Je connais la violence sourde et intime du silence, j’aime le silence, j’aime les murs de ce silence et ce jour j’ai peur des murs…
Je sais - mais c'est autre chose - l'abandon et le rejet, l’enfermement, la mise en cage, oiseau-mouche moucheté. Je connais. Oh je connais. Rien de l'ordre de l'affreux ne m'est étranger. Ce n'est pas parce que je suis l’autre, l’étrangère que quelque chose de lumineux arrive.
Cela n’arrive pas, justement…
au gré de mon errance. Bien des choses me touchent, encore.
Toi, ma poupée, tu es aussi légère qu’une plume, je t’ai tant portée, j’ai tant étouffé tes cris pour ne pas y sombrer moi-même,
L'autre, tu vois, c'est moi. Autre est un jeu, faut croire. D'acteurs. Feu sous la cendre, comme un foyer allumé, incandescent. J'assure ma descendance comme je peux.
Nos chemins étaient déjà emplis de boue
Je tiendrai toujours ta petite main, je hurlerai face à tes juges.
Je monte en flamme. Je n’arrive pas a m’y faire a tant de conneries…
Y'en aura pas de condescendance.
Je suis le Feu sous la cendre, comme un brasier allumé en plein désert.
Ce fut d’abord, une gamine vendue aux chiens, puis le pietenement de l’innocence.
Ton innocence, ta chute, tes lendemains d’arc en ciel que nous imaginons
C'est le coup bien monté de la décadence, des pervers bouffant leurs victimes, et les victimes sont jugées là ou les bourreaux bandent encore face aux jupes légères des enfants des rues…
Quand on ne veut plus de son chien, on dit qu'il a la rage. La rage, je l'ai encore figure-toi. Puis ensuite, rien. Rien que le souffle du vent, le souffle du Temps. Alors, je brûle mais j’avance …
Tu comprends ? tu demeures la prunelle de mes yeux, que je demeure, toute demeurée que je sois, soit. Ça dérange. Tout dérange. Je. Toutes les fois que je les tiens bien droits, mes yeux, y'a ta voix unique et singulière, qui hurle. Qui hurle ne pas avoir eu une vie d’enfant, ma vie d'enfant,
Ta voix qui vient me bramer à travers le manche du crayon désenfoui, maudit! Je suis là, là, les yeux embués face à la voûte. Je suis là dans tout ce bleu à te tendre mes mains abîmées.
Rouge, rouge, comme un soleil levant! Du vent sur la braise. De mon enfer charbonnier je résiste, pupilles en l'air, bancale et chavirée, le coeur embrasé d'encre, le coeur en mine de plomb, le coeur crayon noir. J'abois de mes boyaux broyés. Je t'écris pour témoigner de moi, de ça : c'est de ma peine infinie que je tire ma force. Sur les ruines de mon coeur à ne jamais en chagriner, j'érige une magnifique, somptueuse cathédrale. Et ça, fallait que tu le saches. Tu pouvais pas ne pas savoir. Voici pour toi, un vitrail de ma nef, frotté pour toi, juste pour toi. Ma cathédrale est une beuglante d'amour.
Ma cathédrale est ma prière pour toi, tu fus mon ventre arrondi, ne pars pas la terre oubliera, pas moi…
Ne sombre pas, les chiens aboieront sous ta chute
L’araignée du désespoir m’envahira
Ne pars pas
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Je sais - mais c'est autre chose - l'abandon et le rejet, l’enfermement, la mise en cage, oiseau-mouche moucheté. Je connais. Oh je connais. Rien de l'ordre de l'affreux ne m'est étranger. Ce n'est pas parce que je suis l’autre, l’étrangère que quelque chose de lumineux arrive.
Cela n’arrive pas, justement…
au gré de mon errance. Bien des choses me touchent, encore.
Toi, ma poupée, tu es aussi légère qu’une plume, je t’ai tant portée, j’ai tant étouffé tes cris pour ne pas y sombrer moi-même,
L'autre, tu vois, c'est moi. Autre est un jeu, faut croire. D'acteurs. Feu sous la cendre, comme un foyer allumé, incandescent. J'assure ma descendance comme je peux.
Nos chemins étaient déjà emplis de boue
Je tiendrai toujours ta petite main, je hurlerai face à tes juges.
Je monte en flamme. Je n’arrive pas a m’y faire a tant de conneries…
Y'en aura pas de condescendance.
Je suis le Feu sous la cendre, comme un brasier allumé en plein désert.
Ce fut d’abord, une gamine vendue aux chiens, puis le pietenement de l’innocence.
Ton innocence, ta chute, tes lendemains d’arc en ciel que nous imaginons
C'est le coup bien monté de la décadence, des pervers bouffant leurs victimes, et les victimes sont jugées là ou les bourreaux bandent encore face aux jupes légères des enfants des rues…
Quand on ne veut plus de son chien, on dit qu'il a la rage. La rage, je l'ai encore figure-toi. Puis ensuite, rien. Rien que le souffle du vent, le souffle du Temps. Alors, je brûle mais j’avance …
Tu comprends ? tu demeures la prunelle de mes yeux, que je demeure, toute demeurée que je sois, soit. Ça dérange. Tout dérange. Je. Toutes les fois que je les tiens bien droits, mes yeux, y'a ta voix unique et singulière, qui hurle. Qui hurle ne pas avoir eu une vie d’enfant, ma vie d'enfant,
Ta voix qui vient me bramer à travers le manche du crayon désenfoui, maudit! Je suis là, là, les yeux embués face à la voûte. Je suis là dans tout ce bleu à te tendre mes mains abîmées.
