ce moment... ça n'est pas le moment.
Bises de la Chris.
je vais chercher ds la grotte d'Ali BABBA
je te propose "Triptyque Sud Marocain de Pierre Lozchez Pimientos, imprimé chez ITXAROPENA
un des récit provient de feuillets dans l'armoire de l' hôtel "La Fibule du Draa",
ou le voyageur sejourna avant de s' enfoncer dans les sables du désert.
superbe critique dans le canard enchaîné
un des récit provient de feuillets dans l'armoire de l' hôtel "La Fibule du Draa",
ou le voyageur sejourna avant de s' enfoncer dans les sables du désert.
superbe critique dans le canard enchaîné
Les enfants de minuit...
Très abordable, selon moi...
20/04/08 à 16h05
je picore là où il y a le danger
et survis avec peine...
mais je me sens le plus libre
et survis avec peine...
mais je me sens le plus libre
non, il l'est encore plus, chamarré et complexe, et aussi très référencé, en plus. Je comprends qu'on ne rentre pas dans ce qu'il écrit.
je note mais j'attendrai un peu 

je viens de lire une critique de Guttierez; ça donne envie ! merci 

je veux bien suivre ton conseil mais j'ai eu du mal avec "Shalimar le clown", brillant mais très compliqué (pour moi!) 
est-il plus facile ?

est-il plus facile ?
lire Rushdie, Le Monde sous ses pieds, par exemple.
c'est un bouquin qui nous ouvre les yeux sur une réalité extrêmement proche. Tellement proche que nous ne la voyons souvent pas.
tu me donnes envie de plonger dans cette lecture , croqui ...
En ressortirai je avec une idée plus claire de la vie , ou aurai je le même sentiment de malaise ? Je vais le lire ...
En ressortirai je avec une idée plus claire de la vie , ou aurai je le même sentiment de malaise ? Je vais le lire ...
Guttierez "Le nid du serpent"...
mais, même si j'ai beaucoup aimé ce bouquin que j'ai fermé ce matin, j'ai envie, pour le prochain, de retrouver un peu de couleur, un peu de soleil.


20/04/08 à 13h50
parlé Lazou il y a quelque temps.
un classique.
a part ça, dans le genre "gris, c'est noir", Arlington Park de Rachel Cusk vaut le détour: le noir du quotidien contemporain.
a part ça, dans le genre "gris, c'est noir", Arlington Park de Rachel Cusk vaut le détour: le noir du quotidien contemporain.
20/04/08 à 13h15



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croqui
publié le 20 avril 08