Rouge, rouge, comme un soleil levant! Du vent sur la braise. De mon enfer charbonnier je résiste, pupilles en l'air, bancale et chavirée, le coeur embrasé d'encre, le coeur en mine de plomb, le coeur crayon noir. J'abois de mes boyaux broyés. Je t'écris pour témoigner de moi, de ça : c'est de ma peine infinie que je tire ma force. Sur les ruines de mon coeur à ne jamais en chagriner, j'érige une magnifique, somptueuse cathédrale. Et ça, fallait que tu le saches. Tu pouvais pas ne pas savoir. Voici pour toi, un vitrail de ma nef, frotté pour toi, juste pour toi. Ma cathédrale est une beuglante d'amour.
Ma cathédrale est ma prière pour toi, tu fus mon ventre arrondi, ne pars pas la terre oubliera, pas moi…
Ne sombre pas, les chiens aboieront sous ta chute
L’araignée du désespoir m’envahira
Ne pars pas
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Voici les 21 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
05/06/08 à 19h18
et vous dire aussi que je suis émue en lisant les vôtres.....*****
Qu'il en faut, parfois, du courage !............
Qu'il en faut, parfois, du courage !............
il est si souvent difficile de mettre à nue ses peurs et ses souffrances,
les mots sont là ,
merci
les mots sont là ,
merci
que tu me proposes au petit matin. Ma journée et celles qui vont suivre vont s'en ressentir.
"les victimes sont jugées là ou les bourreaux bandent encore face aux jupes légères des enfants des rues"
tout est dit !
Elle est belle ta cathédrale. Continue de la construire et espère, toujours, sans cesse.
Ta fille se retrouvera et te rejoindra.
Ton écriture est comme toi, magnifique
je t'embrasse
"les victimes sont jugées là ou les bourreaux bandent encore face aux jupes légères des enfants des rues"
tout est dit !
Elle est belle ta cathédrale. Continue de la construire et espère, toujours, sans cesse.
Ta fille se retrouvera et te rejoindra.
Ton écriture est comme toi, magnifique
je t'embrasse
"Ma cathédrale est une beuglante d'amour. " Comme ton silence s'entend loin..
"tu fus mon ventre arrondi"...
Je n'ai pas tout compris de tes fortes métaphores, mais j'ai vu la tragédie et l' amour !
"tu fus mon ventre arrondi"...
Je n'ai pas tout compris de tes fortes métaphores, mais j'ai vu la tragédie et l' amour !
pour ceux qui ne savent pas dire leur douleur...
de tendresse et de feu que tu dresses au- dessus du charnier.
paul, la musique de la bas...qui nous emporte...et tu n'as pas l'allure de l'affreux...
stardecisis, par pudeur je m'exprime souvent de maniere metaphorique, elle est partie , là ma cathedrale a la crainte de son tombeau
stardecisis, par pudeur je m'exprime souvent de maniere metaphorique, elle est partie , là ma cathedrale a la crainte de son tombeau
Il faudra bien qu'il parte, si l'on ne te l'a pas enlevé: ils sont là pour partir, dès le début.
c'est un peu prendre flamme pour changer de substance.
De cette douleur vous faite une cathédrale.
Et cette cathédrale fera de vous une autre.
Très très beau texte ouvert sur le ciel.
De cette douleur vous faite une cathédrale.
Et cette cathédrale fera de vous une autre.
Très très beau texte ouvert sur le ciel.
Tu connais pas Paul Tergeist ! 
C'est brutal comme du Michaux ! 5 !

C'est brutal comme du Michaux ! 5 !
04/06/08 à 19h21
son enfant est réduite à néant...pourtant,j'en ai entendu des cris... Face à cette désespérance,je ne sais pas de forme de rédemption.
A tes côtés,terraininterdit.
A tes côtés,terraininterdit.
ça me fait penser à l'émotion de Proust:
"A mon appel, cette souffrance essayait de se construire dans mon coeur, elle y
élançait ses piliers immenses; mais mon coeur sans doute était trop petit pour elle,
je n'avais la force de porter une douleur si grande, mon attention se dérobait au
moment où elle se reformait tout entière, et ses arches s'effondraient avant de s'être
rejointes comme avant d'avoir parfait leur voûte, s'écroulent les vagues"
"A mon appel, cette souffrance essayait de se construire dans mon coeur, elle y
élançait ses piliers immenses; mais mon coeur sans doute était trop petit pour elle,
je n'avais la force de porter une douleur si grande, mon attention se dérobait au
moment où elle se reformait tout entière, et ses arches s'effondraient avant de s'être
rejointes comme avant d'avoir parfait leur voûte, s'écroulent les vagues"
vous savez que les enfants possèdent la force qui nous manque



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terraininterdit
publié le 4 juin 08